Il y a à Alexandrie un lieu qui bat les records de pollution dans le monde : Wadi el Kamar (vallée de la Lune) Malgré cette appellation romantique ce lieu est infesté d’usine, de poids –lourds, de cimenterie bref de déchets en tout genre. On ne peut pas y échapper, on doit se chopper un truc pas sympa pour les poumons et pour le reste. La durée de vie des habitants s’en trouve largement grignotée, les enfants sont asmathiques mais ils sont pauvres et nombreux et le Grand Méchant Capital s’en tape un peu ! Il y en a tellement qu’ils peuvent crever tranquilles on en a 10 de remplaçants pour 1 de pollué !
Bref tout ceci pour vous dire qu’il ya un naïf monsieur épris d’écologie et pour lequel la vie humaine continue à avoir de la valeur (je ne sais pas comment il fait) qui a décidé de s’installer dans une petite bicoque de Wadi el Kamar et de planter le petit espace à l’entrée de la bicoque. Il a sagement choisi des cactus pour introduire un peu de vert dans le gris ambiant et s’est dit les cactus, c’est solide ! PFFF pensez-vous les cactus ont perdu leurs épines au bout d’une semaine, ils se sont racornis, ont jaunis, ont pris des allures d’ornement de cimetière ! Ca c’est les cactus ! Le monsieur naïf s’est dit, bon on va procéder autrement : je vais introduire la culture du jogging et de l’aérobic. Comme l’aéro est pollué essayons le bic ! (si ça ne vous plaît pas sautez la ligne) !
Tous les matins à 7 heures il sort de la bicoque vêtu d’un T-shirt éclatant de blancheur, d’un short noir et de tennis Lacoste. Il faisait plutôt tache dans ce paysage malsain mais qu’à cela ne tienne, il voulait changer les wadi el kamaristes ! Il était dans la lune pas dans la vallée de la lune ! Comme un éléphant dans un magasin de porcelaine, il faisait ces gestes ridicules étendant les bras, respirant à fons, sautillant sur place ! Puis très en forme il entreprend son jogging en slalomant entre les camions, les amoncellements de poubelle, les déchets des usines et en se prenant les pattes musclées dans des tas d’ordures non-identifiées.
Les habitants du quartier, et vous me pardonnerez cette appellation pour des zombies en état de marche (ou de recul), le regardaient faire sceptiques :
Déjà qu’on a du mal à respirer, pourquoi ce brave monsieur s’essouffle-t-il pour rien ? Bizarre la condition humaine.
Il a tenu comme ça 12 mois, à se familiariser, à patienter, à amadouer, à s’énerver, à s’excuser, à tergiverser, à éviter, à ignorer, à courir, à ramer à contre-courant, à leur montrer des appareils de musculation, des produits étranges et au 13ème mois (eh oui même dans la vallée de la lune, ça porte malheur, enfin si des malheurs supplémentaires pouvaient survenir dans ce coin du globe qui a réussi à faire de l’être humain un déchet) il a déclaré forfait ! Il a vidé la bicoque et il est parti, son T-shirt blanc était devenu noir, son short noir était devenu gris, seul son tableau blanc a survécu puis un des grands pollueurs du coin y a posé ses pattes crasseuses (à suivre)