Ma plume

Ecrire c'est lever toutes les censures (Jean Genet)







Toute ressemblance avec ...








jeudi 1 septembre 2011

La Pieuvre (2006)


Des dangers du tentaculaire…

Pieuvre :Je t’aime beaucoup
Victime 1 : Moi aussi
Pieuvre :Mais toi tu ne m’aimes pas comme je t’aime
Victime 1 : Pourquoi dis-tu ça ? C en’est pas vrail

La victime 1 essaye de se justifier

Pieuvre :Tu ne m’a pas téléphoné
Vicime 2 : Excuse-moi j’étais occupé (e)
(la pieuvre fait la moue)
Victime 2 : Tu es fâché (e)
Pieuvre (boude) : Non
Victime 2 : Ne m’en veux pas je t’en prie
Pieuvre (boude toujours) : D’accord

La victime 2 tentera par tous les moyens de se racheter

Pieuvre :Quelles nouvelles ?
Victime 3 : Bah…
Pieuvre :Comment va machin ? Bidule est revenu ?  Trucmuche est réconcilié avec machinchouette?
Victime 3 : Machin va bien. Bidule revient demain. Trucmuche et machinchouette sont toujours fâchés.
Pieuvre :Pourquoi tu ne m’a pas raconté ?
Victime 3 (sérieusement embêté) : euh…j e n’y ai pas pensé
Pieuvre :et pourtant moi je te raconte tout : la maladie de ma tante, le divorce de ma voisine, les rhumatismes de ma cousine, les problèmes d’argent de l’épicier, l’échec scolaire du fils de mon amie, les dettes de mon beau-frère…Des tas de choses très intéressantes dont tu ne saurais absolument pas te passer
Victime 3 : Euh…(tout bas) mais je ne veux pas savoir moi tout ça
(tout haut ) oui oui bien sûr, la prochaine fois j’essayerai de faire mieux


Pieuvre :J’ai besoin de queues de cerises
Esclave 1 : j’y cours
Pieuvre : j’ai besoin d’une marque de bonbons qu’on ne trouve qu’à 50 kilomètres
Esclave 2 : j’y vole
Pieuvre :j’ai besoin de transporter 3 tonnes de riz à l’étranger
Esclave 3 : D’accord

L’esclave 1 est reconnaissant parce que la pieuvre l’a aidé à ouvrir un compte en banque
L’esclave 2 veut faire plaisir à la pieuvre qui est tellement gentille avec lui
L’esclave 3 ne se pose même pas la question pourquoi devrait-il transporter 3 tonnes de riz ? C’est tellement normal de demander ça…


Pieuvre :Je veux te raconter quelque chose
Victime 4 : oui
Pieuvre : Il est venu à 16 heures, il m’a dit bonjour, je lui ai répondu à 16h il faut dire bonsoir il a rétorqué je suis libre de dire ce que je veux alors moi j’ai trouvé qu’il était mal élevé et je le lui ai fait remarquer il n’était pas content du tout et m’a crié de me mêler de mes affaires
Qu’en penses-tu ?
Victime 4 : Euh…c’est peut-être son affaire de dire bonjour ou bonsoir
Pieuvre : Oui mais quand il s’adresse à moi, « ch’peupa » accepter
Victime 4 : Pourquoi lui dire qu’il est mal élevé
Pieuvre : Parce qu’il l’est, je ne comprends pas pourquoi tu le défends. Tu n’es pas mon ami ? Tu dois toujours dire que j’ai raison et que les autres ont tort. C’est ça l’amitié
Victime 4 : je peux aller faire pipi ?
7 mois, 18 jours et 3 heures après
Pieuvre : tu te souviens du jour où je t’ai demandé s’il fallait dire bonjour ou bonsoir. Tu as aveuglément pris la défense de la personne qui m’a manqué de respect. Tu vois moi je suis très triste parce que si quelqu’un te disait bonsoir au lieu de te dire bonjour moi je n’aurais pas peur de lui dire la vérité. Mais toi… c’est décevant, je suis déçue, terriblement déçue

Et la victime 4 passera le restant de ses jours à s’excuser de cette déception, à culpabiliser à se mordre les doigts alors qu’elle n’a rien à faire dans l’histoire.


Pieuvre : (d’une voix basse et d’un ton conspirateur) Viens, j’ai un truc à te dire…
Victime 5 : oui
Pieuvre : les pantalons bleus ne sont plus à la mode. Tu fais plouc !
Victime 5 : Euh…je l’aime bien pourtant ce pantalon
Pieuvre : tu es mon amie et je veux ton bien, moi à la limite je le trouve très bien mais c’est les autres…
Victime 5 : Les autres ?
Pieuvre : (avec une moue dégoûtée) Eh oui tout le monde en parle..
Victime 5 : Ah bon ? tout le monde ? qui par exemple ?
Pieuvre : ah non ça « ch’peupa » te dire, tu sais je n’aime pas semer la zizanie. Par contre pour ton bien, je te conseille de ne plus mettre ce pantalon bleu, d’ailleurs….
Victime 5 : quoi
Pieuvre : Non non rien
Victime 5 : Mais si mais si dis-moi !
Pieuvre 5 : Non après tu risques de dire que je me mêle de ce qui ne me regarde pas
Victime 5 : mais puisque je te dis ! vas-y
Pieuvre : les pantalons de manière générale ne te vont pas du tout. Il te faut faire un régime. Enfin moi je dis ça parce que je ne veux pas que tu aies l’air moche !
Victime 5 : Merci

Et la victime 5 n’osera jamais dire à la pieuvre qu’elle ne s’est pas regardée dans un miroir et qu’il y aurait un roman-fleuve à écrire sur sa tenue…mais bon ! Harcèlement quand tu nous tiens !

Pieuvre : Bonjour ma chérie, tu vas bien ? et ta maman , et ton papa ? et tes voisins. Si tu as le temps, viens papoter avec moi.
Victime 6 (pressée) :d’accord, je finis un truc et j’arrive
Pieuvre : attends, juste une seconde… ton t-shirt est très bien tu l’as acheté où
Victime 6 : euh..dans une boutique, je ne sais plus où..
Pieuvre : oh la la c’est dommage, j’en voudrais bien un
Victime 6 : je finis un truc et j’arrive
Pieuvre : d’accord , d’accord
La victime 6 oublie l’affaire, rentre chez elle et il se passe quelques jours avant qu’elle ne remette le T-Shirt en question et tombe sur la pieuvre
Pieuvre : Ah …c’est le fameux T-shirt, tu ne peux vraiment m’expliquer où c’est ?
Victime 6 : Tu vois c’est la rue qui part en perpendiculaire….
Pieuvre : ah non je pourrai jamais y aller toute seule. Si tu m’avais dit plus tôt
Victime 6 : je ne me souvenais vraiment pas
Pieuvre : Et je ne peux pas te donner l’argent et toi tu me l’achètes ?
Victime 6 (assommée par la culpabilité) oui oui bien sûr. Je te l’achète et tu me rembourseras
Victime 6 sait que si elle prend l’argent elle aura droit à trois fois par jour : et le T-shirt, enfin , prends ton temps, rien ne presse, ….
Victime 6 achète le T-shirt, ne veut pas être remboursée et ne veut plus en entendre parler. Elle a même jeté par la fenêtre son propre T-Shirt

Pieuvre : Mon coiffeur est en voyage
Victime 7 : Ah ?!
Pieuvre : il rentre jeudi
Victime 7 : Ah ?!
Pieuvre : Tu l’appelleras ?
Victime 7 : Moi ?!
Pieuvre : Oui ça lui ferait plaisir
Vendredi
Pieuvre : mon coiffeur est rentré.
Victime 7 : ah ? !
Pieuvre : Tu ne l’as pas appelé ?
Victime 7 : Non
Pieuvre : Tu vas le faire ?
Victime 7 : Oui oui bien sûr
Un mois après
Pieuvre : mon coiffeur repart en voyage
Victime 7 : Ah ?!
Pieuvre : Tu vas lui faire tes adieux ?
Victime 7 : Moi ? Euh…Pourquoi pas ?
Pieuvre : Ca lui ferait plaisir. Il ne t’oublie jamais tu sais…Il a toujours une petite pensée pour toi
Victime 7 (prend son courage à deux mains et à voix basse) Oui mais moi je ne le lui ai rien demandé…
Pieuvre : Enfin tu fais ce que tu veux, moi je trouve que c’est ingrat de ne pas reconnaître la générosité de mon coiffeur qui propose toujours son aide qu’on la lui demande ou pas
Victime 7 : Ne te fâche pas, ce n’est pas ce que j’ai voulu dire…

El la victime 7 n’osera jamais dire qu’elle s’en fiche du coiffeur, de ses cadeaux et de ses services, qu’elle le trouve ridicule et qu’elle a mieux à faire !

Pieuvre :Je m’ennuie
Victimes : C’est contrariant
Pieuvre : je m’emmerde
Victimes : Pourquoi ?
Pieuvre :Je m’embête comme un rat mort
Victimes : Ah bon
Pieuvre :J’éprouve de la morosité
Victimes : Quel dommage
Pieuvre :J’ai le cafard
Victimes : Comme c’est regrettable
Pieuvre : Je souffre de monotonie, de spleen, d’abattement, de platitude….
Victimes : BON – IL VA FALLOIR QU’ON FASSE QUELQE CHOSE A LA FIN !!!!QUE PEUT-ON FAIIIIIIIIRE ?

Pieuvre (ravie) : Tenez-moi compagnie
…………..
Pieuvre :Venez me rendre visite
…………….
Pieuvre :donnez-moi satisfaction
……………….
Pieuvre :Occupez-vous de moi
………………. 
Pieuvre :Amenez-moi du divertissement
……………….

Quelques minutes dans la tête de la pieuvre

Pieuvre : je suis terriblement blessée et je ne veux plus lui parler
…………………………………….
Pieuvre : après tout ce que j’ai fait
…………………………………..
Pieuvre : tu ne peux pas lui parler ?
……………………………………………
Pieuvre : Ce serait très important qu’on se réconcilie
…………………………………………..
Pieuvre : C’est dommage après de si bons moments
…………………………………………. 
Pieuvre : Personne ne veut leur dire que c’est eux qui ont tort et jamais moi
…………………………………………. 
Pieuvre : On ne peut pas rester fâché avec moi, on se réconcilie toujours avec moi qu’on le veuille ou pas. Les plus récalcitrants sont tombés. Ils ne peuvent pas y échapper. Je suis tellement gentille, je les aime tellement qu’ils sont obligés à un moment ou à un autre de céder. Et de toute façon il y aura toujours des nouveaux qui rentreront dans le jeu, qui accepteront ma tyrannie, qui auront peur de me déplaire et que je contrôlerai à loisir…jusqu’à ce qu’ils en aient marre, qu’ils explosent, qu’ils refusent, que je les ramène à l’aide d’une de mes tentacules (voir le schéma)

Comment je fais pour faire des histoires ? C’est simple, j’ai tout mon temps. Je prends un détail, j’en parle à 36 personnes. 36 échos différents me reviennent. Je les mélange, je les étudie, je les développe et je les re-communique aux 36personnes. Certains sont d’accord, d’autres pas. Je récolte les pour et les contre et je monte ceux-ci contre ceux-là. Ils ont évidemment oublié le problème du départ et ils discutent maintenant tous les détails  que j’ai réussi à mettre en avant.


Pieuvre :toi tu….alors que moi je…. , vous vous………pendant que moi je ….., tu te………….contrairement à moi qui ………………et je te reproche, et je te blâme et je te réprimande et je t’engueule et je t’enguirlande et je te critique, et je te fais remarquer et je te désapprouve et je t’accuse………..

ET TOUT CA
parce que je t’aime et je voudrais que tu m’aimes comme je t’aime et je voudrais que tu sois sympa avec moi comme je suis sympa avec toi.
Tu sais, je t’offre des cadeaux, je t’offre des bonbons, je t’offre mon affection, je t’offre mon amitié

ET GARE A TOI
 si tu n’apprécies pas tout ça, si tu ne m’es pas fidèle à vie, si tu n’accours pas quand j’ai besoin de toi,

MOI
qui suis si sympa, moi qui suis si généreuse, si compatissante, si serviable, si secourable, si dévouée

TU TE SOUVIENS : je t’ai prêté de l’argent, je t’ai offert des cadeaux,, je t’ai aidé quand tu étais dans la merde, je t’ai soutenu quand tu en avais besoin, je t’ai donné mon amitié

ET DONC
Tu me dois tout, tout le temps toujours, tout ce que je veux TOUT,

et je te bouffe et je t’étouffe, et je t’asphyxie et je t’aspire……………..



Et tout ça donne ce qu’on subit mais qu’on n’appelle pas encore « chantage affectif » et « manipulation »

Des questions se sont naturellement posées au narrateur :

?        Pourquoi tout le monde accepte-t-il de cette personne tout ce qu’il n’accepterait de personne d’autre ?
?        Pourquoi tout le monde rentre dans le jeu de : il faut que je l’appelle, oh zut j’ai oublié de l’appeler ?
?        Pourquoi tout le monde préfèrerait se couper une jambe au lieu de faire des histoires avec elle
?        Pourquoi personne n’a le courage de lui dire en face que ce n’est qu’une personne comme les autres et qu’il faudrait qu’elle arrête d’exiger tout de tout le monde et d’exiger d’avoir un statut privilégié chez tout le monde
?        Pourquoi la personne se donne le droit de critiquer, d’exiger, de demander, de reprocher ?
?        Pourquoi toutes les personnes qui se font un devoir de l’amuser et lui tenir compagnie (et qui sont sérieusement emmerdés) ne lui disent-elles pas clairement que ce n’est pas un devoir et qu’on ne saurait leur reprocher d’y manquer
?        Pourquoi personne n’ose dire à la personne qu’elle est ridicule d’imposer à son entourage des devoirs sociaux, familiaux, amicaux, professionnels…
?        Pourquoi l’entourage ne détecte pas les signaux du chantage : je vais me fâcher, je suis malade, je suis seule, je t’aime, tu ne m’aimes pas comme je t’aime ?
?        Pourquoi accepter d’une seule personne qu’elle fasse des reproches toute la journée, toute la semaine, toute l’année

Et comme il n’y aura jamais de réponses, des recherches sur Internet ont été très fructueuses pour la compréhension de ce phénomène qui a le don d’empoisonner l’existence.

Le chantage affectif
Le chantage affectif est une manœuvre destinée à profiter des faiblesses ou de la sensibilité de quelqu'un pour parvenir à des fins personnelles. Cela consiste habituellement à inspirer à cette personne un sentiment de culpabilité ou de responsabilité morale.
Le chantage affectif est le plus souvent conscient, mais peut parfois être tout à fait inconscient. Il peut provenir de la jalousie, de la dépendance excessive, ou du désir d'obtenir du partenaire plus d'attention et d'affection, ou même de modifier d'une manière ou d'une autre le comportement de celui-ci.
Il peut arriver que l'utilisation du chantage affectif soit fréquente et qu'elle empêche ensuite toute discussion honnête et franche.

« Le “donneur” maintient le “receveur” dans une position de débiteur. Le marché implicite est le suivant : puisque je t’ai donné ceci, j’ai le droit d’exiger en retour cela. Le problème est que le donneur choisit quand et comment le receveur doit lui rendre la monnaie de sa pièce»,

Pourquoi est-il si difficile pour la personne manipulée de réagir sainement ?
 « Parce que le manipulateur utilise des croyances familiales et sociales afin d’induire chez sa victime un lourd sentiment de faute morale », 

« La culpabilité qu’instille le maître chanteur dans l’esprit de ses victimes mine l’image positive d’elles-mêmes que celles-ci cherchent à construire »,

Abandon, égoïsme, injustice, trahison sont les points sensibles sur lesquels le manipulateur appuie dans l’intention de faire mal. Il procède souvent par insinuation. Il n’exprime jamais une demande claire et vous réduit à l’impuissance.

Pour ne pas tomber dans le piège :
Mettez-vous au clair avec vous-même
Faites un examen de conscience. Repérez les croyances sur vous-même qui vous viennent spontanément à l’esprit : je suis égoïste, ingrat, je ne suis jamais à la hauteur, je ne vaux rien…
Cessez ensuite de vous focaliser sur la situation et essayez de changer d’angle de vue pour dresser un constat objectif sur vous-même : « Est-il vrai que je suis égoïste ? Voilà tout ce que j’ai fait pour elle depuis trois ans… » ; « Est-il vrai que je ne suis pas à la hauteur ? Voilà les éléments que je peux mettre à mon actif… »

Car le manipulateur se sert d’un seul acte de la personne pour la juger dans sa globalité.

Faites alors le tri de ce qui relève ou non de votre responsabilité : « Est-ce que son problème existe indépendamment de moi ou en suis-je vraiment à l’origine ? » En effet, le propre du manipulateur est de brouiller les frontières en faisant passer ses besoins avant les vôtres. « Jusqu’où puis-je répondre à sa demande tout en me respectant ? » Une fois que vous aurez évalué vos limites, vous pourrez prendre une décision claire. Deux stratégies s’offrent alors à vous : la contre-manipulation ou la confrontation.

Apprenez à contre-manipuler
Pour ne pas donner prise au manipulateur, ne cherchez surtout pas à vous justifier, car cela ne ferait que vous fragiliser encore plus. Au contraire,  simulez l’indifférence
– même si vous êtes horriblement tiraillé(e) à l’intérieur ! –, et renvoyez-le à ses propres croyances à l’aide de quelques phrases types énoncées calmement :
« J’ai la conscience tranquille. »
« Tout le monde ne pense pas comme toi. »
« C’est ton opinion. »
« Je ne suis pas de cet avis. »
« Chacun ses goûts. »
« Eh oui, je ne fais rien comme tout le monde ! »

Le but : se protéger en ne réagissant pas aux provocations de votre interlocuteur.

Osez la confrontation
C’est la seconde stratégie possible. Ici, il s’agit de renvoyer l’autre à son besoin, donc à sa responsabilité. Plus impliquante, la confrontation risque de vous amener à vous positionner sur la nature du lien que vous souhaitez entretenir avec celui ou celle qui vous manipule.

 « Tout reproche exprime une demande indirecte »,

Refuser la manipulation, c’est accepter de passer pour une « mauvaise fille », un « mari égoïste », un « collègue difficile ». Donc renoncer à une image idéale de soi. Vous y parviendrez en prenant conscience de votre valeur. Et cela se travaille. Vous deviendrez peut-être moins « aimable » aux yeux du manipulateur, mais, en vous libérant de ce regard extérieur, vous gagnerez un bien précieux : votre liberté

"Le plus souvent le chantage joue sur le sentiment de culpabilité. Certaines personnes y sont particulièrement sensibles. Elles se remettent constamment en question, ont peur de se montrer 'égoïstes'… et se laissent mener par le bout du cœur." Car ce dont on a peur, fondamentalement, c’est de perdre l’amour de l’autre. Et c’est bien ce qui lui donne sur nous un tel pouvoir.

Paradoxalement, le chantage affectif part parfois d’un bon sentiment. Certains redoutent tellement de recourir à la domination brutale qu’ils essaient d’amener l’autre à se conformer à leurs desiderata par ce biais détourné. En évitant de donner un ordre, on s’épargne le conflit direct.

La frontière peut sembler subtile entre exprimer un désir et exercer une pression coupable. En fait, tout est dans l’intention et le contexte. Ou les relations sont équilibrées, ou c’est toujours le même qui impose ses désirs. "Si l’un de nos proches - amie, mari, enfant - commence à devenir tyrannique, c’est un signal d’alarme"

Lorsqu’un enfant se montre trop capricieux, nous sollicite en permanence, sans doute est-on allé trop loin. "Il existe une différence fondamentale entre un enfant qui exprime clairement un désir, et celui, nerveux, bougon, dont les demandes réitérées ne font que traduire un malaise,

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