Ma plume

Ecrire c'est lever toutes les censures (Jean Genet)







Toute ressemblance avec ...








samedi 2 mai 2015

Allo papa bobo

Elle aurait voulu que tu prennes sa menotte dans la tienne
Elle aurait voulu être comme les autres
Elle aurait voulu ne pas avoir peur de toi
Elle aurait voulu que tu sois son modèle de prince charmant
Elle aurait voulu que tu applaudisses ses succès
Elle aurait voulu que tu t’inquiètes pour sa fièvre
Elle aurait voulu te voir en se réveillant après les opérations
Elle aurait voulu que tu lui fasses passer ses caprices
Elle aurait voulu que tu lui fasses faire un tour d’hélicoptère
Elle aurait voulu se sentir aimée, désirée, protégée
Elle aurait voulu que tu sois fière d’elle
Elle aurait voulu que tu lui payes ses voyages
Elle aurait voulu que tu saches combien elle s’est battue contre l’injustice
Elle aurait voulu ne pas avoir besoin de tous ces « adoptifs »
Elle aurait voulu ne pas se barricader contre le bonheur
Elle aurait voulu être petite et toi grand
Elle aurait voulu que tu reconnaisses son existence
Elle aurait voulu être un chien, un fusil, un bateau…
Elle aurait voulu de ta tolérance envers sa maman
Elle aurait voulu connaître ta générosité, ta protection, tes colères
Elle aurait voulu que tu lui répares sa voiture
Elle aurait voulu attendre sans être déçue, demander sans être humiliée, hurler sans être incomprise, fatiguée sans être fautive…tout le temps fautive…éternellement fautive
Elle aurait voulu que tu l’écoutes
Elle aurait voulu que tu voies sa faiblesse, entende ses pleurs, efface ses larmes
Elle aurait voulu compter, compter pour toi, compter sur toi, compter tes sous
Elle aurait voulu sentir son appartenance et ses racines
Elle aurait voulu que tu pardonnes ses colères et ses frustrations
Elle aurait voulu un papa normal, son héros et non pas UN héros pour les autres et parmi tant d’autres

Ce n’est pas grave…elle a admirablement fait avec ou sans

On lui conseille de tourner la page mais elle préfère jeter le cahier

Une page blanche s’ouvre, les signes noirs de l’écriture apparaissent, la vie en rose se dessine, les bleus de l’âme se soignent, le rire jaune s’estompe, les yeux rouges rient à nouveau,  la lumière est au bout du tunnel.



vendredi 1 mai 2015

Bonne Fête du Travail (sur soi)

1er mai…C’était la fête des Travailleurs et c’est devenu la fête du Travail…

Et la fête du Capital et des Capitalistes ? C’est pour quand ? Et la fête du Chômage et du Patronat réunis c’est pour quand ? Et la fête des Réductions d’effectifs ? Et la fête des Restructurations ? Et la fête des Suppressions de postes et Restrictions Budgétaires ? Et la fête des Multinationales ? Et la fête de la Bourse ? Et la fête des Agences de notation ? Et la fête des Parts de marchés ? Et la fête des Petits et Grands Actionnaires réunis ? Et la fête des Bénéfices ? Et la fête de la Dette des Etats ? Et la fête des Banques ?
Tout ce beau monde mériterait vraiment qu’on le célèbre et trêve de travailleurs, de travail, d’heures supplémentaires, de pénibilité et autres sornettes d’un monde idéaliste révolu !
On espérait leur faire leur fête et c’est nous qui sommes à la fête depuis si longtemps.

Qui nous ? Nous les naïfs, nous les imbéciles, nous les populations que les fins de mois guettent impitoyablement, nous les marionnettes…Ainsi font, font, font, les petites marionnettes, trois petits tours et puis s’en vont, s’en vont pleurer, s’en vont hurler, s’en vont se résigner, s’en vont lutter, s’en vont s’épuiser !
Je revendique mon statut de petite marionnette et je m’en remets aux puissances occultes qui décident du sort des petites marionnettes.
Blasée ? Noooon  Réaliste ? Ouiiiiiiiii
Petits rouages des grosses machines, petites créatures aux yeux bandés, petits soldats sur tous les fronts, petites victimes à la merci des Grands Systèmes, petits ouvriers humiliés, petits employés surchargés, petits esclaves humiliés, petits agents sanctionnés, petites choses harcelées, petits muscles exténués, petits salariés menacés, petits journaliers apeurés, petits chômeurs oubliés, petits retraités ignorés…Je vous salue, je me joins à vous, je me souviens de vous, je vous respecte, je vous admire !
Pour une seule et unique fois la Minorité écrase la Majorité : les Fortunés (une poignée sur le globe) face aux Nécessiteux (une majorité sur terre et sous terre) et des Centaines face à des Milliards (des humains et non des devises),

Quand un 1er mai, les médias en France ne retiennent que les circonvolutions du Front National et les querelles des syndicats devenus inutiles pour un Français sur deux, il y a péril en la demeure et le péril demeure.

Dans ce monde dans lequel les peuples survivent et les puissants s’enrichissent, les malades observent les gains des firmes pharmaceutiques au lieu d’espérer des remèdes, les supporters regardent le ballon au lieu de lorgner sur le salaires des joueurs, les drogués attendent leurs doses au lieu profiter des milliards qu’ils génèrent, les civils périssent sous le feu des armes sans rien demander aux trafiquants qui allument des guerres juteuses, les populations subissent la Dette et l’Austérité sans se demander à qui profite-t-elle ?

Il fut un temps où je me serais révoltée, il fut un temps où je me serais opposée, il fut un temps où j’aurais milité aveuglément, mais la petite marionnette a décidé de « cultiver son jardin »  et de militer pour une seule valeur : l’humanisme, la seule solution dans ce bas monde si matérialiste, si injuste et si dénué d’humanité. Bonne Fête du Travail sur soi !