Ma plume

Ecrire c'est lever toutes les censures (Jean Genet)







Toute ressemblance avec ...








samedi 4 janvier 2014

Dieudonné, Sharon et moi

Dieudonné, Sharon et moi

Dix ans après, j’ai encore envie de parler de mon accusation mensongère d’antisémitisme. A l’époque, je ne m’occupais pas beaucoup de politique, je pensais que les complots étaient réservés aux célébrités, je ne savais pas que la syndicaliste virulente, que j’étais, offrait aux tyrans un aspect redoutable.
Je me souviens encore du sérieux traumatisme qui faisait que je ne pouvais pas entendre parler d’Israël sans sursauter, que je me faisais un sang d’encre pour ce « pauvre » Dieudonné accusé d’antisémitisme (humoriste que j’appréciais, complice d’Elie Semoun), que quand j’ai lu l’ouvrage de Pascal Boniface « Est-il permis de critiquer Israël ? » je redoutais le pire pour l’auteur…
Pourquoi tout cela ? Eh bien parce que j’avais osé critiquer un général israélien (Sharon) et parler du désespoir de kamikazes palestiniens…moi égyptienne travaillant pour le gouvernement français je me devais de jouer le jeu de la nation qui avait livré ses propres juifs à Hitler
En ce début de 2014, Ariel Sharon, après 8 ans de coma,

fait reparler de lui et je me souviens…je me souviens

Qu’en 2004 Sharon avait été la cause indirecte d’une grande injustice ma mise à pied

Qu’en 2004, Dieudonné avait présenté ses excuses


Qu’en 2004 ; pour me défendre, j’avais montré combien j’étais le contraire d’une antisémite mais en fait ils étaient tous anti-syndicalistes
Et depuis,  j’avais appris qu’en France, on ne pouvait pas critiquer Israël...qu’en France on n’appliquait pas les valeurs qu’on prônait (enfin pas toujours) et qu’on taxait les défenseurs de la cause juive et de la Shoah d’antisémite…


Ariel Sharon a eu l’élégance de disparaître de la scène pour que je ne sursaute pas. Aujourd’hui on peut sereinement lire :

« Ariel Sharon a inspiré avec la même passion haine et fascination. Il a défiguré la Palestine, ruiné le peuple palestinien, fait chuter l’économie et aggravé les problèmes sociaux en Israël. Il a été accusé et même poursuivi plusieurs fois et jusqu’à la veille de son accident cérébral pour malversations  financières, crimes de guerre, poursuivi à ce titre et toujours menacé de l’être. »

Attaque cérébrale du 4 janvier 2006



Dieudonné a dépassé depuis la ligne rouge mais s’il n’avait pas subi de lynchage public il y a dix ans l’aurait-il dépassée ?
Toujours est-il qu’il a le Ministre de l’Intérieur aux trousses, qu’on a ouvert une enquête contre lui à Paris et à Chartres

Et moi…
Moi je tente de reprendre vaillamment ma plume en 2014. Tous les mois de cette année noire de 2004 ont laissé une cicatrice et tous les mois dix ans après il y aura un texte de nettoyage de blessure mal cicatrisée.




mercredi 25 décembre 2013

Je veux écrire des textes

Je veux écrire des textes

-        Je veux écrire des textes.
·        Ah non tu ne vas pas recommencer !
-        Mais si ! Mais si ! J’ai envie de recommencer !
·        Tu vas encore t’attirer des ennuis !
-        Mais non ! Cette fois-ci je ne travaille pas pour un Ministère étrange ! Je ne travaille pas sous les ordres d’une imbécile ! Je ne m’oppose pas à un consul pédophile ! La pieuvre est en France ! Je ne suis plus syndicaliste ! J’ai découvert que mon papa pouvait être un héros national et un père raté ! Moubarak n’est plus là ! Sharon a disparu ! Tu vois ? tout va bien !
·        Et alors tu vas faire des textes sur qui ?
-        Ouh là je n’ai que l’embarras du choix…Je voudrais faire un texte sur ce personnage d’une tonne cinquante qui se prend pour ce qu’elle n’est pas, qui se gargarise de sa méchanceté, qui enseigne avec l’adresse d’un éléphant dans un magasin de porcelaine, qui oublie de se regarder dans un miroir, qui ose tous les 26 ans m’emmerder
·        Hum ! Je vois les ennuis en technicolor. Et qui d’autre ?
-        Ce personnage d’un mètre cinquante qui mériterait de figurer dans un manuel de psychologie au chapitre Narcissisme. Elle sait tout, on lui doit tout, elle est mieux que tout le monde
·        Hum ! Ensuite ?
-        Cette folle de plus de cinquante ans
·        Tu as un problème avec ce chiffre apparemment
-        Cette folle donc de presque 60 ans qui s’amuse follement à faire le mal autour d’elle depuis que je l’ai connue. Qui pratique le sadisme comme on pratique le tennis et qui apprendrait l’hypocrisie à Judas !
·        Euh… Je pensais qu’avec l’âge tu t’assagirais mais je vois que ce n’est pas le cas. Et tu en as beaucoup comme ça
-        Pas mal oui mais j’ai aussi d’autres sujets
·        Je redoute le pire
-        Les barbus par exemple
·        Non là tu exagères, tu vas te retrouver avec un poignard dans le dos
-        Bon pas les barbus, la notion de patriotisme alors
·        C’est à voir. En ce moment on ne sait plus ce que ça voudrait dire. Et la notion d’Etat ? Tu y as pensé ?
-        Possible
·        J’ai aussi des opinions sur les bibliothèques et leur gestion
-        Ciel ! Tu ne vas pas reprendre ce refrain là …
·        Eh bien si justement ! Le plus amusant pour moi serait – comme ce fameux texte où ma directrice s’est reconnue sans qu’il y ait une seule mention de lieu, de temps, de sexe ou de référence à un épisode réel – que les lecteurs éventuels reconnaissent mes « cibles » sans que j’aie à dévoiler leurs véritable identité, un peu comme le « poète crotté » qui sévissait au dix-septième siècle et qu’on redoutait comme la peste
-        Je t’aurais prévenue ! Tu trouveras 36 personnes qui te conseilleront de ne pas te faire d’ennemis
·        Même si j’en trouve 72, je continue à dire que je ne  me fais pas d’ennemis. Je m’amuse avec ma plume, je veux faire comme Voltaire…
L'autre jour, au fond d'un vallon,
Un serpent piqua Jean Fréron.
Que pensez-vous qu'il arriva ?
Ce fut le serpent qui creva.
-        Mais il avait plein d’ennemis Voltaire !
·        Mais quelques siècles après…de qui se souvient-on ?
-        Quel aplomb !
·        Et oui « on se refait pas surtout si on est réussi » comme dirait mon cher San Antonio !


samedi 30 novembre 2013

30 novembre 2003-2013

Un 30 novembre, il y a dix ans…
Un syndicat qui se porte bien, une idéaliste qui a envie de refaire le monde, quelques bonnes volontés et beaucoup d’incompétence, de malhonnêteté, de mensonge et de noirceur.

-        Venez tout de suite me voir
·        J’ai une réunion à 9h30
-        Laissez la réunion et venez

Je ne savais pas encore que je laissais avec la réunion tout espoir de travailler « normalement » avec des « malades ».
La grande spirale destructrice avait été enclenchée et n’allait jamais s’arrêter jusqu’à mon départ sept ans après.
Je l’ai certes provoquée, en faisant peur, en disant les choses, en dérangeant, en critiquant…
A ma décharge je dirais que j’ai toujours voulu bien faire mais que les bonnes intentions ne pèsent pas lourd face à ceux qui se sentent inférieurs alors qu’ils sont en position de supériorité.
       Le problème, c’est que mon habituel conflit avec l’autorité fait que je suis impitoyable avec les médiocres et que je n’oublie jamais de leur rappeler qu’ils le sont ! Et voyez-vous, ils n’aiment pas beaucoup cela. Aujourd’hui, je les comprends un peu mais bon ils n’avaient qu’à ne pas être médiocres !
En psychologie quand un scénario se répète dans une vie, il faut chercher la raison chez la personne même qui provoque ce scénario répétitif. J’ai cherché la raison et je l’ai trouvée mais n’empêche qu’en fêtant les dix ans de ma rencontre avec moi-même je pense sérieusement peindre la médiocrité, l’injustice et ma lutte contre les deux à la faculté, au Centre, à la Bibliotheca. Il en sortira probablement des portraits au vitriol mais ne l’ont-ils pas un peu cherché, tous ? Aujourd’hui, je n’écris pas pour être lue, je n’écris pas pour trouver un exutoire à ma colère, je n’écris pas pour me moquer, j’écris pour retrouver un plaisir dont on m’a privée, il y a dix ans.


dimanche 24 novembre 2013

CHAOS - K.O.

J’adore le dictionnaire des synonymes depuis longtemps, c’est ce dictionnaire (et un peu le thesaurus Larousse) qui ne laisse aucun doute sur la richesse de cette langue que j’ai adoptée très tôt et qui m’a nourrie.
Le terme de chaos s’impose à moi depuis 3 ans ! Hier je demande à une amie de m’aider à trouver un terme plus atténué et elle me souffle « anarchie » ! J’exulte, puisque anarchie voudrait dire « L’anarchie (du grec ἀναρχία / anarkhia, composé de an, préfixe privatif : absence de, et arkhê, hiérarchie, commandement ou « primauté ») désigne la situation d’une société où il n'existe pas de chef, pas d'autorité unique, autrement dit où chaque sujet ne peut prétendre à un pouvoir sur l'autre. Il peut exister une organisation, un pouvoir politique ou même plusieurs, mais pas de domination unique ayant un caractère coercitif. L’anarchie peut, étymologiquement, également être expliquée comme le refus de tout principe premier, de toute cause première, et comme revendication de la multiplicité face à l’unicité. » Merci Wikipedia ! C’est ça donc que je ressens ? En bon français ce serait « bawaba sans bawab ».

Allons plus loin… MAJ et F7 et 47 perles s’étalent sur ma page Word :
bouleversement – désordre – renversement – révolution – changement – chamboulement – chambardement – embrouillement – éparpillement – désorganisation – dispersion - perturbation – confusion - branle-bas – cataclysme – catastrophe - subversion – dérangement – pagaille -  débandade – dérangement -  incohérence – désunion – cohue – fatras – fouillis – tohu-bohu – remue-ménage – méli-mélo – capharnaüm -  gâchis  - gabegie – ravage – scandale – tumulte – bagarre – rixe – émeute – agitation – turbulence – dérèglement – dissolution –
Et par extension : trouble – secousse – choc – émotion – désarroi  

Dieu que cette langue est belle…Elle arriverait presque à me réconcilier ce matin (avec le foul de Wa7et Omar) avec le désarroi (dernier mot de la liste) qui me submerge depuis quelque temps et qui a atteint son paroxysme jeudi dernier à la mort de mon idéal…

Je me dis depuis longtemps que c’est sûrement par un texte que je pourrais exprimer le mieux cette désolation profonde de voir mon pays sombrer lentement mais sûrement.

Je me suis beaucoup interrogée sur la signification du patriotisme, du nationalisme, de l’appartenance, de l’identité nationale, de la terre des ancêtres, du lieu de naissance, de l’adresse géographique, de la maison, du domicile familial, de l’adresse de correspondance, des racines….et je n’ai encore aucune réponse…Je veux ma réponse, pas celle des sociologues, des historiens, des psychanalystes et encore moins des politiques. Je suis à la recherche de ma vérité indépendamment de toute l’encre que d’autres ont fait couler, de la salive que d’autres ont dépensée.

Je me suis fixée une contrainte, celle de faire un texte avec ces mots…de faire un tableau de l’Egypte de 2013 avec ces mots sombres…Où ce texte me mènera-t-il ? Bah ! Au point où on est ….(épisode 1 à suivre)

jeudi 15 août 2013

اخرس خالص

مرة واحد سلمي ما بيحبش اللون البني و مقتنع أن الدنيا كلها لازم يبقي لونها أخضر قرر انه يدهن كل حاجة بالأخضر.
ابتدأ بشقته و دخل علي سلم العمارة معاه الفرشاة و سكينة معجون. سكان العمارة اللي بيحبوا اللون الأخضر شكروه و سكان العمارة اللي ما بيحبوش اللون الأخضر اعترضوا, لما اعترضوا قام صاحبنا ده قال طب احنا نسأل الشقق كلها و راح سايب تحت كل باب شقة رسالة لو العمارة ماتدهنتش كلها أخضر أنا حاولع فيها. أولياء الأمور و الأطفال و الدكاترة قالوا نستحمل الأخضر و لا العمارة تولع ؟ لأ الأخضر ممكن يمشي و اهو برضه نظافة.
أما عن البواب و الراجل بتاع الأمن فدول موضوع تاني خالص . مسيطرين علي الدور الأرضي و ماحدش يقدر يكلمهم. الساكن اللي يعمل دوشة يخريبوا بيته و اللي يستعمل الأسانسير في النقل يعاقبوه و اللي يشتكي من الزبالة يهزأوه بس اهو أديهم مش سايبين الحرامية يدخلوا و بيجيبوا العيش و الجرنال و خلافه.
قام صاحبنا و أسرته (كل واحد بفرشة و سكينة معجون) نازلين بويا خضرة في العمارة كلها, طب تمام. أغلبية السكان كانوا موافقين بدا الحريقة.
قام صاحبنا قرر أنه في المرحلة اللي وراها يدخل شقق السكان يدهنها أخضر. رن الجرس . طلع الفرشاة. بيتكلم بأدب. جايب معاه هدية لكل سكان الشقة . في ناس وافقت و في ناس اعترضت, الناس اللي وافقت نو بروبليم الناس اللي اعترضت كانت ليليتهم سودة. اختفت الفرشاة و طلعت سكينة المعجون. أنا يا ساكن يا حقير ياللي ما بتحبش اللون الأخضر واخد موافقة أغلبية السكان و داخل عليك بالبوية و الفرشاة . عايز ايه بقي ؟ استني النتيجة, الساكن برضه معترض (قليل الأدب)
مرة نازل رايح شغله استناه الجدع صاحبنا و بسكينة المعجون راح ضاربه في ودنه معوره و الساكن معاه شوية ورق معهوش حاجة حادة.
صوت الساكن و نادي البواب. طلع البواب يكلم صاحبنا خدله سكينة معجون,
نادي الساكن بتاع الأمن لقاه بيقولوا أنا مش فاضي . فاكر لما كنت معترض علي الأمن طالما في بواب ؟
لحد كده تمام ؟
يعمل ايه بقي الساكن ؟ دور علي السكان التانيين اللي ممكن يقفوا معاه و اتلموا علي بعض وراحوا القسم يقدموا بلاغ. القسم بعت حد يشوف ايه موضوع سكينة المعجون اللي بيتضرب بيها سكان العمارة و البواب و أي حد بيعترض و لا ما بيحبش اللون الأخضر !
و بس و عينكو ما تشوف الا النور ! الجيران و الشارع و العمارات التانية نزلوا شتيمة في السكان اللي راحوا القسم: ده برضه جارك و ده ماسك فرشاة دهان و معملكش أي حاجة . اتكلم معاه
يا عم لما بتكلم معاه بيقولي خلاص خليك شقتك مش خضرة و بعدين يرجع بالليل يهاجمني
لأ برضه اتكلم معاه
يا عم أنا ما ينفعش اواجه و هو معاه سكينة معجون
لأ برضه اتكلم معاه
حاول الجدع بتاع القسم يتدخل راح صاحبنا ناططله كام سلمة و فتح في الصويت : القسم عايز يموتنييي اه يا رجليييي . أنا اتبهدلت !
الشارع بقي و الجيران راحوا طبعا واخدين صفه ماهو اللي ايده في المياه مش زي اللي ايده في النار
و نزلوا شتيمة في السكان المعترضين و في الجدع بتاع القسم اللي عايز يمسك أمن العمارة و قرروا يساندوا اللون الأخضر حتي لو هما في شققهم لا يمكن يقبلوا بالفرشة و لا الأخضر و طبعا و لا سكينة المعجون.
و طلع صاحبنا غلبان و واقع علي السلم و الناس بتهاجموا
و طلعوا السكان المعترضين اللي طلبوا النجدة ولاد ستين في سبعين و اللي اتضرب بسكينة معجون ضلالي و عايز ضرب القباقيب

ما المراد اثباته ؟

لما حد يفرض عليك حاجة انت مش عايزها و لا يكذب عليك و لا يلبسك مصيبة و لا حتي يعورك  تخرس خالص و تمشيها سلمي و اوعي تجيب حد من القسم و لا تشتكيه و لا تحمي نفسك ألا يولع في العمارة ( و برضه ولع فيها) الشارع مافتحش بقه و قرر ان السكان كده و لا كده غلطانين. 

jeudi 11 avril 2013

Il ne faut pas vendre la peau de l’ours avant de l’avoir tué…


 
C’était un 11 avril 1982 la finale des Jeux Interscolaires. Bahira, Yvette et moi avions été sélectionnées pour représenter notre école au Concours Interscolaire organisé par Le Centre Culturel français : culture générale. Toutes les trois avions un bon niveau en français et avions commencé à nous préparer pour affronter les candidates d’une excellente école. Les dictionnaires et encyclopédies de la famille de Bahira ont beaucoup fait pour l’honneur de la francophonie à Alexandrie. Indépendamment du plaisir que nous avons pris à nous préparer, nous avions vraiment travaillé dur. Cela nous avait beaucoup rapprochées toutes les trois.

Arrive le premier jour J. Nous sommes chez nous : Une des premières consignes était de compléter le proverbe qui sert de titre à ce texte.

Nous avons fait fort ! Et nous avons gagné ! Si la directrice de notre école était arabophone, c’est dire si nous avions un mérite personnel pour ce succès.

Deuxième jour J. Nous devions affronter l’unique ’école francophone de garçons de la ville. Devant un public qui nous montrait les dents, les trois petits soldats que nous étions, soutenues par quelques supporters, devions nous mesurer aux MEILLEURS. Leur responsable un Frère de nationalité française leur apportait le soutien que ne nous apportait pas notre école…Aussi avons-nous du nous défendre vaillamment contre un début d’injustice. Et voilà-t-il pas que nous remportons cette deuxième manche ! Déjà à ce stade, il fallait nous porter en triomphe nous avions battu les imbattables.

Troisième jour J. La finale sur la scène de spectacles du Centre Culturel Français. Les deux prières manches nous étions placées à droite, là nous étions à gauche. Superstitieuse, je vois un signe. Ca se passait très bien et boum ! Une opération mathématique finale qui nécessitait des compétences en maths modernes nous a filé sous le nez et nous avons perdu ! Il y avait un voyage en France à la clé et nous sommes reparties bredouille.

Nous étions quand même fières et trente ans j’appelle Bahira pour en parler.

Pour la petite histoire, rentrée à la maison ma mère m’a passé un de ces savons dont elle a la spécialité qui m’a enlevé à tout jamais le goût de perdre. J’ai passé des années à briguer ces victoires imposées mais j’ai compris au fil des claques qu’il fallait savoir perdre et que ce sont les défaites encore plus que les victoires qui « humanisent » les anciens enfants auxquels on mettait la barre trop haut.

Ne demandez jamais trop à vos enfants !

jeudi 4 avril 2013

Jérôme Cahuzac


Ceux qui ne suivent pas l’actualité française d’avril 2013 ne comprendront sûrement pas ce texte.

Jérôme Cahuzac , Ministre du Budget, dans le gouvernement Hérault, a ouvert un compte en Suisse en 1992.

Le site Mediapart a révélé la chose. En décembre, j’ai entendu Jérôme Cahuzac parler à l’Assemblée Nationale et nier l’existence de comptes à l’étranger : c’était un homme qui avait peur et qui, comme un enfant, disait ce n’est pas moi.

Il m’a fait de la peine, nous avons tous connu le mensonge pour des raisons X, Y ou Z. Je ne fais pas partie de ceux qui jugent pour sanctionner. Je suis un être humain sensible à la l’injustice comme à l’honnêteté, qui voit un autre être humain avec ses faiblesses dans un monde où la justice est, pour le moins qu’on puisse dire, inexistante.

3 mois après la découverte de Médiapart, Jérôme Cahuzac passe aux aveux. Les médias s’en emparent ! Tous les problèmes du gouvernement de gauche deviennent imputables à cette erreur humaine ! Tout le monde s’empresse de condamner le mensonge, l’ouverture de ce compte en Suisse pour un ministre du Budget, tout le monde sans exception en France, y va de son analyse, de son grain de sel, de son détournement, de ses angoisses personnelles, …bref !

Dans la cohue, j’ai entendu Benjamin Lefèvre, son ami de 20 ans, et j’ai eu les larmes aux yeux. Cahuzac s’est construit dans l’adversité, Jérôme voulait être reconnu, Jérôme était un roc extérieurement et fragile intérieurement. Nul doute, je me suis identifiée ! Nous avons tous besoin d’une bonne thérapie pour excuser les faiblesses des autres sans s’ériger en juge impitoyable. Les circonstances atténuantes existent, c’est ma conception de la justice.

Suis-je en  train de dire que j’excuse la corruption ? Je suis simplement en train de dire : BALAYEZ TOUS DEVANT VOTRE PORTE avant de pousser un être humain au rejet universel et au suicide !

Le président de la République n’a jamais connu le mensonge ? Le Premier Ministre n’a jamais menti ? Les députés ont-ils toujours dit la vérité ? Les médias n’ont jamais maquillé la vérité ? Les politiques (et les personnages publics) ne font que des mensonges !

Tous ces pères Fouettards qui tombent sur Cahuzac comme des oiseaux charognards sur un cadavre ensanglanté devraient revoir leur copie : il a commis une erreur et sera jugé en fonction. Avant de le condamner au bûcher regardez la France : la société inégalitaire, le fossé qui sépare les trop riches et les trop pauvres, le pouvoir qui fait oublier les vrais problèmes, les problèmes humains, la politique qui n’est qu’un tissu de mensonges, les coûts de l’appareil d’Etat luxueux, la gauche qui imite la droite et la droite qui imite la gauche à en perdre leur identité.

Cahuzac a commis un crime d’argent ! Et le reste du monde ! Et les multinationales ? Et le capitalisme sauvage ? Et les fonds occultes qui financent le terrorisme ? Et les créateurs de paradis fiscaux ? Condamnez bonnes gens ! Vous ne condamnez pas ceci car vous y trouvez votre compte, votre intérêt personnel dans la corruption mondiale !

J’ai envie de dire la fraude fiscale est moins grave que la pédophilie mais c’est trop naïf et hors sujet !

 

Autant je comprends le mensonge de Cahuzac autant je refuse les mensonges de la créature qui sert à l’Egypte de président mais ceci est encore un autre sujet !