Ca me scotche !
Ca me scotche toujours par ces temps totalement et
entièrement bordéliques de voir des sursauts d’existence flicarde…C’est leur
fête depuis 3 ans et rien à faire ils n’ont rien perdu de leur s…
superbe !
Ils sont totalement absents de la circulation depuis le
règne des autos tamponneuses dans les rues d’Egypte (et autres engins
tamponneurs) tellement absents que moi, je m’en tamponne le coquillard ou bien
l’oreille avec une babouche…
Tout individu appelé à sortir de chez lui fait absolument,
audacieusement et magnifiquement ce qui lui passe par le citron : Ote-toi
que je me pousse !
Et dans ce joyeux bordel, vous avez des créatures vêtues de
noir (en hiver) avec certains insectes dorés sur les épaules qui ont des
bouffées subites de rigorisme avec une envie pressante de vous faire croire que
tout va bien et que tout est sous contrôle et qu’il n’y a que vous qui êtes en
infraction.
J’en ai croisé une (créature) ce matin.
Je sors de chez moi : à la sortie du garage j’ai failli
me prendre en plein pare-chocs un motard
arrivant en sens, autrefois interdit, à 120 à l’heure….Vous me direz la
fonction première des pare-chocs est de parer les chocs mais nous ne somme pas
à ceci près. Je traverse une ruelle de 30 mètres en effleurant
délicatement des rétroviseurs les deux files de véhicules qui s’offrent à moi.
Au moment fatal de prendre à gauche, un microbus sans plaque d’immatriculation
à qui il ne reste qu’un moteur, 4 roues et une carcasse de tôle froissée décide
subitement de faire demi-tour en supposant fort justement que je l’attendrai et
que c’est mon rôle dans la vie d’attendre qu’il ait fait son demi-tour. Arrivé
à la moitié de son demi(tour) il stoppe royalement pour permettre à une
trentaine d’hurluberlus de sortir de leur entassement collectif et
« sardinesque ». Passablement ahurie de voir des dames aussi
volumineuses et néanmoins tchadorées surgir d’un espace aussi contiguë. Passe
le microbus (remplacez le « U » par un « E » moi je n’ai
pas le temps) et moi après une dizaine de mètres je stoppe également pour
permettre à la demi-douzaine de tuc-tucs –pluriel bizarre) de charger,
décharger, rigoler, insulter, cracher, gigoter, tourner, retourner…Un jour je
ferai un roman-fleuve sur les teneurs de guidons de tuc-tucs car on ne peut
décemment pas nommer ces choses des conducteurs. J’adore leur aplomb !
J’adore leur solide conviction d’être totalement invincibles ! J’adore
l’arrogance exagérée qu’ils tirent de leurs cheveux gominés et des autocollants
débiles qui ornent l’arrière de leurs monstrueuses et diaboliques embarcations.
Tuc Tuc est trop raffiné le « U » ne convient pas à cette invention
satanique qui a envahi notre quotidien et inspiré la chose qui nous a servi de
président pour 365 jours (quelle honte). Ces Toktoks contribuent donc largement
à l’empoisonnement de ma vie alexandrine et autrefois cornichesque .
Arrivée par pur miracle dans une rue plus large que les
autres, j’écarquillai, (au passé simple) car depuis j’ai pris l’habitude et je
n’écarquille plus, les yeux ! O stupeur (et tremblements) de pauvres
voitures de pauvres particuliers qui n’ont pas de parkings dans les pauvres
immeubles où se trouvent leurs pauvres appartements arborent fièrement des
sabots jaunes ! J’observe donc que ces pauvres voitures qui sont garées là
ont commis une terrible entorse à la règle contrairement à l’étalage de
fruitier qui occupe le même espace et à la grue de la police qui, elle, obstrue
réellement le passage.
Comme ces voitures gênent la circulation, elles sont condamnées
à rester avec les sabots pour la gêner encore plus ! On ne résoudra guère
le problème mais on collectera 75 livres par véhicule histoire d’acheter de
nouveaux sabots, de nouvelles lunettes de soleil pour officiers en mal de
pouvoir et de super grosses motos noires (à rendre jalouse Edith Piaf) avec des
sirènes à vous donner l’envie de vous crever le tympan.
Je traverse une avenue dans un concert de klaxons qui me
plongent dans une certitude freudienne : ce klaxon est certes substitut
d’une quelconque virilité ! Et les femmes me direz-vous, elles klaxonnent
parfois comme si on était entrain d’égorger leurs enfants…Eh bien je vous
dirais avec une certitude non moins freudienne que le klaxon est devenu un
outil incontestable d’expression d’une violence comprimée depuis les Pharaons (à
peu près) et qui fuse depuis 3 ans pour un oui et pour un non.
J’arrive sur la corniche, je slalome gracieusement pour
faire demi-tour évitant ainsi d’emboutir 4 taxis , 22 microbus , 19 émissaires
taïwanais et épargnant 4 chats, deux chiens et une dizaine de piétons.
Comme on est sur la Corniche (le bord de mer pour les
non-initiés) et qu’on regarde la Méditerranée c’est le lieu sine qua non
pour se faire des queues de poissons sans que personne ne trouve cela bizarre.
Ca doit être une spécialité alexandrine que les lignes jaunes, entrecoupées ou
pas, servent à décorer cette asphalte qui serait si tristement noir sans cette
jolie décoration.
Après un tunnel où je dois laisser passer des bus d’écoles,
des charrettes d’éboueurs recycleurs décideurs de vous emmerder, des cyclistes
équilibristes, des motards en pétard, des livreurs de pizzas et des dames
voilées au volant (redoutables dans leur grande majorité) j’accède enfin à la
voie qui nous sert d’autoroute où bien sûr la vitesse est limitée à 100 à l’heure
.
Vous comprendrez bien qu’après ce parcours du combattant, je
suis légèrement pressée de conduire sans interruptions.
Mais mes compatriotes jouissant de leur pleine liberté en
ont décidé autrement ! Sur cette autoroute, je vous prie de bien vouloir noter :
un tracteur qui fait une marche arrière courageuse au milieu
de la chaussée
un Tuc Tuc qui arrive en sens interdit tous phares allumés
une Pijo (Peugeot pour les intimes) déplaçant une salle à
manger (avec la famille nombreuse qui va avec )
un vendeur de maïs qui a décidé de gagner sa vie en vous
faisant des gestes désespérés pour que vous le percutiez
une mendiante avec un enfant sourd dans les bras qui demande
une aumône
un conducteur de poids-lourd qui a décidé d’être pilote de
Formule 1 pour un jour et qui fait du 150 kms/h
Un camion qui a décidé de distribuer généreusement des
cailloux à tous les pare-brises en vue
Une foultitude de braves paysans chantant à tue-tête et
débordant d’un pick-up japonais rouge décident de s’arrêter pour fumer
Un chauffeur qui décide de ralentir et se garer sur le côté
sans clignotants juste pour faire pipi
Et ma pomme !
Vous conviendrez avec moi qu’au moment où 4 soldats
m’arrêtent avec un air très méchant et me demandent les papiers de la voiture
d’un air encore plus méchant et trottinent les remettre à un pacha installé
dans son carrosse bleu POUR EXCES DE VITESSE, j’ai bien le droit d’être
estomaquée.
Je paye l’amende de 150 livres et discute le
bout de gras avec le monsieur qui combat le terrorisme à ses moments
perdus :
N’avez-vous remarqué personne de contrevenant sur la
route ? N’avez-vous rien remarqué en dehors des excès de vitesse ?
Non me répond-il placidement
C’est déjà bien moi je trouve qu’il y ait des sabots et des
radars, ça fait vachement civilisé ! Et si en plus il y a des lunettes de soleil et des grosses motos
noires et clinquantes, que demander de plus ?! Ca valait le détour
franchement !