Ma plume

Ecrire c'est lever toutes les censures (Jean Genet)







Toute ressemblance avec ...








samedi 26 juillet 2014

Dix ans déjà

Un 25 juillet, il y a dix ans j’étais convoquée chez l’Ambassadeur de France qui m’annonçait la bouche en cœur que j’étais mise à pied pour avoir critiqué à la fois Sharon et Moubarak et pour avoir fait « l’apologie du terrorisme »
Bibi : « Monsieur l’Ambassadeur, c’est la France qui m’a appris à critiquer et à écrire comme j’écris. Vous croyez que c’est dans mon pays qu’il y aurait Le Canard Enchaîné ? Vous croyez que c’est dans mon pays que j’aurais appris la liberté d’expression ? Je ne savais pas à l’époque que la patrie des droits de l’homme avait deux poids et deux mesures (au minimum) mais tout compte fait je viens naïvement de découvrir que certains systèmes (tous pervers d’ailleurs) étaient inattaquables et qu’il fallait reléguer ses principes là où je pense…..
L’Inspecteur Général qui se déplace  pour virer des ambassadeurs a été légèrement surpris lorsque j’ai ouvert la porte des WC et qu’il y était confortablement installé…Juste 10 minutes avant l’inspection la dernière chose que j’aurais aimé voir était le postérieur de ce respectable représentant des Affaires Etranges.
Je croyais encore que mon épais dossier de défense allait servir, en fait non, je dérangeais encore et toujours…Avec l’âge je me suis assagie mais personne ne veut le croire.
Le 1er août je pense que je vais reprendre mon travail, le 17 septembre je comprends que le paquet encombrant va aller à la Bibliotheca, le 10 octobre je suis autorisée à revenir sur les lieux en tant que syndicaliste…J’avoue que la bibliothécaire était beaucoup moins dangereuse mais ainsi est faite la vie.
10 ans après je me souviens encore de ce virus qui m’a fait reformater tout le disque dur de ma vie. Tout compte fait, c’était bien que cette vie là s’arrête car j’ai appris bien des choses depuis…
J’ai appris que Freud était un bonhomme formidable et que ses découvertes allaient transformer cette petite Nazly qui stoïquement était partie dans la vie pour combattre l’injustice.
La reconnaissance n’arrive que quand on arrête de l’attendre et qu’on ne se coupe plus en quatre pour « plaire » aux autres.

Et à ce moment du texte le cher Pierre Augustin Caron intervient pour m’applaudir et dire :
« Loué par ceux-ci, blâmé par ceux-là, 
aidant au bon temps, supportant le mauvais, me moquant des sots, bravant les méchants, riant de ma misère et faisant la barbe à tout le monde... »


dimanche 13 juillet 2014

En résumé

J’ai été
J’ai toujours été
Je ne suis plus
Je ne veux plus être
Des casseroles, des étiquettes, des carapaces…
Une expression coupée, une surcompensation, un manque initial, une exagération, une identité, un style
Ramer à contre-courant, se faire reconnaître à tout prix
Briller, s’éteindre, pleurer, rire, bouger, faire bouger, changer, faire changer…
Ecrire, punir, insister, s’épuiser
Tomber, se relever, retomber, renaître
Pas comme les autres, disparaître, estime de soi, victime, dans les griffes du bourreau, conscient, inconscient
Violence, pouvoir, idéalisme, réveil, peur, générosité
Domicile, maison, abri, chez soi, adopter, abandonner
Pardonner, piéger, justifier
Lutter, perdre, gagner
Attente, déception, attente, déception, attente