Ma plume

Ecrire c'est lever toutes les censures (Jean Genet)







Toute ressemblance avec ...








dimanche 3 août 2014

Son père, ce héros (après la bataille psychanalytique en hommage à Victor et son inoubliable L'art d'être Grand Père sans trait d'union)


Son père ce héros
Elle dit au tribunal : J’ai toujours été sensible aux qualités des parents attentionnés, affectueux et protecteurs, ceux qui aiment inconditionnellement leur progéniture, ceux qui ne mettent pas la barre trop haut, qui n’exercent pas la peur comme méthode éducative, ceux qui acceptent que leurs enfants soient des créatures indépendantes et non pas coulés dans le moule de leurs géniteurs. Des parents de rêve qui savent respecter les droits sans parler de devoirs, qui savent donner la reconnaissance nécessaire au développement de leurs petits, ces petits qui restent « petits »(lisez enfant intérieur) en grandissant, qui se cherchent un modèle, qui hurlent leur mal-être, qui refoulent leur colère, qui se sentent coupables, qui se sentent « pas assez ceci, assez cela », qui se suffisent, bien obligés, à eux-mêmes, qui se sentent vulnérables en rajoutant à la carapace plusieurs épaisseurs, qui subissent cette insécurité affective si douloureuse dans un monde si intolérant qui ne connaît que les « moi je » , les jugements de valeur « toi tu » et les « yakafokon » …Même les enfants de psychologues de profession peuvent avoir un jour des problèmes d’Œdipe…ainsi est faite la nature humaine avec son besoin de survie, de reconnaissance, de pouvoir et de déculpabilisation massive.

Il dit à qui veut bien l’entendre et au tribunal éventuellement : Je suis aimé de tout le monde. Je suis respecté partout. J’ai une fierté inatteignable : les plus grands de ce monde n’ont jamais réussi à me faire plier. Je suis un expert mondialement reconnu dans mon métier et j’impressionne les plus professionnels de mon champ d’exercice. Je suis formidable dans mon nouveau couple. J’ai beaucoup de succès auprès des femmes. Les enfants de mes amis me vouent une admiration sans bornes. Je vénère ma mère, elle m’appelait le Don Juan de…et ne jurait que par le Dieu de son fils (pas celui des autres). Je suis éternellement reconnaissant à ma sœur chez qui j’ai trouvé un support inconditionné. Je suis très généreux, je fais le bien autour de moi, j’ai aidé financièrement un nombre incalculable de gens. J’ai un seuil de tolérance très bas aux cris, je déteste qu’on hausse le ton. J’adore mon pays et il n’y a personne de plus patriote que moi. J’ai infligé à l’ennemi une leçon inoubliable par le biais d’une prouesse surhumaine. Rien n’a réussi à me casser et même si j’ai pleuré dans certaines conditions, j’en suis ressorti encore plus fort, encore plus invincible. Je crois fermement que rien n’a de valeur, rien ne mérite qu’on se fasse de la bile : on va tous mourir, c’est la seule vérité. Le gibier qui résulte de ma chasse, ces animaux que je tue avec beaucoup de dextérité vont toujours aux nécessiteux. J’ai d’ailleurs une collection unique de fusils de chasse et deux revolvers. J’ai toujours eu des voitures luxueuses et même le jour où j’ai vendu la dernière, en en conservant une plus modeste, je n’ai pas été affecté. Je fais soigner mon personnel de maison dans les meilleurs hôpitaux, ils mangent comme moi : je suis très modeste. Quand j’achète, j’achète toujours le meilleur, le plus cher. Il est vrai que les apparences sont trompeuses et que mon niveau de vie paraît beaucoup plus élevé qu’il ne l’est réellement mais c’est mon choix : c’est mon opinion et je la partage. J’ai connu des années noires (où je n’avais pas le sou) mais suite auxquelles Dieu qui me protège m’a offert des dollars en grande quantité, les mercenaires sont des gens qui ont une haute probité. Mes collaborateurs ne jurent que par moi. J’adorai mon chien que j’ai perdu, sa nourriture et ses soins ont toujours été parfaits et surtout coûteux. J’ai rêvé que je baisais la main du Prophète .Je n’ai qu’un seul regret ma relation avec ma fille est difficile.

Elle dit : Tout ce qui précède est une vérité. Aussi suis-je obligée de présenter mes regrets éternels de ne pas être à la hauteur d’un tel prodige.
Un homme aussi réussi aurait mérité d’avoir des petits enfants, aurait mérité dire autour de lui que sa fille est enseignante à l’université, aurait mérité qu’on l’idolâtre sans conditions.
Il avait le droit de ne pas désirer un enfant tout en exigeant que cet enfant, venu quand même, n’ait rien de commun avec sa mère ; ne parle pas d’autres langues incomprises, ne lui rappelle pas qu’il n’est pas infaillible…
Avoir une petite Barbie pour descendance était la moindre des choses. Privilégier l’Etre au Paraître est inexcusable. Il eût été préférable d’avoir un caractère effacé, de ne pas se mettre en colère en entendant des inepties, de ne pas être agressive en se justifiant.
Il est franchement inconcevable que ce Père soit comparé à tant d’autres beaucoup plus imparfaits et néanmoins si présents.
Enfant, adolescente, adulte cette fille aurait dû écouter sagement et surtout silencieusement les conseils de ce grand monsieur si expérimenté au lieu d’exprimer ses manques franchement …Inacceptables ces tentatives de se faire reconnaître, de se faire valoir, de se raconter…
Si « la faiblesse et les larmes d’une femelle » (je cite) sont désarmantes, il paraît bizarre que cela ne se fasse pas dans le cadre d’une relation père-fille.
Il est inadmissible, mais la nature humaine est incorrigible, de considérer un père comme responsable de ses enfants, de lui demander de l’affection non-matérielle, de lui demander une aide financière et non une obole sous conditions dignes du FMI, de lui reprocher son absence…
Les concessions présentées sur l’autel de la paternité ne s’appellent pas des concessions, ce sont des actes déférents considérés comme une bouteille lancée à la mer (ou au père) qui peuvent rester sans réponse (on vous rappellera)
Il est incompréhensible de ne pas comprendre qu’un père compréhensif (n’ayons pas peur des répétitions) n’a pas promesses non tenues, il n’a des preuves d’amour à sa manière.
Il n’est pas difficile de croire que les refus répétés de non-assistance à personne en danger de licenciement, en danger d’interdiction bancaire ou même en danger de chômage prolongé…en danger tout court ne sont que de modernes méthodes éducatives pour adultes idiots mal éduqués dans leur enfance.
Ce n’est franchement pas poli d’être psychorigide quand on est blessé, impuissant et dans la détresse. Un enfant d’un demi-siècle est toujours susceptible de rééducation par un père parfait…Il n’est jamais trop tard.
Il fallait revoir ses fondamentaux : dans le langage paternel
L’humiliation est de la rééducation
Les insultes à la mère sont des explications
La dureté et la cruauté n’ont pour objectif que le redressement
Etre âgé ou plus âgé est équivalent à avoir toujours raison
Les discours interminables sur un « je » surdimensionné ne sont que des bavardages à but éducatif.
Ignorer les succès, les souffrances, les réalisations, les difficultés a pour seul fin d’inculquer l’humilité et la modestie.
La séduction des amies et collègues n’est qu’une preuve d’un charme irrésistible non-émoussé par le nombre des années et n’ont rien à voir avec le statut paternel.
Les disques rayés sur les années précédant la naissance de l’enfant ne sont pas des problèmes d’adultes ce sont des paroles inestimables et quasi-divines…  (Les retranscrire et les publier sous le titre grandiloquent de « Apologie du divorce et du mariage réunis pour les enfants non-reconnus »

Après délibération et vu ce qui précède le tribunal des anciens enfants conjointement avec le tribunal des papas narcissiques déclarent cette fille indigne de son père. Celui-ci est autorisé à ne pas la reconnaître pour incompatibilité de principes familiaux et surtout œdipiens.


samedi 26 juillet 2014

Dix ans déjà

Un 25 juillet, il y a dix ans j’étais convoquée chez l’Ambassadeur de France qui m’annonçait la bouche en cœur que j’étais mise à pied pour avoir critiqué à la fois Sharon et Moubarak et pour avoir fait « l’apologie du terrorisme »
Bibi : « Monsieur l’Ambassadeur, c’est la France qui m’a appris à critiquer et à écrire comme j’écris. Vous croyez que c’est dans mon pays qu’il y aurait Le Canard Enchaîné ? Vous croyez que c’est dans mon pays que j’aurais appris la liberté d’expression ? Je ne savais pas à l’époque que la patrie des droits de l’homme avait deux poids et deux mesures (au minimum) mais tout compte fait je viens naïvement de découvrir que certains systèmes (tous pervers d’ailleurs) étaient inattaquables et qu’il fallait reléguer ses principes là où je pense…..
L’Inspecteur Général qui se déplace  pour virer des ambassadeurs a été légèrement surpris lorsque j’ai ouvert la porte des WC et qu’il y était confortablement installé…Juste 10 minutes avant l’inspection la dernière chose que j’aurais aimé voir était le postérieur de ce respectable représentant des Affaires Etranges.
Je croyais encore que mon épais dossier de défense allait servir, en fait non, je dérangeais encore et toujours…Avec l’âge je me suis assagie mais personne ne veut le croire.
Le 1er août je pense que je vais reprendre mon travail, le 17 septembre je comprends que le paquet encombrant va aller à la Bibliotheca, le 10 octobre je suis autorisée à revenir sur les lieux en tant que syndicaliste…J’avoue que la bibliothécaire était beaucoup moins dangereuse mais ainsi est faite la vie.
10 ans après je me souviens encore de ce virus qui m’a fait reformater tout le disque dur de ma vie. Tout compte fait, c’était bien que cette vie là s’arrête car j’ai appris bien des choses depuis…
J’ai appris que Freud était un bonhomme formidable et que ses découvertes allaient transformer cette petite Nazly qui stoïquement était partie dans la vie pour combattre l’injustice.
La reconnaissance n’arrive que quand on arrête de l’attendre et qu’on ne se coupe plus en quatre pour « plaire » aux autres.

Et à ce moment du texte le cher Pierre Augustin Caron intervient pour m’applaudir et dire :
« Loué par ceux-ci, blâmé par ceux-là, 
aidant au bon temps, supportant le mauvais, me moquant des sots, bravant les méchants, riant de ma misère et faisant la barbe à tout le monde... »


dimanche 13 juillet 2014

En résumé

J’ai été
J’ai toujours été
Je ne suis plus
Je ne veux plus être
Des casseroles, des étiquettes, des carapaces…
Une expression coupée, une surcompensation, un manque initial, une exagération, une identité, un style
Ramer à contre-courant, se faire reconnaître à tout prix
Briller, s’éteindre, pleurer, rire, bouger, faire bouger, changer, faire changer…
Ecrire, punir, insister, s’épuiser
Tomber, se relever, retomber, renaître
Pas comme les autres, disparaître, estime de soi, victime, dans les griffes du bourreau, conscient, inconscient
Violence, pouvoir, idéalisme, réveil, peur, générosité
Domicile, maison, abri, chez soi, adopter, abandonner
Pardonner, piéger, justifier
Lutter, perdre, gagner
Attente, déception, attente, déception, attente


samedi 19 avril 2014

enesciptio

Ca faisait un moment que je l’avais oubliée celle-là mais elle s’est rappelée à mon bon souvenir…
C’est le deuxième spécimen d’une de mes galeries de têtes à claques !
Signe distinctif : Noire…de l’extérieur et de l’intérieur.
Cheveux noirs, yeux noirs, idées noires, noirs desseins, de noir vêtue, année noire, noir pour sombre… (Je vous laisse continuer)
C’est simple avec elle : tout est impossible et quand ça varie ce n’est pas possible et quand vous faites un effort ça sera peut-être possible mais dans trente-deux ans trois jours et 5 heures.
Cette jeune personne (plus très jeune) aurait pu être très bien dans son milieu naturel mais le comble c’est qu’elle est sortie de son milieu naturel pour pénétrer dans un monde…euh…différent….très différent
Un monde si différent que pour y être élégant il faut tout le temps avoir la bouche en cœur.
L’ambition, c’est bien je trouve,  mais à ce rythme c’est racler le plancher avec ses dents, et le pire c’est que dès qu’on a le moindre pouvoir on oublie ceux qui vous avaient vu lécher le même plancher avec les bottes qui passaient dessus.
Si vous avez la chance de croiser cette morne figure, remonteront à votre souvenir toutes les guerres, les famines, les catastrophes naturelles (et artificielles) et j’en passe. Ne vous laissez pas berner par ce faux air doucereux, derrière se cache une redoutable et implacable délatrice.
Coûte que coûte elle vous imposera sa loi !
Pour elle, il y a deux catégories de personnes : ceux qui peuvent nous servir et ceux qui ne nous servent à rien !
Les premiers on les séduit, on les embrasse, on pleure dans leurs bras la mort de machin, l’opération de bidule, la faillite de chose…Bienvenue dans le chantage affectif !
Les seconds on les ignore, on s’énerve dessus, on leur crache son venin à la figure avec un air de dire du plus profond de mon infériorité je vous convaincrai que je suis supérieure.
Et le comble c’est qu’en l’espace d’une décade personne n’a rien pu faire à la reine des « pas possible ».

En matière de phonétique, tout racisme mis à part, elle représente un phénomène fort intéressant à étudier : une prononciation à faire retourner Saussure dans sa tombe. Il est mort Saussure (, Ferdinand de) Non ? 
Je déteste la linguistique ! Hors sujet ? Ah bon ok
Revenons à cette championne des « enescriptio » qui fait son maximum pour que les « enescri » repartent chez eux en courant terrorisés par cette pythie qui leur lance à la figure « pas de ça chez moi »
Chez toi ? Ce haut lieu de la …….c’est chez toi ? Il fut un temps où tu n’aurais même pas eu la possibilité de longer les murs de cette vénérable institution !
Il semblerait qu’il y ait une légère confusion entre « services » et « sévices » dans son vocabulaire fâché avec la prononciation.
On tire sa superbe de son installation (enestalatio) derrière un bureau où personne ne peut toucher à MON clavier MA souris MON ordine (comme dirait l’autre) MON imprimante MON logiciel MES…par peur d’être transformé en statue de sel !
Ca y est le mot que je cherchais depuis que j’ai commencé ce texte : une sorcière…une vraie, une originale, qui jette des sorts, qui fait peur, qui dégoûte, qui rend triste, qui rend morose, qui rend furieux, qui rend impuissant, qui rend dingue !
Pourquoi chercher à tuer un cafard avec la bombe atomique alors qu’il suffit de l’écraser avec de bonnes vielles godasses ?
Je vous laisse le choix de l’arme et me réjouis impitoyablement de toute tentative de neutralisation de ce monstre.
Toute ressemblance avec ….



dimanche 5 janvier 2014

Ca me scotche

Ca me scotche !
Ca me scotche toujours par ces temps totalement et entièrement bordéliques de voir des sursauts d’existence flicarde…C’est leur fête depuis 3 ans et rien à faire ils n’ont rien perdu de leur s… superbe !
Ils sont totalement absents de la circulation depuis le règne des autos tamponneuses dans les rues d’Egypte (et autres engins tamponneurs) tellement absents que moi, je m’en tamponne le coquillard ou bien l’oreille avec une babouche…
Tout individu appelé à sortir de chez lui fait absolument, audacieusement et magnifiquement ce qui lui passe par le citron : Ote-toi que je me pousse !
Et dans ce joyeux bordel, vous avez des créatures vêtues de noir (en hiver) avec certains insectes dorés sur les épaules qui ont des bouffées subites de rigorisme avec une envie pressante de vous faire croire que tout va bien et que tout est sous contrôle et qu’il n’y a que vous qui êtes en infraction.
J’en ai croisé une (créature) ce matin.
Je sors de chez moi : à la sortie du garage j’ai failli me prendre en plein pare-chocs  un motard arrivant en sens, autrefois interdit, à 120 à l’heure….Vous me direz la fonction première des pare-chocs est de parer les chocs mais nous ne somme pas à ceci près. Je traverse une ruelle de 30 mètres en effleurant délicatement des rétroviseurs les deux files de véhicules qui s’offrent à moi. Au moment fatal de prendre à gauche, un microbus sans plaque d’immatriculation à qui il ne reste qu’un moteur, 4 roues et une carcasse de tôle froissée décide subitement de faire demi-tour en supposant fort justement que je l’attendrai et que c’est mon rôle dans la vie d’attendre qu’il ait fait son demi-tour. Arrivé à la moitié de son demi(tour) il stoppe royalement pour permettre à une trentaine d’hurluberlus de sortir de leur entassement collectif et « sardinesque ». Passablement ahurie de voir des dames aussi volumineuses et néanmoins tchadorées surgir d’un espace aussi contiguë. Passe le microbus (remplacez le « U » par un « E » moi je n’ai pas le temps) et moi après une dizaine de mètres je stoppe également pour permettre à la demi-douzaine de tuc-tucs –pluriel bizarre) de charger, décharger, rigoler, insulter, cracher, gigoter, tourner, retourner…Un jour je ferai un roman-fleuve sur les teneurs de guidons de tuc-tucs car on ne peut décemment pas nommer ces choses des conducteurs. J’adore leur aplomb ! J’adore leur solide conviction d’être totalement invincibles ! J’adore l’arrogance exagérée qu’ils tirent de leurs cheveux gominés et des autocollants débiles qui ornent l’arrière de leurs monstrueuses et diaboliques embarcations. Tuc Tuc est trop raffiné le « U » ne convient pas à cette invention satanique qui a envahi notre quotidien et inspiré la chose qui nous a servi de président pour 365 jours (quelle honte). Ces Toktoks contribuent donc largement à l’empoisonnement de ma vie alexandrine et autrefois cornichesque .
Arrivée par pur miracle dans une rue plus large que les autres, j’écarquillai, (au passé simple) car depuis j’ai pris l’habitude et je n’écarquille plus, les yeux ! O stupeur (et tremblements) de pauvres voitures de pauvres particuliers qui n’ont pas de parkings dans les pauvres immeubles où se trouvent leurs pauvres appartements arborent fièrement des sabots jaunes ! J’observe donc que ces pauvres voitures qui sont garées là ont commis une terrible entorse à la règle contrairement à l’étalage de fruitier qui occupe le même espace et à la grue de la police qui, elle, obstrue réellement le passage.
Comme ces voitures gênent la circulation, elles sont condamnées à rester avec les sabots pour la gêner encore plus ! On ne résoudra guère le problème mais on collectera 75 livres par véhicule histoire d’acheter de nouveaux sabots, de nouvelles lunettes de soleil pour officiers en mal de pouvoir et de super grosses motos noires (à rendre jalouse Edith Piaf) avec des sirènes à vous donner l’envie de vous crever le tympan.
Je traverse une avenue dans un concert de klaxons qui me plongent dans une certitude freudienne : ce klaxon est certes substitut d’une quelconque virilité ! Et les femmes me direz-vous, elles klaxonnent parfois comme si on était entrain d’égorger leurs enfants…Eh bien je vous dirais avec une certitude non moins freudienne que le klaxon est devenu un outil incontestable d’expression d’une violence comprimée depuis les Pharaons (à peu près) et qui fuse depuis 3 ans pour un oui et pour un non.
J’arrive sur la corniche, je slalome gracieusement pour faire demi-tour évitant ainsi d’emboutir 4 taxis , 22 microbus , 19 émissaires taïwanais et épargnant 4 chats, deux chiens et une dizaine de piétons.
Comme on est sur la Corniche (le bord de mer pour les non-initiés) et qu’on regarde la Méditerranée c’est le lieu sine qua non pour se faire des queues de poissons sans que personne ne trouve cela bizarre. Ca doit être une spécialité alexandrine que les lignes jaunes, entrecoupées ou pas, servent à décorer cette asphalte qui serait si tristement noir sans cette jolie décoration.
Après un tunnel où je dois laisser passer des bus d’écoles, des charrettes d’éboueurs recycleurs décideurs de vous emmerder, des cyclistes équilibristes, des motards en pétard, des livreurs de pizzas et des dames voilées au volant (redoutables dans leur grande majorité) j’accède enfin à la voie qui nous sert d’autoroute où bien sûr la vitesse est limitée à 100 à l’heure .
Vous comprendrez bien qu’après ce parcours du combattant, je suis légèrement pressée de conduire sans interruptions.
Mais mes compatriotes jouissant de leur pleine liberté en ont décidé autrement ! Sur cette autoroute, je vous prie de bien vouloir noter :
un tracteur qui fait une marche arrière courageuse au milieu de la chaussée
un Tuc Tuc qui arrive en sens interdit tous phares allumés
une Pijo (Peugeot pour les intimes) déplaçant une salle à manger (avec la famille nombreuse qui va avec )
un vendeur de maïs qui a décidé de gagner sa vie en vous faisant des gestes désespérés pour que vous le percutiez
une mendiante avec un enfant sourd dans les bras qui demande une aumône
un conducteur de poids-lourd qui a décidé d’être pilote de Formule 1 pour un jour et qui fait du 150 kms/h
Un camion qui a décidé de distribuer généreusement des cailloux à tous les pare-brises en vue
Une foultitude de braves paysans chantant à tue-tête et débordant d’un pick-up japonais rouge décident de s’arrêter pour fumer
Un chauffeur qui décide de ralentir et se garer sur le côté sans clignotants juste pour faire pipi
Et ma pomme !
Vous conviendrez avec moi qu’au moment où 4 soldats m’arrêtent avec un air très méchant et me demandent les papiers de la voiture d’un air encore plus méchant et trottinent les remettre à un pacha installé dans son carrosse bleu POUR EXCES DE VITESSE, j’ai bien le droit d’être estomaquée.
Je paye l’amende de 150 livres et discute le bout de gras avec le monsieur qui combat le terrorisme à ses moments perdus :
N’avez-vous remarqué personne de contrevenant sur la route ? N’avez-vous rien remarqué en dehors des excès de vitesse ?

Non me répond-il placidement

C’est déjà bien moi je trouve qu’il y ait des sabots et des radars, ça fait vachement civilisé ! Et si en plus il y a  des lunettes de soleil et des grosses motos noires et clinquantes, que demander de plus ?! Ca valait le détour franchement !




samedi 4 janvier 2014

Dieudonné, Sharon et moi

Dieudonné, Sharon et moi

Dix ans après, j’ai encore envie de parler de mon accusation mensongère d’antisémitisme. A l’époque, je ne m’occupais pas beaucoup de politique, je pensais que les complots étaient réservés aux célébrités, je ne savais pas que la syndicaliste virulente, que j’étais, offrait aux tyrans un aspect redoutable.
Je me souviens encore du sérieux traumatisme qui faisait que je ne pouvais pas entendre parler d’Israël sans sursauter, que je me faisais un sang d’encre pour ce « pauvre » Dieudonné accusé d’antisémitisme (humoriste que j’appréciais, complice d’Elie Semoun), que quand j’ai lu l’ouvrage de Pascal Boniface « Est-il permis de critiquer Israël ? » je redoutais le pire pour l’auteur…
Pourquoi tout cela ? Eh bien parce que j’avais osé critiquer un général israélien (Sharon) et parler du désespoir de kamikazes palestiniens…moi égyptienne travaillant pour le gouvernement français je me devais de jouer le jeu de la nation qui avait livré ses propres juifs à Hitler
En ce début de 2014, Ariel Sharon, après 8 ans de coma,

fait reparler de lui et je me souviens…je me souviens

Qu’en 2004 Sharon avait été la cause indirecte d’une grande injustice ma mise à pied

Qu’en 2004, Dieudonné avait présenté ses excuses


Qu’en 2004 ; pour me défendre, j’avais montré combien j’étais le contraire d’une antisémite mais en fait ils étaient tous anti-syndicalistes
Et depuis,  j’avais appris qu’en France, on ne pouvait pas critiquer Israël...qu’en France on n’appliquait pas les valeurs qu’on prônait (enfin pas toujours) et qu’on taxait les défenseurs de la cause juive et de la Shoah d’antisémite…


Ariel Sharon a eu l’élégance de disparaître de la scène pour que je ne sursaute pas. Aujourd’hui on peut sereinement lire :

« Ariel Sharon a inspiré avec la même passion haine et fascination. Il a défiguré la Palestine, ruiné le peuple palestinien, fait chuter l’économie et aggravé les problèmes sociaux en Israël. Il a été accusé et même poursuivi plusieurs fois et jusqu’à la veille de son accident cérébral pour malversations  financières, crimes de guerre, poursuivi à ce titre et toujours menacé de l’être. »

Attaque cérébrale du 4 janvier 2006



Dieudonné a dépassé depuis la ligne rouge mais s’il n’avait pas subi de lynchage public il y a dix ans l’aurait-il dépassée ?
Toujours est-il qu’il a le Ministre de l’Intérieur aux trousses, qu’on a ouvert une enquête contre lui à Paris et à Chartres

Et moi…
Moi je tente de reprendre vaillamment ma plume en 2014. Tous les mois de cette année noire de 2004 ont laissé une cicatrice et tous les mois dix ans après il y aura un texte de nettoyage de blessure mal cicatrisée.




mercredi 25 décembre 2013

Je veux écrire des textes

Je veux écrire des textes

-        Je veux écrire des textes.
·        Ah non tu ne vas pas recommencer !
-        Mais si ! Mais si ! J’ai envie de recommencer !
·        Tu vas encore t’attirer des ennuis !
-        Mais non ! Cette fois-ci je ne travaille pas pour un Ministère étrange ! Je ne travaille pas sous les ordres d’une imbécile ! Je ne m’oppose pas à un consul pédophile ! La pieuvre est en France ! Je ne suis plus syndicaliste ! J’ai découvert que mon papa pouvait être un héros national et un père raté ! Moubarak n’est plus là ! Sharon a disparu ! Tu vois ? tout va bien !
·        Et alors tu vas faire des textes sur qui ?
-        Ouh là je n’ai que l’embarras du choix…Je voudrais faire un texte sur ce personnage d’une tonne cinquante qui se prend pour ce qu’elle n’est pas, qui se gargarise de sa méchanceté, qui enseigne avec l’adresse d’un éléphant dans un magasin de porcelaine, qui oublie de se regarder dans un miroir, qui ose tous les 26 ans m’emmerder
·        Hum ! Je vois les ennuis en technicolor. Et qui d’autre ?
-        Ce personnage d’un mètre cinquante qui mériterait de figurer dans un manuel de psychologie au chapitre Narcissisme. Elle sait tout, on lui doit tout, elle est mieux que tout le monde
·        Hum ! Ensuite ?
-        Cette folle de plus de cinquante ans
·        Tu as un problème avec ce chiffre apparemment
-        Cette folle donc de presque 60 ans qui s’amuse follement à faire le mal autour d’elle depuis que je l’ai connue. Qui pratique le sadisme comme on pratique le tennis et qui apprendrait l’hypocrisie à Judas !
·        Euh… Je pensais qu’avec l’âge tu t’assagirais mais je vois que ce n’est pas le cas. Et tu en as beaucoup comme ça
-        Pas mal oui mais j’ai aussi d’autres sujets
·        Je redoute le pire
-        Les barbus par exemple
·        Non là tu exagères, tu vas te retrouver avec un poignard dans le dos
-        Bon pas les barbus, la notion de patriotisme alors
·        C’est à voir. En ce moment on ne sait plus ce que ça voudrait dire. Et la notion d’Etat ? Tu y as pensé ?
-        Possible
·        J’ai aussi des opinions sur les bibliothèques et leur gestion
-        Ciel ! Tu ne vas pas reprendre ce refrain là …
·        Eh bien si justement ! Le plus amusant pour moi serait – comme ce fameux texte où ma directrice s’est reconnue sans qu’il y ait une seule mention de lieu, de temps, de sexe ou de référence à un épisode réel – que les lecteurs éventuels reconnaissent mes « cibles » sans que j’aie à dévoiler leurs véritable identité, un peu comme le « poète crotté » qui sévissait au dix-septième siècle et qu’on redoutait comme la peste
-        Je t’aurais prévenue ! Tu trouveras 36 personnes qui te conseilleront de ne pas te faire d’ennemis
·        Même si j’en trouve 72, je continue à dire que je ne  me fais pas d’ennemis. Je m’amuse avec ma plume, je veux faire comme Voltaire…
L'autre jour, au fond d'un vallon,
Un serpent piqua Jean Fréron.
Que pensez-vous qu'il arriva ?
Ce fut le serpent qui creva.
-        Mais il avait plein d’ennemis Voltaire !
·        Mais quelques siècles après…de qui se souvient-on ?
-        Quel aplomb !
·        Et oui « on se refait pas surtout si on est réussi » comme dirait mon cher San Antonio !