Des dangers du tentaculaire…
Pieuvre :Je t’aime
beaucoup
Victime 1 : Moi aussi
Pieuvre :Mais toi tu ne
m’aimes pas comme je t’aime
Victime 1 : Pourquoi
dis-tu ça ? C en’est pas vrail
La victime 1 essaye de se
justifier
Pieuvre :Tu ne m’a pas
téléphoné
Vicime 2 : Excuse-moi
j’étais occupé (e)
(la pieuvre fait la moue)
Victime 2 : Tu es
fâché (e)
Pieuvre (boude) : Non
Victime 2 : Ne m’en
veux pas je t’en prie
Pieuvre (boude
toujours) : D’accord
La victime 2 tentera par tous les
moyens de se racheter
Pieuvre :Quelles
nouvelles ?
Victime 3 : Bah…
Pieuvre :Comment va
machin ? Bidule est revenu ? Trucmuche est réconcilié avec
machinchouette?
Victime 3 : Machin va
bien. Bidule revient demain. Trucmuche et machinchouette sont toujours fâchés.
Pieuvre :Pourquoi tu ne
m’a pas raconté ?
Victime 3 (sérieusement
embêté) : euh…j e n’y ai pas pensé
Pieuvre :et pourtant moi
je te raconte tout : la maladie de ma tante, le divorce de ma voisine, les
rhumatismes de ma cousine, les problèmes d’argent de l’épicier, l’échec
scolaire du fils de mon amie, les dettes de mon beau-frère…Des tas de choses
très intéressantes dont tu ne saurais absolument pas te passer
Victime 3 : Euh…(tout
bas) mais je ne veux pas savoir moi tout ça
(tout haut ) oui oui bien sûr, la
prochaine fois j’essayerai de faire mieux
Pieuvre :J’ai besoin de
queues de cerises
Esclave 1 : j’y cours
Pieuvre : j’ai besoin d’une
marque de bonbons qu’on ne trouve qu’à 50 kilomètres
Esclave 2 : j’y vole
Pieuvre :j’ai besoin de
transporter 3 tonnes de riz à l’étranger
Esclave 3 : D’accord
L’esclave 1 est reconnaissant
parce que la pieuvre l’a aidé à ouvrir un compte en banque
L’esclave 2 veut faire plaisir à
la pieuvre qui est tellement gentille avec lui
L’esclave 3 ne se pose même pas
la question pourquoi devrait-il transporter 3 tonnes de riz ? C’est
tellement normal de demander ça…
Pieuvre :Je veux te
raconter quelque chose
Victime 4 : oui
Pieuvre : Il est venu
à 16 heures, il m’a dit
bonjour, je lui ai répondu à 16h il
faut dire bonsoir il a rétorqué je suis libre de dire ce que je veux alors moi
j’ai trouvé qu’il était mal élevé et je le lui ai fait remarquer il n’était pas
content du tout et m’a crié de me mêler de mes affaires
Qu’en penses-tu ?
Victime 4 : Euh…c’est
peut-être son affaire de dire bonjour ou bonsoir
Pieuvre : Oui mais quand
il s’adresse à moi, « ch’peupa » accepter
Victime 4 : Pourquoi
lui dire qu’il est mal élevé
Pieuvre : Parce qu’il
l’est, je ne comprends pas pourquoi tu le défends. Tu n’es pas mon ami ?
Tu dois toujours dire que j’ai raison et que les autres ont tort. C’est ça
l’amitié
Victime 4 : je peux
aller faire pipi ?
7 mois, 18 jours et 3 heures après
Pieuvre : tu te
souviens du jour où je t’ai demandé s’il fallait dire bonjour ou bonsoir. Tu as
aveuglément pris la défense de la personne qui m’a manqué de respect. Tu vois
moi je suis très triste parce que si quelqu’un te disait bonsoir au lieu de te
dire bonjour moi je n’aurais pas peur de lui dire la vérité. Mais toi… c’est
décevant, je suis déçue, terriblement déçue
Et la victime 4 passera le
restant de ses jours à s’excuser de cette déception, à culpabiliser à se mordre
les doigts alors qu’elle n’a rien à faire dans l’histoire.
Pieuvre : (d’une voix
basse et d’un ton conspirateur) Viens, j’ai un truc à te dire…
Victime 5 : oui
Pieuvre : les
pantalons bleus ne sont plus à la mode. Tu fais plouc !
Victime 5 : Euh…je
l’aime bien pourtant ce pantalon
Pieuvre : tu es mon
amie et je veux ton bien, moi à la limite je le trouve très bien mais c’est les
autres…
Victime 5 : Les
autres ?
Pieuvre : (avec une
moue dégoûtée) Eh oui tout le monde en parle..
Victime 5 : Ah
bon ? tout le monde ? qui par exemple ?
Pieuvre : ah non ça
« ch’peupa » te dire, tu sais je n’aime pas semer la zizanie. Par
contre pour ton bien, je te conseille de ne plus mettre ce pantalon bleu,
d’ailleurs….
Victime 5 : quoi
Pieuvre : Non non
rien
Victime 5 : Mais si
mais si dis-moi !
Pieuvre 5 : Non après
tu risques de dire que je me mêle de ce qui ne me regarde pas
Victime 5 : mais
puisque je te dis ! vas-y
Pieuvre : les
pantalons de manière générale ne te vont pas du tout. Il te faut faire un
régime. Enfin moi je dis ça parce que je ne veux pas que tu aies l’air
moche !
Victime 5 : Merci
Et la victime 5 n’osera jamais
dire à la pieuvre qu’elle ne s’est pas regardée dans un miroir et qu’il y
aurait un roman-fleuve à écrire sur sa tenue…mais bon ! Harcèlement quand
tu nous tiens !
Pieuvre : Bonjour ma
chérie, tu vas bien ? et ta maman , et ton papa ? et tes voisins. Si
tu as le temps, viens papoter avec moi.
Victime 6 (pressée) :d’accord,
je finis un truc et j’arrive
Pieuvre : attends, juste une
seconde… ton t-shirt est très bien tu l’as acheté où
Victime 6 : euh..dans
une boutique, je ne sais plus où..
Pieuvre : oh la la c’est
dommage, j’en voudrais bien un
Victime 6 : je finis
un truc et j’arrive
Pieuvre : d’accord , d’accord
La victime 6 oublie l’affaire,
rentre chez elle et il se passe quelques jours avant qu’elle ne remette le
T-Shirt en question et tombe sur la pieuvre
Pieuvre :
Ah …c’est le fameux T-shirt, tu ne peux vraiment m’expliquer où
c’est ?
Victime 6 : Tu vois
c’est la rue qui part en perpendiculaire….
Pieuvre : ah non je
pourrai jamais y aller toute seule. Si tu m’avais dit plus tôt
Victime 6 : je ne me
souvenais vraiment pas
Pieuvre : Et je ne peux
pas te donner l’argent et toi tu me l’achètes ?
Victime 6 (assommée par la
culpabilité) oui oui bien sûr. Je te l’achète et tu me rembourseras
Victime 6 sait que si elle prend
l’argent elle aura droit à trois fois par jour : et le T-shirt, enfin ,
prends ton temps, rien ne presse, ….
Victime 6 achète le T-shirt, ne
veut pas être remboursée et ne veut plus en entendre parler. Elle a même jeté
par la fenêtre son propre T-Shirt
Pieuvre : Mon
coiffeur est en voyage
Victime 7 :
Ah ?!
Pieuvre : il rentre
jeudi
Victime 7 :
Ah ?!
Pieuvre : Tu
l’appelleras ?
Victime 7 :
Moi ?!
Pieuvre : Oui ça lui
ferait plaisir
Vendredi
Pieuvre : mon
coiffeur est rentré.
Victime 7 :
ah ? !
Pieuvre : Tu ne l’as
pas appelé ?
Victime 7 : Non
Pieuvre : Tu vas le
faire ?
Victime 7 : Oui oui
bien sûr
Un mois après
Pieuvre : mon
coiffeur repart en voyage
Victime 7 :
Ah ?!
Pieuvre : Tu vas lui
faire tes adieux ?
Victime 7 : Moi ?
Euh…Pourquoi pas ?
Pieuvre : Ca lui
ferait plaisir. Il ne t’oublie jamais tu sais…Il a toujours une petite pensée
pour toi
Victime 7 (prend son
courage à deux mains et à voix basse) Oui mais moi je ne le lui ai rien
demandé…
Pieuvre : Enfin tu
fais ce que tu veux, moi je trouve que c’est ingrat de ne pas reconnaître la
générosité de mon coiffeur qui propose toujours son aide qu’on la lui demande
ou pas
Victime 7 : Ne te
fâche pas, ce n’est pas ce que j’ai voulu dire…
El la victime 7 n’osera jamais
dire qu’elle s’en fiche du coiffeur, de ses cadeaux et de ses services, qu’elle
le trouve ridicule et qu’elle a mieux à faire !
Pieuvre :Je m’ennuie
Victimes : C’est
contrariant
Pieuvre : je m’emmerde
Victimes :
Pourquoi ?
Pieuvre :Je m’embête comme
un rat mort
Victimes : Ah bon
Pieuvre :J’éprouve de la
morosité
Victimes : Quel
dommage
Pieuvre :J’ai le cafard
Victimes : Comme
c’est regrettable
Pieuvre : Je souffre de
monotonie, de spleen, d’abattement, de platitude….
Victimes : BON – IL
VA FALLOIR QU’ON FASSE QUELQE CHOSE A LA FIN !!!!QUE PEUT-ON
FAIIIIIIIIRE ?
Pieuvre (ravie) :
Tenez-moi compagnie
…………..
Pieuvre :Venez me rendre
visite
…………….
Pieuvre :donnez-moi
satisfaction
……………….
Pieuvre :Occupez-vous de
moi
……………….
Pieuvre :Amenez-moi du divertissement
……………….
Quelques minutes dans
la tête de la pieuvre
Pieuvre : je suis
terriblement blessée et je ne veux plus lui parler
…………………………………….
Pieuvre : après tout
ce que j’ai fait
…………………………………..
Pieuvre : tu ne peux
pas lui parler ?
……………………………………………
Pieuvre : Ce serait
très important qu’on se réconcilie
…………………………………………..
Pieuvre : C’est
dommage après de si bons moments
………………………………………….
Pieuvre : Personne ne
veut leur dire que c’est eux qui ont tort et jamais moi
………………………………………….
Pieuvre : On ne peut
pas rester fâché avec moi, on se réconcilie toujours avec moi qu’on le veuille
ou pas. Les plus récalcitrants sont tombés. Ils ne peuvent pas y échapper. Je
suis tellement gentille, je les aime tellement qu’ils sont obligés à un moment
ou à un autre de céder. Et de toute façon il y aura toujours des nouveaux qui
rentreront dans le jeu, qui accepteront ma tyrannie, qui auront peur de me
déplaire et que je contrôlerai à loisir…jusqu’à ce qu’ils en aient marre,
qu’ils explosent, qu’ils refusent, que je les ramène à l’aide d’une de mes
tentacules (voir le schéma)
Comment je fais pour faire des
histoires ? C’est simple, j’ai tout mon temps. Je prends un détail, j’en
parle à 36 personnes. 36 échos différents me reviennent. Je les mélange, je les
étudie, je les développe et je les re-communique aux 36personnes. Certains sont
d’accord, d’autres pas. Je récolte les pour et les contre et je monte ceux-ci
contre ceux-là. Ils ont évidemment oublié le problème du départ et ils
discutent maintenant tous les détails que j’ai réussi à mettre en avant.
Pieuvre :toi tu….alors que
moi je…. , vous vous………pendant que moi je ….., tu te………….contrairement à moi
qui ………………et je te reproche, et je te blâme et je te réprimande et je
t’engueule et je t’enguirlande et je te critique, et je te fais remarquer et je
te désapprouve et je t’accuse………..
ET TOUT CA
parce que je t’aime et je voudrais
que tu m’aimes comme je t’aime et je voudrais que tu sois sympa avec moi comme
je suis sympa avec toi.
Tu sais, je t’offre des cadeaux,
je t’offre des bonbons, je t’offre mon affection, je t’offre mon amitié
ET GARE A TOI
si tu n’apprécies pas tout ça, si tu ne m’es
pas fidèle à vie, si tu n’accours pas quand j’ai besoin de toi,
MOI
qui suis si sympa, moi qui suis
si généreuse, si compatissante, si serviable, si secourable, si dévouée
TU TE SOUVIENS : je
t’ai prêté de l’argent, je t’ai offert des cadeaux,, je t’ai aidé quand tu
étais dans la merde, je t’ai soutenu quand tu en avais besoin, je t’ai donné
mon amitié
ET DONC
Tu me dois tout, tout le temps
toujours, tout ce que je veux TOUT,
et je te bouffe et je t’étouffe,
et je t’asphyxie et je t’aspire……………..
Et tout ça donne ce qu’on subit mais qu’on n’appelle
pas encore « chantage affectif » et « manipulation »
Des questions se sont
naturellement posées au narrateur :
?
Pourquoi tout le monde
accepte-t-il de cette personne tout ce qu’il n’accepterait de personne
d’autre ?
?
Pourquoi tout le monde rentre dans
le jeu de : il faut que je l’appelle, oh zut j’ai oublié de
l’appeler ?
?
Pourquoi tout le monde préfèrerait
se couper une jambe au lieu de faire des histoires avec elle
?
Pourquoi personne n’a le courage
de lui dire en face que ce n’est qu’une personne comme les autres et qu’il
faudrait qu’elle arrête d’exiger tout de tout le monde et d’exiger d’avoir un
statut privilégié chez tout le monde
?
Pourquoi la personne se donne le
droit de critiquer, d’exiger, de demander, de reprocher ?
?
Pourquoi toutes les personnes qui
se font un devoir de l’amuser et lui tenir compagnie (et qui sont sérieusement
emmerdés) ne lui disent-elles pas clairement que ce n’est pas un devoir et
qu’on ne saurait leur reprocher d’y manquer
?
Pourquoi personne n’ose dire à la personne
qu’elle est ridicule d’imposer à son entourage des devoirs sociaux, familiaux,
amicaux, professionnels…
?
Pourquoi l’entourage ne détecte
pas les signaux du chantage : je vais me fâcher, je suis malade, je suis
seule, je t’aime, tu ne m’aimes pas comme je t’aime ?
?
Pourquoi accepter d’une seule
personne qu’elle fasse des reproches toute la journée, toute la semaine, toute
l’année
Et comme il n’y aura jamais de
réponses, des recherches sur Internet ont été très fructueuses pour la
compréhension de ce phénomène qui a le don d’empoisonner l’existence.
Le chantage affectif
Le chantage affectif est une manœuvre destinée à profiter des
faiblesses ou de la sensibilité de quelqu'un pour parvenir à des fins
personnelles. Cela consiste habituellement à inspirer à cette personne un
sentiment de culpabilité ou de responsabilité morale.
Le chantage affectif est le plus souvent conscient, mais peut parfois
être tout à fait inconscient. Il peut provenir de la jalousie, de la dépendance
excessive, ou du désir d'obtenir du partenaire plus d'attention et d'affection,
ou même de modifier d'une manière ou d'une autre le comportement de celui-ci.
Il peut arriver que l'utilisation du chantage affectif soit fréquente
et qu'elle empêche ensuite toute discussion honnête et franche.
« Le “donneur” maintient le “receveur” dans une position de
débiteur. Le marché implicite est le suivant : puisque je t’ai donné ceci, j’ai
le droit d’exiger en retour cela. Le problème est que le donneur choisit quand
et comment le receveur doit lui rendre la monnaie de sa pièce»,
Pourquoi est-il si difficile pour la personne manipulée de réagir
sainement ?
« Parce que le manipulateur
utilise des croyances familiales et sociales afin d’induire chez sa victime un
lourd sentiment de faute morale »,
« La culpabilité qu’instille le maître chanteur dans l’esprit de ses
victimes mine l’image positive d’elles-mêmes que celles-ci cherchent à
construire »,
Abandon, égoïsme, injustice, trahison sont les points sensibles sur
lesquels le manipulateur appuie dans l’intention de faire mal. Il procède
souvent par insinuation. Il n’exprime jamais une demande claire et vous réduit
à l’impuissance.
Pour ne pas tomber dans le piège :
Mettez-vous au clair avec vous-même
Faites un examen de conscience. Repérez les croyances sur vous-même qui
vous viennent spontanément à l’esprit : je suis égoïste, ingrat, je ne suis
jamais à la hauteur, je ne vaux rien…
Cessez ensuite de vous focaliser sur la situation et essayez de changer
d’angle de vue pour dresser un constat objectif sur vous-même : « Est-il vrai
que je suis égoïste ? Voilà tout ce que j’ai fait pour elle depuis trois ans… »
; « Est-il vrai que je ne suis pas à la hauteur ? Voilà les éléments que je
peux mettre à mon actif… »
Car le manipulateur se sert d’un seul acte de la personne pour la juger
dans sa globalité.
Faites alors le tri de ce qui relève ou non de votre responsabilité : «
Est-ce que son problème existe indépendamment de moi ou en suis-je vraiment à
l’origine ? » En effet, le propre du manipulateur est de brouiller les
frontières en faisant passer ses besoins avant les vôtres. « Jusqu’où puis-je
répondre à sa demande tout en me respectant ? » Une fois que vous aurez évalué
vos limites, vous pourrez prendre une décision claire. Deux stratégies
s’offrent alors à vous : la contre-manipulation ou la confrontation.
Apprenez à contre-manipuler
Pour ne pas donner prise au manipulateur, ne cherchez surtout pas à
vous justifier, car cela ne ferait que vous fragiliser encore plus. Au
contraire, simulez l’indifférence
– même si vous êtes horriblement tiraillé(e) à l’intérieur ! –, et
renvoyez-le à ses propres croyances à l’aide de quelques phrases types énoncées
calmement :
« J’ai la conscience tranquille. »
« Tout le monde ne pense pas comme toi. »
« C’est ton opinion. »
« Je ne suis pas de cet avis. »
« Chacun ses goûts. »
« Eh oui, je ne fais rien comme tout le monde ! »
Le but : se protéger en ne réagissant pas aux provocations de votre
interlocuteur.
Osez la confrontation
C’est la seconde stratégie possible. Ici, il s’agit de renvoyer l’autre
à son besoin, donc à sa responsabilité. Plus impliquante, la confrontation
risque de vous amener à vous positionner sur la nature du lien que vous
souhaitez entretenir avec celui ou celle qui vous manipule.
« Tout reproche exprime une
demande indirecte »,
Refuser la manipulation, c’est accepter de passer pour une « mauvaise
fille », un « mari égoïste », un « collègue difficile ». Donc renoncer à une
image idéale de soi. Vous y parviendrez en prenant conscience de votre valeur.
Et cela se travaille. Vous deviendrez peut-être moins « aimable » aux yeux du
manipulateur, mais, en vous libérant de ce regard extérieur, vous gagnerez un bien
précieux : votre liberté
"Le plus souvent le chantage joue sur le sentiment de culpabilité.
Certaines personnes y sont particulièrement sensibles. Elles se remettent
constamment en question, ont peur de se montrer 'égoïstes'… et se laissent
mener par le bout du cœur." Car ce dont on a peur, fondamentalement, c’est
de perdre l’amour de l’autre. Et c’est bien ce qui lui donne sur nous un tel
pouvoir.
Paradoxalement, le chantage affectif part parfois d’un bon sentiment.
Certains redoutent tellement de recourir à la domination brutale qu’ils
essaient d’amener l’autre à se conformer à leurs desiderata par ce biais
détourné. En évitant de donner un ordre, on s’épargne le conflit direct.
La frontière peut sembler subtile entre exprimer un désir et exercer une
pression coupable. En fait, tout est dans l’intention et le contexte. Ou les
relations sont équilibrées, ou c’est toujours le même qui impose ses désirs.
"Si l’un de nos proches - amie, mari, enfant - commence à devenir
tyrannique, c’est un signal d’alarme"
Lorsqu’un enfant se montre trop capricieux, nous sollicite en
permanence, sans doute est-on allé trop loin. "Il existe une différence
fondamentale entre un enfant qui exprime clairement un désir, et celui,
nerveux, bougon, dont les demandes réitérées ne font que traduire un malaise,