Ma plume

Ecrire c'est lever toutes les censures (Jean Genet)







Toute ressemblance avec ...








dimanche 5 janvier 2014

Ca me scotche

Ca me scotche !
Ca me scotche toujours par ces temps totalement et entièrement bordéliques de voir des sursauts d’existence flicarde…C’est leur fête depuis 3 ans et rien à faire ils n’ont rien perdu de leur s… superbe !
Ils sont totalement absents de la circulation depuis le règne des autos tamponneuses dans les rues d’Egypte (et autres engins tamponneurs) tellement absents que moi, je m’en tamponne le coquillard ou bien l’oreille avec une babouche…
Tout individu appelé à sortir de chez lui fait absolument, audacieusement et magnifiquement ce qui lui passe par le citron : Ote-toi que je me pousse !
Et dans ce joyeux bordel, vous avez des créatures vêtues de noir (en hiver) avec certains insectes dorés sur les épaules qui ont des bouffées subites de rigorisme avec une envie pressante de vous faire croire que tout va bien et que tout est sous contrôle et qu’il n’y a que vous qui êtes en infraction.
J’en ai croisé une (créature) ce matin.
Je sors de chez moi : à la sortie du garage j’ai failli me prendre en plein pare-chocs  un motard arrivant en sens, autrefois interdit, à 120 à l’heure….Vous me direz la fonction première des pare-chocs est de parer les chocs mais nous ne somme pas à ceci près. Je traverse une ruelle de 30 mètres en effleurant délicatement des rétroviseurs les deux files de véhicules qui s’offrent à moi. Au moment fatal de prendre à gauche, un microbus sans plaque d’immatriculation à qui il ne reste qu’un moteur, 4 roues et une carcasse de tôle froissée décide subitement de faire demi-tour en supposant fort justement que je l’attendrai et que c’est mon rôle dans la vie d’attendre qu’il ait fait son demi-tour. Arrivé à la moitié de son demi(tour) il stoppe royalement pour permettre à une trentaine d’hurluberlus de sortir de leur entassement collectif et « sardinesque ». Passablement ahurie de voir des dames aussi volumineuses et néanmoins tchadorées surgir d’un espace aussi contiguë. Passe le microbus (remplacez le « U » par un « E » moi je n’ai pas le temps) et moi après une dizaine de mètres je stoppe également pour permettre à la demi-douzaine de tuc-tucs –pluriel bizarre) de charger, décharger, rigoler, insulter, cracher, gigoter, tourner, retourner…Un jour je ferai un roman-fleuve sur les teneurs de guidons de tuc-tucs car on ne peut décemment pas nommer ces choses des conducteurs. J’adore leur aplomb ! J’adore leur solide conviction d’être totalement invincibles ! J’adore l’arrogance exagérée qu’ils tirent de leurs cheveux gominés et des autocollants débiles qui ornent l’arrière de leurs monstrueuses et diaboliques embarcations. Tuc Tuc est trop raffiné le « U » ne convient pas à cette invention satanique qui a envahi notre quotidien et inspiré la chose qui nous a servi de président pour 365 jours (quelle honte). Ces Toktoks contribuent donc largement à l’empoisonnement de ma vie alexandrine et autrefois cornichesque .
Arrivée par pur miracle dans une rue plus large que les autres, j’écarquillai, (au passé simple) car depuis j’ai pris l’habitude et je n’écarquille plus, les yeux ! O stupeur (et tremblements) de pauvres voitures de pauvres particuliers qui n’ont pas de parkings dans les pauvres immeubles où se trouvent leurs pauvres appartements arborent fièrement des sabots jaunes ! J’observe donc que ces pauvres voitures qui sont garées là ont commis une terrible entorse à la règle contrairement à l’étalage de fruitier qui occupe le même espace et à la grue de la police qui, elle, obstrue réellement le passage.
Comme ces voitures gênent la circulation, elles sont condamnées à rester avec les sabots pour la gêner encore plus ! On ne résoudra guère le problème mais on collectera 75 livres par véhicule histoire d’acheter de nouveaux sabots, de nouvelles lunettes de soleil pour officiers en mal de pouvoir et de super grosses motos noires (à rendre jalouse Edith Piaf) avec des sirènes à vous donner l’envie de vous crever le tympan.
Je traverse une avenue dans un concert de klaxons qui me plongent dans une certitude freudienne : ce klaxon est certes substitut d’une quelconque virilité ! Et les femmes me direz-vous, elles klaxonnent parfois comme si on était entrain d’égorger leurs enfants…Eh bien je vous dirais avec une certitude non moins freudienne que le klaxon est devenu un outil incontestable d’expression d’une violence comprimée depuis les Pharaons (à peu près) et qui fuse depuis 3 ans pour un oui et pour un non.
J’arrive sur la corniche, je slalome gracieusement pour faire demi-tour évitant ainsi d’emboutir 4 taxis , 22 microbus , 19 émissaires taïwanais et épargnant 4 chats, deux chiens et une dizaine de piétons.
Comme on est sur la Corniche (le bord de mer pour les non-initiés) et qu’on regarde la Méditerranée c’est le lieu sine qua non pour se faire des queues de poissons sans que personne ne trouve cela bizarre. Ca doit être une spécialité alexandrine que les lignes jaunes, entrecoupées ou pas, servent à décorer cette asphalte qui serait si tristement noir sans cette jolie décoration.
Après un tunnel où je dois laisser passer des bus d’écoles, des charrettes d’éboueurs recycleurs décideurs de vous emmerder, des cyclistes équilibristes, des motards en pétard, des livreurs de pizzas et des dames voilées au volant (redoutables dans leur grande majorité) j’accède enfin à la voie qui nous sert d’autoroute où bien sûr la vitesse est limitée à 100 à l’heure .
Vous comprendrez bien qu’après ce parcours du combattant, je suis légèrement pressée de conduire sans interruptions.
Mais mes compatriotes jouissant de leur pleine liberté en ont décidé autrement ! Sur cette autoroute, je vous prie de bien vouloir noter :
un tracteur qui fait une marche arrière courageuse au milieu de la chaussée
un Tuc Tuc qui arrive en sens interdit tous phares allumés
une Pijo (Peugeot pour les intimes) déplaçant une salle à manger (avec la famille nombreuse qui va avec )
un vendeur de maïs qui a décidé de gagner sa vie en vous faisant des gestes désespérés pour que vous le percutiez
une mendiante avec un enfant sourd dans les bras qui demande une aumône
un conducteur de poids-lourd qui a décidé d’être pilote de Formule 1 pour un jour et qui fait du 150 kms/h
Un camion qui a décidé de distribuer généreusement des cailloux à tous les pare-brises en vue
Une foultitude de braves paysans chantant à tue-tête et débordant d’un pick-up japonais rouge décident de s’arrêter pour fumer
Un chauffeur qui décide de ralentir et se garer sur le côté sans clignotants juste pour faire pipi
Et ma pomme !
Vous conviendrez avec moi qu’au moment où 4 soldats m’arrêtent avec un air très méchant et me demandent les papiers de la voiture d’un air encore plus méchant et trottinent les remettre à un pacha installé dans son carrosse bleu POUR EXCES DE VITESSE, j’ai bien le droit d’être estomaquée.
Je paye l’amende de 150 livres et discute le bout de gras avec le monsieur qui combat le terrorisme à ses moments perdus :
N’avez-vous remarqué personne de contrevenant sur la route ? N’avez-vous rien remarqué en dehors des excès de vitesse ?

Non me répond-il placidement

C’est déjà bien moi je trouve qu’il y ait des sabots et des radars, ça fait vachement civilisé ! Et si en plus il y a  des lunettes de soleil et des grosses motos noires et clinquantes, que demander de plus ?! Ca valait le détour franchement !




samedi 4 janvier 2014

Dieudonné, Sharon et moi

Dieudonné, Sharon et moi

Dix ans après, j’ai encore envie de parler de mon accusation mensongère d’antisémitisme. A l’époque, je ne m’occupais pas beaucoup de politique, je pensais que les complots étaient réservés aux célébrités, je ne savais pas que la syndicaliste virulente, que j’étais, offrait aux tyrans un aspect redoutable.
Je me souviens encore du sérieux traumatisme qui faisait que je ne pouvais pas entendre parler d’Israël sans sursauter, que je me faisais un sang d’encre pour ce « pauvre » Dieudonné accusé d’antisémitisme (humoriste que j’appréciais, complice d’Elie Semoun), que quand j’ai lu l’ouvrage de Pascal Boniface « Est-il permis de critiquer Israël ? » je redoutais le pire pour l’auteur…
Pourquoi tout cela ? Eh bien parce que j’avais osé critiquer un général israélien (Sharon) et parler du désespoir de kamikazes palestiniens…moi égyptienne travaillant pour le gouvernement français je me devais de jouer le jeu de la nation qui avait livré ses propres juifs à Hitler
En ce début de 2014, Ariel Sharon, après 8 ans de coma,

fait reparler de lui et je me souviens…je me souviens

Qu’en 2004 Sharon avait été la cause indirecte d’une grande injustice ma mise à pied

Qu’en 2004, Dieudonné avait présenté ses excuses


Qu’en 2004 ; pour me défendre, j’avais montré combien j’étais le contraire d’une antisémite mais en fait ils étaient tous anti-syndicalistes
Et depuis,  j’avais appris qu’en France, on ne pouvait pas critiquer Israël...qu’en France on n’appliquait pas les valeurs qu’on prônait (enfin pas toujours) et qu’on taxait les défenseurs de la cause juive et de la Shoah d’antisémite…


Ariel Sharon a eu l’élégance de disparaître de la scène pour que je ne sursaute pas. Aujourd’hui on peut sereinement lire :

« Ariel Sharon a inspiré avec la même passion haine et fascination. Il a défiguré la Palestine, ruiné le peuple palestinien, fait chuter l’économie et aggravé les problèmes sociaux en Israël. Il a été accusé et même poursuivi plusieurs fois et jusqu’à la veille de son accident cérébral pour malversations  financières, crimes de guerre, poursuivi à ce titre et toujours menacé de l’être. »

Attaque cérébrale du 4 janvier 2006



Dieudonné a dépassé depuis la ligne rouge mais s’il n’avait pas subi de lynchage public il y a dix ans l’aurait-il dépassée ?
Toujours est-il qu’il a le Ministre de l’Intérieur aux trousses, qu’on a ouvert une enquête contre lui à Paris et à Chartres

Et moi…
Moi je tente de reprendre vaillamment ma plume en 2014. Tous les mois de cette année noire de 2004 ont laissé une cicatrice et tous les mois dix ans après il y aura un texte de nettoyage de blessure mal cicatrisée.