C’était un 11 avril 1982 la finale des Jeux Interscolaires.
Bahira, Yvette et moi avions été sélectionnées pour représenter notre école au
Concours Interscolaire organisé par Le Centre Culturel français : culture
générale. Toutes les trois avions un bon niveau en français et avions commencé
à nous préparer pour affronter les candidates d’une excellente école. Les
dictionnaires et encyclopédies de la famille de Bahira ont beaucoup fait pour
l’honneur de la francophonie à Alexandrie. Indépendamment du plaisir que nous
avons pris à nous préparer, nous avions vraiment travaillé dur. Cela nous avait
beaucoup rapprochées toutes les trois.
Arrive le premier jour J. Nous sommes chez nous : Une
des premières consignes était de compléter le proverbe qui sert de titre à ce
texte.
Nous avons fait fort ! Et nous avons gagné ! Si la
directrice de notre école était arabophone, c’est dire si nous avions un mérite
personnel pour ce succès.
Deuxième jour J. Nous devions affronter l’unique ’école
francophone de garçons de la ville. Devant un public qui nous montrait les
dents, les trois petits soldats que nous étions, soutenues par quelques
supporters, devions nous mesurer aux MEILLEURS. Leur responsable un Frère de
nationalité française leur apportait le soutien que ne nous apportait pas notre
école…Aussi avons-nous du nous défendre vaillamment contre un début
d’injustice. Et voilà-t-il pas que nous remportons cette deuxième manche !
Déjà à ce stade, il fallait nous porter en triomphe nous avions battu les
imbattables.
Troisième jour J. La finale sur la scène de spectacles du
Centre Culturel Français. Les deux prières manches nous étions placées à
droite, là nous étions à gauche. Superstitieuse, je vois un signe. Ca se
passait très bien et boum ! Une opération mathématique finale qui
nécessitait des compétences en maths modernes nous a filé sous le nez et nous
avons perdu ! Il y avait un voyage en France à la clé et nous sommes
reparties bredouille.
Nous étions quand même fières et trente ans j’appelle Bahira
pour en parler.
Pour la petite histoire, rentrée à la maison ma mère m’a
passé un de ces savons dont elle a la spécialité qui m’a enlevé à tout jamais
le goût de perdre. J’ai passé des années à briguer ces victoires imposées mais
j’ai compris au fil des claques qu’il fallait savoir perdre et que ce sont les
défaites encore plus que les victoires qui « humanisent » les anciens
enfants auxquels on mettait la barre trop haut.
Ne demandez jamais trop à vos enfants !
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