Ma plume

Ecrire c'est lever toutes les censures (Jean Genet)







Toute ressemblance avec ...








jeudi 11 avril 2013

Il ne faut pas vendre la peau de l’ours avant de l’avoir tué…


 
C’était un 11 avril 1982 la finale des Jeux Interscolaires. Bahira, Yvette et moi avions été sélectionnées pour représenter notre école au Concours Interscolaire organisé par Le Centre Culturel français : culture générale. Toutes les trois avions un bon niveau en français et avions commencé à nous préparer pour affronter les candidates d’une excellente école. Les dictionnaires et encyclopédies de la famille de Bahira ont beaucoup fait pour l’honneur de la francophonie à Alexandrie. Indépendamment du plaisir que nous avons pris à nous préparer, nous avions vraiment travaillé dur. Cela nous avait beaucoup rapprochées toutes les trois.

Arrive le premier jour J. Nous sommes chez nous : Une des premières consignes était de compléter le proverbe qui sert de titre à ce texte.

Nous avons fait fort ! Et nous avons gagné ! Si la directrice de notre école était arabophone, c’est dire si nous avions un mérite personnel pour ce succès.

Deuxième jour J. Nous devions affronter l’unique ’école francophone de garçons de la ville. Devant un public qui nous montrait les dents, les trois petits soldats que nous étions, soutenues par quelques supporters, devions nous mesurer aux MEILLEURS. Leur responsable un Frère de nationalité française leur apportait le soutien que ne nous apportait pas notre école…Aussi avons-nous du nous défendre vaillamment contre un début d’injustice. Et voilà-t-il pas que nous remportons cette deuxième manche ! Déjà à ce stade, il fallait nous porter en triomphe nous avions battu les imbattables.

Troisième jour J. La finale sur la scène de spectacles du Centre Culturel Français. Les deux prières manches nous étions placées à droite, là nous étions à gauche. Superstitieuse, je vois un signe. Ca se passait très bien et boum ! Une opération mathématique finale qui nécessitait des compétences en maths modernes nous a filé sous le nez et nous avons perdu ! Il y avait un voyage en France à la clé et nous sommes reparties bredouille.

Nous étions quand même fières et trente ans j’appelle Bahira pour en parler.

Pour la petite histoire, rentrée à la maison ma mère m’a passé un de ces savons dont elle a la spécialité qui m’a enlevé à tout jamais le goût de perdre. J’ai passé des années à briguer ces victoires imposées mais j’ai compris au fil des claques qu’il fallait savoir perdre et que ce sont les défaites encore plus que les victoires qui « humanisent » les anciens enfants auxquels on mettait la barre trop haut.

Ne demandez jamais trop à vos enfants !

jeudi 4 avril 2013

Jérôme Cahuzac


Ceux qui ne suivent pas l’actualité française d’avril 2013 ne comprendront sûrement pas ce texte.

Jérôme Cahuzac , Ministre du Budget, dans le gouvernement Hérault, a ouvert un compte en Suisse en 1992.

Le site Mediapart a révélé la chose. En décembre, j’ai entendu Jérôme Cahuzac parler à l’Assemblée Nationale et nier l’existence de comptes à l’étranger : c’était un homme qui avait peur et qui, comme un enfant, disait ce n’est pas moi.

Il m’a fait de la peine, nous avons tous connu le mensonge pour des raisons X, Y ou Z. Je ne fais pas partie de ceux qui jugent pour sanctionner. Je suis un être humain sensible à la l’injustice comme à l’honnêteté, qui voit un autre être humain avec ses faiblesses dans un monde où la justice est, pour le moins qu’on puisse dire, inexistante.

3 mois après la découverte de Médiapart, Jérôme Cahuzac passe aux aveux. Les médias s’en emparent ! Tous les problèmes du gouvernement de gauche deviennent imputables à cette erreur humaine ! Tout le monde s’empresse de condamner le mensonge, l’ouverture de ce compte en Suisse pour un ministre du Budget, tout le monde sans exception en France, y va de son analyse, de son grain de sel, de son détournement, de ses angoisses personnelles, …bref !

Dans la cohue, j’ai entendu Benjamin Lefèvre, son ami de 20 ans, et j’ai eu les larmes aux yeux. Cahuzac s’est construit dans l’adversité, Jérôme voulait être reconnu, Jérôme était un roc extérieurement et fragile intérieurement. Nul doute, je me suis identifiée ! Nous avons tous besoin d’une bonne thérapie pour excuser les faiblesses des autres sans s’ériger en juge impitoyable. Les circonstances atténuantes existent, c’est ma conception de la justice.

Suis-je en  train de dire que j’excuse la corruption ? Je suis simplement en train de dire : BALAYEZ TOUS DEVANT VOTRE PORTE avant de pousser un être humain au rejet universel et au suicide !

Le président de la République n’a jamais connu le mensonge ? Le Premier Ministre n’a jamais menti ? Les députés ont-ils toujours dit la vérité ? Les médias n’ont jamais maquillé la vérité ? Les politiques (et les personnages publics) ne font que des mensonges !

Tous ces pères Fouettards qui tombent sur Cahuzac comme des oiseaux charognards sur un cadavre ensanglanté devraient revoir leur copie : il a commis une erreur et sera jugé en fonction. Avant de le condamner au bûcher regardez la France : la société inégalitaire, le fossé qui sépare les trop riches et les trop pauvres, le pouvoir qui fait oublier les vrais problèmes, les problèmes humains, la politique qui n’est qu’un tissu de mensonges, les coûts de l’appareil d’Etat luxueux, la gauche qui imite la droite et la droite qui imite la gauche à en perdre leur identité.

Cahuzac a commis un crime d’argent ! Et le reste du monde ! Et les multinationales ? Et le capitalisme sauvage ? Et les fonds occultes qui financent le terrorisme ? Et les créateurs de paradis fiscaux ? Condamnez bonnes gens ! Vous ne condamnez pas ceci car vous y trouvez votre compte, votre intérêt personnel dans la corruption mondiale !

J’ai envie de dire la fraude fiscale est moins grave que la pédophilie mais c’est trop naïf et hors sujet !

 

Autant je comprends le mensonge de Cahuzac autant je refuse les mensonges de la créature qui sert à l’Egypte de président mais ceci est encore un autre sujet !