Ma plume

Ecrire c'est lever toutes les censures (Jean Genet)







Toute ressemblance avec ...








mardi 15 mars 2016

Et crie...écris

Quand je poursuivais la littérature française, son enseignement, ses diplômes et sa Sorbonne...
C'est une histoire familiale
Quand je rangeais des bibliothèques et persécutais les directeurs pour leur apprendre la valeur de ce métier
C'est une histoire de substitut
Quand je vendais la lecture que j'adorais
C'est une histoire d'enfance
Quand j'appartenais à des institutions
C'est tout le hic ! appartenance, à part tenance
Quand j'écrivais pour frapper
C'est une histoire de voie, de voix, de censure
Quand je croyais ce qu'on me disait
C'est une histoire d'abus
Quand je dépensais et me dépensais pour appeler
C'est une histoire de reconnaissance
Quand mes grands chevaux...
Calme-toi
Tout ce qui précède a fait ce que tu es aujourd'hui. Toutes les réparations sont dans cette écoute, ce respect, cette empathie que tu prodigues.
Oublie l'abandon et abandonne le passé.
Oublie les blessures et soulage la souffrance
Quitte tes habitudes et fais le plongeon dans l'inconnu
Coupe tous ces liens qui t'empêchent de voler de tes propres ailes
Utilise les mots pour soulager les maux
Et crie, écris, écrit c'est toujours une histoire de maladie de mal/a/dis "mal à dit"
Tes grands chevaux se portent bien, ils ne sautent plus les barres plus hautes, ils ne sont plus dans la course, ils n'ont plus rien à prouver. Descends de selle et laisse courir, laisse mourir mais ne laisse jamais pourrir !

Des yeux cernés

Quand un enfant cancéreux, qui n'a même pas la force de lever ses pauvres yeux cernés vous dit dans un souffle : "je suis fatigué"...vous relativisez à ce moment les problèmes de la terre entière.

De toutes mes forces j'essaye de convaincre mes patients que leurs problèmes sont uniques, que les sottises du genre "tout le monde a des problèmes", "regarde ceux qui souffrent et tu sauras que tu vas bien" ne doivent pas les atteindre.

Entre les deux, je suis bien obligée de convenir qu'un enfant qui souffre, qui se demande pourquoi moi, qui demande à Dieu de le rappeler à lui vous fait voir le monde sous un autre jour. Evaporés les problèmes politiques, financiers, petits bobos et anciennes blessures....UN ENFANT SOUFFRE !

Ces pauvres petites mains bleuies cachent derrière chaque hématome une souffrance indescriptible et vous êtes là, vous adulte qui dites que la vie est difficile, impuissant, honteux, déchiré.

Comment soulager ce gamin ? Du fonds de cette impuissance vous pensez aux industries pharmaceutiques internationales et multinationales et avez envie de leur souhaiter de vivre cette expérience au lieu de s'enrichir sur le dos des malades (surtout les enfants)

C'est une leçon de vie qui m'a frappée un samedi et qui m'a rappelé la futilité de toutes ces choses qui encombrent notre quotidien.