Ma plume

Ecrire c'est lever toutes les censures (Jean Genet)







Toute ressemblance avec ...








mercredi 28 mars 2018

Premier souvenir du 30 Nabi Daniel


Une Renault 5, Francine Firmin, ma mère et moi à 5 ans (1972)...Mon premier souvenir de Français de France. Où va-t-on ? Au Centre bien sûr ! Ma mère est stagiaire ASPEL (l'ancêtre des conseillères pédagogiques). Là-bas il y a Elisabeth , Jean Philibert et un autre dont je ne me souviens pas du nom. Cet autre et Elisabeth se font la bise et moi je ne comprends pas : elle est mariée avec Jean pourquoi fait-elle la bise à l'autre ?
         Ils sont tous dans une salle du premier étage que je n'appelle pas encore ni CDP (baptisé par moi en 1996) ni Salle Berque (baptisée plus tard). Je joue sur le balcon et ma tête ne dépasse pas la rambarde


Le décor change et je me retrouve au théâtre pour une fête de Noël. Il y a plein d'enfants et un papa Noël éblouissant. Je cherche ma mère.
Le décor change une fois de plus et je me retrouve une fois de plus perchée sur un grand canapé noir dans ce que je n'appelais pas encore le "Grand Hall" ou "Hall d'honneur"  Malgré le Ramadan je me goinfre de gaufrettes. Je fais semblant de jeûner mais en fait j'ai très faim.
Trois décors....quelques noms : Fernand Toro, Edmond Maitre, Gérard Chaume, Christine Chaume.
Des années plus tard j'entendrai ces noms dans la bouche de celles qui y travaillaient à l'époque et qui allaient devenir mes collègues en 1989.
Quelques 20 ans nous séparent et pour elles c'est aussi la maison comme ça le sera pour moi : le Centre, le Centre du monde, le Centre de l'Univers !

samedi 5 août 2017

La peur

effroi, frayeur, panique, terreur, inquiétude, crainte, appréhension, angoisse, frousse, trouille, aversion, phobie, hantise, trembler, alarmer, effrayer, sursauter, affoler, faire, frissonner, horreur, alarme, lâcheté, affolement, alerte, cauchemar, poltronnerie, épouvante, phobie, trouble, vertige, peur blanche , alarmer, danger,
N'éduquez  pas vos enfants dans la  PEUR. La peur est destructrice...de tout à tout âge
“La peur est une brume de sensations.”Jules Renard

J'ai peur de la colère. Tu as peur de ton père. Il a peur d'échouer. Elle a peur d'avoir tort. Nous avons peur de la violence. Vous avez peur de réussir. Ils ont peur pour leur réputation. J'ai peur d'écrire. Tu as peur d'être dénoncée. Il a peur de sa mère. Elle a peur d'être battue. Nous avons peur des cris. Vous avez peur de faire peur. Ils ont peur des autres. Elles ont peur du viol. J'ai peur de ma mère. Tu as peur du professeur. Il a peur d'être puni. Elle a peur de la mort. Nous avons peur de l'avenir. Vous avez peur de l'argent. Ils ont peur de ne pas y arriver. Elles ont peur du devoir. J'ai peur de déplaire. Tu as peur de ne pas satisfaire. Il a peur de la solitude. Elle a peur de la responsabilité. Nous avons peur de nos parents. Vous avez peur pour vos parents. Ils ont peur pour leurs enfants. Elles ont peur d'être heureuses. J'ai peur de fumer. Tu as peur de grossir. Elle a peur de déranger. Il a peur de l'eau. Elle a peur du noir. Nous avons peur des examens. Vous avez peur de ne pas être parfaits. Ils ont peur pour leur image sociale. Elles ont peur de Dieu. J'ai peur de l'abandon. Tu as peur du bruit. Il a peur de la foule. Nous avons peur de la folie. Vous avez peur de la maladie. Ils ont peur du noir. Elle ont peur de la famille. J'ai peur du public. Tu as peur de ton frère. Il a peur de la banque. Elle a peur de la police. Nous avons peur de l'autorité. Vous avez peur des terroristes. Ils ont peur du feu. Elles ont peur de l'injustice. J'ai peur d'être engueulée. Tu as peur d'être rejetée. Il a peur du divorce. Elle a peur du mariage. Nous avons peur de leur mort. Vous avez peur de leurs réactions. Ils ont peur de perdre. Elles ont peur de la différence. J'ai peur de l'indifférence. Tu as peur du silence. Il a peur du voleur. Elle a peur des insectes. Nous avons peur de l'étranger. Vous avez peur d'avoir faim. Ils ont peur du patriarcat. Elles ont peur du matriarcat. J'ai peur d'être faible. Tu as peur d'être fort. Il a peur d'être supérieur. Elle a peur d'être inférieure. Nous avons peur des autres. Vous avez peur de pas être assez....Ils ont peur d'être trop....Elle ont peur d'être. J'ai peur du bonheur. Tu as peur du plaisir. Il a peur des habitudes. Elle a peur des interdictions. Nous avons peur de la loi. Vous avez peur de la police. Ils ont peur du gouvernement. Elles ont peur des animaux. 

jeudi 19 janvier 2017

Début de texte...

Ayant passé un demi-siècle sur cette planète à chercher une place, ayant toujours été en quête d'appartenance, d'identité, de sécurité, de reconnaissance (coincée entre naissance et connaissance, entre maux et mots), j'ai pris des feuilles blanches qui accueillaient les signes noirs de l'écrit (les cris) et j'ai choisi de leur livrer ma vie en prose, mes cogitations en vrac. Pour une native des Gémeaux; bilingue et binationale, les pages qui suivent ne pouvaient que se placer sous le signe de la dualité.

            En remontant un petit peu dans le temps pour camper le décor et les personnages, je me découvre un destin intimement lié à l'histoire du pays où je suis née (L'Egypte)
            J'ai eu comme tout le monde deux grands-pères, mais il se trouve que tous les deux, généraux directeurs de prisons, ont servi du temps des Anglais et de la Royauté réunis. L'année 1952 (Révolution ou coup d'état militaire ? ) a mis fin à leur carrière et changé le destin de l'Egypte. Mon grand-père maternel, contemporain du Général Naguib, a toujours cordialement détesté le Colonel Nasser (comme beaucoup d'ailleurs). Mon grand-père paternel lui a engendré un pilote de combat (mon illustre géniteur) qui vouait au même colonel Nasser une adoration sans bornes (comme beaucoup d'ailleurs) mais ceci....jusqu'en 1967 ! Quelle année ! Celle de ma naissance !
            Le dimanche 4 juin 1967 je faisais mon entrée dans le monde et le lendemain l'Egypte subissait une défaite cuisante. Pendant que je poussais mes premiers vagissements, mon père, lui, parti d'une piste de décollage fracassée, s'en allait abattre un avion israélien.
            Ma mère, élevée par des religieuses françaises et catholiques dans un établissement portant le nom de Notre Dame de Sion (!) avait connu l'Alexandrie cosmopolite et souffert du départ forcé de ses amies en 1956. Francophone pratiquante, elle a superbement ignoré l'agression tripartite et a adopté la langue de cette France de son enfance. Elle a toujours voué une haine féroce à ce colonel Nasser qui avait mis son papa à la retraite, nationalisé les biens de familles amies, mis à la porte ses copines juives et son Roi Farouk adoré. Nasser incarnait désormais l'injustice et la nouvelle Egypte qu'elle ne reconnaissait plus.
            Pendant que ma mère me dotait d'un prénom de reine (Nazly, mère de Farouk). le régime de Nasser jetait en prison militaire mon père dans le cadre de l'affaire Abdel Hakim Amer.
On conviendra que ces quelques informations familiales constituaient déjà un héritage bien lourd pour ce bébé né à la veille de la défaite de son pays natal.
            Peut-être est-il utile de mentionner également que mon papa militaire arabophone ne voulait pas d'enfant et que ma maman littéraire , enseignante de langue française et de traduction voulait une fille et c'est pour cela qu'ils se sont quittés avant ma naissance, leur divorce, qui a eu lieu au tribunal, a été observé du haut de mes dix-huit mois.
            Tout ce qui a bercé mon enfance et agressé mon innocence (n'ayons pas peur des rimes) a conditionné mon absence d'appartenance ou mes appartenances multiples.

            A l'aube de mon demi-siècle d'existence laborieuse, j'ai établi un parallèle fort œdipien entre ceux qui présidaient aux destinées de l'Egypte face au peuple égyptien ET mon père face à moi. J'ai longuement réfléchi aux chemins qui ont mené à mon adoption de la langue française et à ces liens qui m'unissaient à la France.
             
            Je me suis interrogée sur la signification de l'appartenance, je me suis interrogée sur ma différence, je me suis interrogée sur ma quête de reconnaissance.

            J'ai frappé aux portes de la psychanalyse, de la religion, de la sociologie, de la langue, de la généalogie, de la médecine, des arts, de la littérature, de l'histoire, de l'informatique...[1]



[1] Voilà donc l'ensemble de cette classification Dewey que j'ai côtoyée pendant 27 ans qui entraîne ma plume et marie dans mon inconscient la connaissance, l'écriture et toutes mes quêtes.

mardi 15 mars 2016

Et crie...écris

Quand je poursuivais la littérature française, son enseignement, ses diplômes et sa Sorbonne...
C'est une histoire familiale
Quand je rangeais des bibliothèques et persécutais les directeurs pour leur apprendre la valeur de ce métier
C'est une histoire de substitut
Quand je vendais la lecture que j'adorais
C'est une histoire d'enfance
Quand j'appartenais à des institutions
C'est tout le hic ! appartenance, à part tenance
Quand j'écrivais pour frapper
C'est une histoire de voie, de voix, de censure
Quand je croyais ce qu'on me disait
C'est une histoire d'abus
Quand je dépensais et me dépensais pour appeler
C'est une histoire de reconnaissance
Quand mes grands chevaux...
Calme-toi
Tout ce qui précède a fait ce que tu es aujourd'hui. Toutes les réparations sont dans cette écoute, ce respect, cette empathie que tu prodigues.
Oublie l'abandon et abandonne le passé.
Oublie les blessures et soulage la souffrance
Quitte tes habitudes et fais le plongeon dans l'inconnu
Coupe tous ces liens qui t'empêchent de voler de tes propres ailes
Utilise les mots pour soulager les maux
Et crie, écris, écrit c'est toujours une histoire de maladie de mal/a/dis "mal à dit"
Tes grands chevaux se portent bien, ils ne sautent plus les barres plus hautes, ils ne sont plus dans la course, ils n'ont plus rien à prouver. Descends de selle et laisse courir, laisse mourir mais ne laisse jamais pourrir !

Des yeux cernés

Quand un enfant cancéreux, qui n'a même pas la force de lever ses pauvres yeux cernés vous dit dans un souffle : "je suis fatigué"...vous relativisez à ce moment les problèmes de la terre entière.

De toutes mes forces j'essaye de convaincre mes patients que leurs problèmes sont uniques, que les sottises du genre "tout le monde a des problèmes", "regarde ceux qui souffrent et tu sauras que tu vas bien" ne doivent pas les atteindre.

Entre les deux, je suis bien obligée de convenir qu'un enfant qui souffre, qui se demande pourquoi moi, qui demande à Dieu de le rappeler à lui vous fait voir le monde sous un autre jour. Evaporés les problèmes politiques, financiers, petits bobos et anciennes blessures....UN ENFANT SOUFFRE !

Ces pauvres petites mains bleuies cachent derrière chaque hématome une souffrance indescriptible et vous êtes là, vous adulte qui dites que la vie est difficile, impuissant, honteux, déchiré.

Comment soulager ce gamin ? Du fonds de cette impuissance vous pensez aux industries pharmaceutiques internationales et multinationales et avez envie de leur souhaiter de vivre cette expérience au lieu de s'enrichir sur le dos des malades (surtout les enfants)

C'est une leçon de vie qui m'a frappée un samedi et qui m'a rappelé la futilité de toutes ces choses qui encombrent notre quotidien.


samedi 2 mai 2015

Allo papa bobo

Elle aurait voulu que tu prennes sa menotte dans la tienne
Elle aurait voulu être comme les autres
Elle aurait voulu ne pas avoir peur de toi
Elle aurait voulu que tu sois son modèle de prince charmant
Elle aurait voulu que tu applaudisses ses succès
Elle aurait voulu que tu t’inquiètes pour sa fièvre
Elle aurait voulu te voir en se réveillant après les opérations
Elle aurait voulu que tu lui fasses passer ses caprices
Elle aurait voulu que tu lui fasses faire un tour d’hélicoptère
Elle aurait voulu se sentir aimée, désirée, protégée
Elle aurait voulu que tu sois fière d’elle
Elle aurait voulu que tu lui payes ses voyages
Elle aurait voulu que tu saches combien elle s’est battue contre l’injustice
Elle aurait voulu ne pas avoir besoin de tous ces « adoptifs »
Elle aurait voulu ne pas se barricader contre le bonheur
Elle aurait voulu être petite et toi grand
Elle aurait voulu que tu reconnaisses son existence
Elle aurait voulu être un chien, un fusil, un bateau…
Elle aurait voulu de ta tolérance envers sa maman
Elle aurait voulu connaître ta générosité, ta protection, tes colères
Elle aurait voulu que tu lui répares sa voiture
Elle aurait voulu attendre sans être déçue, demander sans être humiliée, hurler sans être incomprise, fatiguée sans être fautive…tout le temps fautive…éternellement fautive
Elle aurait voulu que tu l’écoutes
Elle aurait voulu que tu voies sa faiblesse, entende ses pleurs, efface ses larmes
Elle aurait voulu compter, compter pour toi, compter sur toi, compter tes sous
Elle aurait voulu sentir son appartenance et ses racines
Elle aurait voulu que tu pardonnes ses colères et ses frustrations
Elle aurait voulu un papa normal, son héros et non pas UN héros pour les autres et parmi tant d’autres

Ce n’est pas grave…elle a admirablement fait avec ou sans

On lui conseille de tourner la page mais elle préfère jeter le cahier

Une page blanche s’ouvre, les signes noirs de l’écriture apparaissent, la vie en rose se dessine, les bleus de l’âme se soignent, le rire jaune s’estompe, les yeux rouges rient à nouveau,  la lumière est au bout du tunnel.



vendredi 1 mai 2015

Bonne Fête du Travail (sur soi)

1er mai…C’était la fête des Travailleurs et c’est devenu la fête du Travail…

Et la fête du Capital et des Capitalistes ? C’est pour quand ? Et la fête du Chômage et du Patronat réunis c’est pour quand ? Et la fête des Réductions d’effectifs ? Et la fête des Restructurations ? Et la fête des Suppressions de postes et Restrictions Budgétaires ? Et la fête des Multinationales ? Et la fête de la Bourse ? Et la fête des Agences de notation ? Et la fête des Parts de marchés ? Et la fête des Petits et Grands Actionnaires réunis ? Et la fête des Bénéfices ? Et la fête de la Dette des Etats ? Et la fête des Banques ?
Tout ce beau monde mériterait vraiment qu’on le célèbre et trêve de travailleurs, de travail, d’heures supplémentaires, de pénibilité et autres sornettes d’un monde idéaliste révolu !
On espérait leur faire leur fête et c’est nous qui sommes à la fête depuis si longtemps.

Qui nous ? Nous les naïfs, nous les imbéciles, nous les populations que les fins de mois guettent impitoyablement, nous les marionnettes…Ainsi font, font, font, les petites marionnettes, trois petits tours et puis s’en vont, s’en vont pleurer, s’en vont hurler, s’en vont se résigner, s’en vont lutter, s’en vont s’épuiser !
Je revendique mon statut de petite marionnette et je m’en remets aux puissances occultes qui décident du sort des petites marionnettes.
Blasée ? Noooon  Réaliste ? Ouiiiiiiiii
Petits rouages des grosses machines, petites créatures aux yeux bandés, petits soldats sur tous les fronts, petites victimes à la merci des Grands Systèmes, petits ouvriers humiliés, petits employés surchargés, petits esclaves humiliés, petits agents sanctionnés, petites choses harcelées, petits muscles exténués, petits salariés menacés, petits journaliers apeurés, petits chômeurs oubliés, petits retraités ignorés…Je vous salue, je me joins à vous, je me souviens de vous, je vous respecte, je vous admire !
Pour une seule et unique fois la Minorité écrase la Majorité : les Fortunés (une poignée sur le globe) face aux Nécessiteux (une majorité sur terre et sous terre) et des Centaines face à des Milliards (des humains et non des devises),

Quand un 1er mai, les médias en France ne retiennent que les circonvolutions du Front National et les querelles des syndicats devenus inutiles pour un Français sur deux, il y a péril en la demeure et le péril demeure.

Dans ce monde dans lequel les peuples survivent et les puissants s’enrichissent, les malades observent les gains des firmes pharmaceutiques au lieu d’espérer des remèdes, les supporters regardent le ballon au lieu de lorgner sur le salaires des joueurs, les drogués attendent leurs doses au lieu profiter des milliards qu’ils génèrent, les civils périssent sous le feu des armes sans rien demander aux trafiquants qui allument des guerres juteuses, les populations subissent la Dette et l’Austérité sans se demander à qui profite-t-elle ?

Il fut un temps où je me serais révoltée, il fut un temps où je me serais opposée, il fut un temps où j’aurais milité aveuglément, mais la petite marionnette a décidé de « cultiver son jardin »  et de militer pour une seule valeur : l’humanisme, la seule solution dans ce bas monde si matérialiste, si injuste et si dénué d’humanité. Bonne Fête du Travail sur soi !