Ma plume

Ecrire c'est lever toutes les censures (Jean Genet)







Toute ressemblance avec ...








mardi 5 février 2013

Ephéméride 5 février 2013


Ephéméride

 

Quand on veut modifier ses papiers d’identité dans mon pays, il faut s’attendre à tout ! Jusqu’en 2011, il était normal de n’avoir aucun droit, normal de se faire traiter de sous-merde par un fonctionnaire miteux ou une voilée qui pue. Il fallait attendre Godot tout en ne sachant pas qu’on l’attendait. Il fallait supplier, soudoyer, gueuler, se taper la tête contre le mur… c’était c comme ça et pas autrement.

Après l’éjection de Moubarak (puisque ça se limite à ça ce qu’on fait depuis deux ans) c’est la boîte-surprise tout le temps, partout, et avec tout le monde. Dans la rue, dans les administrations, avec autorité, avec les défuntes lois…

Toujours est-il que je voulais changer mon adresse et la dénomination de ma profession. Du 18 au 39 il y a au moins 11 points ! Quant à ma profession, je trouvais plutôt patibulaire de continuer à être consultante du directeur de la Bibliothèque d’Alexandrie puisque je n’ai été consulté en rien et que mon pauvre métier est malmené et que tout le monde ne comprend pas de la même manière ce que veut dire une bibliothèque.

Bref, je remplis les formulaires, je fais les photocopies, je réponds sagement à monseigneur moustachu et bureaucrate et je m’entends dire : vous êtes « demoiselle » en français on aurait dit célibataire et ça passait… Indépendamment du fait que la question était superflue puisque je ne demandais pas à changer mon état civil, ça fait bizarre quand même qu’une personne que vous ne connaissez ni d’Adam ni d’Eve s’inquiète de l’état de votre hymen ou de votre potentielle virginité. J’ai osé un timide « comme c’est écrit » et j’ai avalé ma colère. Ma carte d’identité avec la mention responsable de la médiathèque (je ne suis pas responsable et il n’y a plus de médiathèque) avait déjà été déchirée par un petit officier de merde, je ne voulais pas que la nouvelle subisse le même sort avant de voir le jour. 

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire