Ma plume

Ecrire c'est lever toutes les censures (Jean Genet)







Toute ressemblance avec ...








mercredi 25 décembre 2013

Je veux écrire des textes

Je veux écrire des textes

-        Je veux écrire des textes.
·        Ah non tu ne vas pas recommencer !
-        Mais si ! Mais si ! J’ai envie de recommencer !
·        Tu vas encore t’attirer des ennuis !
-        Mais non ! Cette fois-ci je ne travaille pas pour un Ministère étrange ! Je ne travaille pas sous les ordres d’une imbécile ! Je ne m’oppose pas à un consul pédophile ! La pieuvre est en France ! Je ne suis plus syndicaliste ! J’ai découvert que mon papa pouvait être un héros national et un père raté ! Moubarak n’est plus là ! Sharon a disparu ! Tu vois ? tout va bien !
·        Et alors tu vas faire des textes sur qui ?
-        Ouh là je n’ai que l’embarras du choix…Je voudrais faire un texte sur ce personnage d’une tonne cinquante qui se prend pour ce qu’elle n’est pas, qui se gargarise de sa méchanceté, qui enseigne avec l’adresse d’un éléphant dans un magasin de porcelaine, qui oublie de se regarder dans un miroir, qui ose tous les 26 ans m’emmerder
·        Hum ! Je vois les ennuis en technicolor. Et qui d’autre ?
-        Ce personnage d’un mètre cinquante qui mériterait de figurer dans un manuel de psychologie au chapitre Narcissisme. Elle sait tout, on lui doit tout, elle est mieux que tout le monde
·        Hum ! Ensuite ?
-        Cette folle de plus de cinquante ans
·        Tu as un problème avec ce chiffre apparemment
-        Cette folle donc de presque 60 ans qui s’amuse follement à faire le mal autour d’elle depuis que je l’ai connue. Qui pratique le sadisme comme on pratique le tennis et qui apprendrait l’hypocrisie à Judas !
·        Euh… Je pensais qu’avec l’âge tu t’assagirais mais je vois que ce n’est pas le cas. Et tu en as beaucoup comme ça
-        Pas mal oui mais j’ai aussi d’autres sujets
·        Je redoute le pire
-        Les barbus par exemple
·        Non là tu exagères, tu vas te retrouver avec un poignard dans le dos
-        Bon pas les barbus, la notion de patriotisme alors
·        C’est à voir. En ce moment on ne sait plus ce que ça voudrait dire. Et la notion d’Etat ? Tu y as pensé ?
-        Possible
·        J’ai aussi des opinions sur les bibliothèques et leur gestion
-        Ciel ! Tu ne vas pas reprendre ce refrain là …
·        Eh bien si justement ! Le plus amusant pour moi serait – comme ce fameux texte où ma directrice s’est reconnue sans qu’il y ait une seule mention de lieu, de temps, de sexe ou de référence à un épisode réel – que les lecteurs éventuels reconnaissent mes « cibles » sans que j’aie à dévoiler leurs véritable identité, un peu comme le « poète crotté » qui sévissait au dix-septième siècle et qu’on redoutait comme la peste
-        Je t’aurais prévenue ! Tu trouveras 36 personnes qui te conseilleront de ne pas te faire d’ennemis
·        Même si j’en trouve 72, je continue à dire que je ne  me fais pas d’ennemis. Je m’amuse avec ma plume, je veux faire comme Voltaire…
L'autre jour, au fond d'un vallon,
Un serpent piqua Jean Fréron.
Que pensez-vous qu'il arriva ?
Ce fut le serpent qui creva.
-        Mais il avait plein d’ennemis Voltaire !
·        Mais quelques siècles après…de qui se souvient-on ?
-        Quel aplomb !
·        Et oui « on se refait pas surtout si on est réussi » comme dirait mon cher San Antonio !


samedi 30 novembre 2013

30 novembre 2003-2013

Un 30 novembre, il y a dix ans…
Un syndicat qui se porte bien, une idéaliste qui a envie de refaire le monde, quelques bonnes volontés et beaucoup d’incompétence, de malhonnêteté, de mensonge et de noirceur.

-        Venez tout de suite me voir
·        J’ai une réunion à 9h30
-        Laissez la réunion et venez

Je ne savais pas encore que je laissais avec la réunion tout espoir de travailler « normalement » avec des « malades ».
La grande spirale destructrice avait été enclenchée et n’allait jamais s’arrêter jusqu’à mon départ sept ans après.
Je l’ai certes provoquée, en faisant peur, en disant les choses, en dérangeant, en critiquant…
A ma décharge je dirais que j’ai toujours voulu bien faire mais que les bonnes intentions ne pèsent pas lourd face à ceux qui se sentent inférieurs alors qu’ils sont en position de supériorité.
       Le problème, c’est que mon habituel conflit avec l’autorité fait que je suis impitoyable avec les médiocres et que je n’oublie jamais de leur rappeler qu’ils le sont ! Et voyez-vous, ils n’aiment pas beaucoup cela. Aujourd’hui, je les comprends un peu mais bon ils n’avaient qu’à ne pas être médiocres !
En psychologie quand un scénario se répète dans une vie, il faut chercher la raison chez la personne même qui provoque ce scénario répétitif. J’ai cherché la raison et je l’ai trouvée mais n’empêche qu’en fêtant les dix ans de ma rencontre avec moi-même je pense sérieusement peindre la médiocrité, l’injustice et ma lutte contre les deux à la faculté, au Centre, à la Bibliotheca. Il en sortira probablement des portraits au vitriol mais ne l’ont-ils pas un peu cherché, tous ? Aujourd’hui, je n’écris pas pour être lue, je n’écris pas pour trouver un exutoire à ma colère, je n’écris pas pour me moquer, j’écris pour retrouver un plaisir dont on m’a privée, il y a dix ans.


dimanche 24 novembre 2013

CHAOS - K.O.

J’adore le dictionnaire des synonymes depuis longtemps, c’est ce dictionnaire (et un peu le thesaurus Larousse) qui ne laisse aucun doute sur la richesse de cette langue que j’ai adoptée très tôt et qui m’a nourrie.
Le terme de chaos s’impose à moi depuis 3 ans ! Hier je demande à une amie de m’aider à trouver un terme plus atténué et elle me souffle « anarchie » ! J’exulte, puisque anarchie voudrait dire « L’anarchie (du grec ἀναρχία / anarkhia, composé de an, préfixe privatif : absence de, et arkhê, hiérarchie, commandement ou « primauté ») désigne la situation d’une société où il n'existe pas de chef, pas d'autorité unique, autrement dit où chaque sujet ne peut prétendre à un pouvoir sur l'autre. Il peut exister une organisation, un pouvoir politique ou même plusieurs, mais pas de domination unique ayant un caractère coercitif. L’anarchie peut, étymologiquement, également être expliquée comme le refus de tout principe premier, de toute cause première, et comme revendication de la multiplicité face à l’unicité. » Merci Wikipedia ! C’est ça donc que je ressens ? En bon français ce serait « bawaba sans bawab ».

Allons plus loin… MAJ et F7 et 47 perles s’étalent sur ma page Word :
bouleversement – désordre – renversement – révolution – changement – chamboulement – chambardement – embrouillement – éparpillement – désorganisation – dispersion - perturbation – confusion - branle-bas – cataclysme – catastrophe - subversion – dérangement – pagaille -  débandade – dérangement -  incohérence – désunion – cohue – fatras – fouillis – tohu-bohu – remue-ménage – méli-mélo – capharnaüm -  gâchis  - gabegie – ravage – scandale – tumulte – bagarre – rixe – émeute – agitation – turbulence – dérèglement – dissolution –
Et par extension : trouble – secousse – choc – émotion – désarroi  

Dieu que cette langue est belle…Elle arriverait presque à me réconcilier ce matin (avec le foul de Wa7et Omar) avec le désarroi (dernier mot de la liste) qui me submerge depuis quelque temps et qui a atteint son paroxysme jeudi dernier à la mort de mon idéal…

Je me dis depuis longtemps que c’est sûrement par un texte que je pourrais exprimer le mieux cette désolation profonde de voir mon pays sombrer lentement mais sûrement.

Je me suis beaucoup interrogée sur la signification du patriotisme, du nationalisme, de l’appartenance, de l’identité nationale, de la terre des ancêtres, du lieu de naissance, de l’adresse géographique, de la maison, du domicile familial, de l’adresse de correspondance, des racines….et je n’ai encore aucune réponse…Je veux ma réponse, pas celle des sociologues, des historiens, des psychanalystes et encore moins des politiques. Je suis à la recherche de ma vérité indépendamment de toute l’encre que d’autres ont fait couler, de la salive que d’autres ont dépensée.

Je me suis fixée une contrainte, celle de faire un texte avec ces mots…de faire un tableau de l’Egypte de 2013 avec ces mots sombres…Où ce texte me mènera-t-il ? Bah ! Au point où on est ….(épisode 1 à suivre)

jeudi 15 août 2013

اخرس خالص

مرة واحد سلمي ما بيحبش اللون البني و مقتنع أن الدنيا كلها لازم يبقي لونها أخضر قرر انه يدهن كل حاجة بالأخضر.
ابتدأ بشقته و دخل علي سلم العمارة معاه الفرشاة و سكينة معجون. سكان العمارة اللي بيحبوا اللون الأخضر شكروه و سكان العمارة اللي ما بيحبوش اللون الأخضر اعترضوا, لما اعترضوا قام صاحبنا ده قال طب احنا نسأل الشقق كلها و راح سايب تحت كل باب شقة رسالة لو العمارة ماتدهنتش كلها أخضر أنا حاولع فيها. أولياء الأمور و الأطفال و الدكاترة قالوا نستحمل الأخضر و لا العمارة تولع ؟ لأ الأخضر ممكن يمشي و اهو برضه نظافة.
أما عن البواب و الراجل بتاع الأمن فدول موضوع تاني خالص . مسيطرين علي الدور الأرضي و ماحدش يقدر يكلمهم. الساكن اللي يعمل دوشة يخريبوا بيته و اللي يستعمل الأسانسير في النقل يعاقبوه و اللي يشتكي من الزبالة يهزأوه بس اهو أديهم مش سايبين الحرامية يدخلوا و بيجيبوا العيش و الجرنال و خلافه.
قام صاحبنا و أسرته (كل واحد بفرشة و سكينة معجون) نازلين بويا خضرة في العمارة كلها, طب تمام. أغلبية السكان كانوا موافقين بدا الحريقة.
قام صاحبنا قرر أنه في المرحلة اللي وراها يدخل شقق السكان يدهنها أخضر. رن الجرس . طلع الفرشاة. بيتكلم بأدب. جايب معاه هدية لكل سكان الشقة . في ناس وافقت و في ناس اعترضت, الناس اللي وافقت نو بروبليم الناس اللي اعترضت كانت ليليتهم سودة. اختفت الفرشاة و طلعت سكينة المعجون. أنا يا ساكن يا حقير ياللي ما بتحبش اللون الأخضر واخد موافقة أغلبية السكان و داخل عليك بالبوية و الفرشاة . عايز ايه بقي ؟ استني النتيجة, الساكن برضه معترض (قليل الأدب)
مرة نازل رايح شغله استناه الجدع صاحبنا و بسكينة المعجون راح ضاربه في ودنه معوره و الساكن معاه شوية ورق معهوش حاجة حادة.
صوت الساكن و نادي البواب. طلع البواب يكلم صاحبنا خدله سكينة معجون,
نادي الساكن بتاع الأمن لقاه بيقولوا أنا مش فاضي . فاكر لما كنت معترض علي الأمن طالما في بواب ؟
لحد كده تمام ؟
يعمل ايه بقي الساكن ؟ دور علي السكان التانيين اللي ممكن يقفوا معاه و اتلموا علي بعض وراحوا القسم يقدموا بلاغ. القسم بعت حد يشوف ايه موضوع سكينة المعجون اللي بيتضرب بيها سكان العمارة و البواب و أي حد بيعترض و لا ما بيحبش اللون الأخضر !
و بس و عينكو ما تشوف الا النور ! الجيران و الشارع و العمارات التانية نزلوا شتيمة في السكان اللي راحوا القسم: ده برضه جارك و ده ماسك فرشاة دهان و معملكش أي حاجة . اتكلم معاه
يا عم لما بتكلم معاه بيقولي خلاص خليك شقتك مش خضرة و بعدين يرجع بالليل يهاجمني
لأ برضه اتكلم معاه
يا عم أنا ما ينفعش اواجه و هو معاه سكينة معجون
لأ برضه اتكلم معاه
حاول الجدع بتاع القسم يتدخل راح صاحبنا ناططله كام سلمة و فتح في الصويت : القسم عايز يموتنييي اه يا رجليييي . أنا اتبهدلت !
الشارع بقي و الجيران راحوا طبعا واخدين صفه ماهو اللي ايده في المياه مش زي اللي ايده في النار
و نزلوا شتيمة في السكان المعترضين و في الجدع بتاع القسم اللي عايز يمسك أمن العمارة و قرروا يساندوا اللون الأخضر حتي لو هما في شققهم لا يمكن يقبلوا بالفرشة و لا الأخضر و طبعا و لا سكينة المعجون.
و طلع صاحبنا غلبان و واقع علي السلم و الناس بتهاجموا
و طلعوا السكان المعترضين اللي طلبوا النجدة ولاد ستين في سبعين و اللي اتضرب بسكينة معجون ضلالي و عايز ضرب القباقيب

ما المراد اثباته ؟

لما حد يفرض عليك حاجة انت مش عايزها و لا يكذب عليك و لا يلبسك مصيبة و لا حتي يعورك  تخرس خالص و تمشيها سلمي و اوعي تجيب حد من القسم و لا تشتكيه و لا تحمي نفسك ألا يولع في العمارة ( و برضه ولع فيها) الشارع مافتحش بقه و قرر ان السكان كده و لا كده غلطانين. 

jeudi 11 avril 2013

Il ne faut pas vendre la peau de l’ours avant de l’avoir tué…


 
C’était un 11 avril 1982 la finale des Jeux Interscolaires. Bahira, Yvette et moi avions été sélectionnées pour représenter notre école au Concours Interscolaire organisé par Le Centre Culturel français : culture générale. Toutes les trois avions un bon niveau en français et avions commencé à nous préparer pour affronter les candidates d’une excellente école. Les dictionnaires et encyclopédies de la famille de Bahira ont beaucoup fait pour l’honneur de la francophonie à Alexandrie. Indépendamment du plaisir que nous avons pris à nous préparer, nous avions vraiment travaillé dur. Cela nous avait beaucoup rapprochées toutes les trois.

Arrive le premier jour J. Nous sommes chez nous : Une des premières consignes était de compléter le proverbe qui sert de titre à ce texte.

Nous avons fait fort ! Et nous avons gagné ! Si la directrice de notre école était arabophone, c’est dire si nous avions un mérite personnel pour ce succès.

Deuxième jour J. Nous devions affronter l’unique ’école francophone de garçons de la ville. Devant un public qui nous montrait les dents, les trois petits soldats que nous étions, soutenues par quelques supporters, devions nous mesurer aux MEILLEURS. Leur responsable un Frère de nationalité française leur apportait le soutien que ne nous apportait pas notre école…Aussi avons-nous du nous défendre vaillamment contre un début d’injustice. Et voilà-t-il pas que nous remportons cette deuxième manche ! Déjà à ce stade, il fallait nous porter en triomphe nous avions battu les imbattables.

Troisième jour J. La finale sur la scène de spectacles du Centre Culturel Français. Les deux prières manches nous étions placées à droite, là nous étions à gauche. Superstitieuse, je vois un signe. Ca se passait très bien et boum ! Une opération mathématique finale qui nécessitait des compétences en maths modernes nous a filé sous le nez et nous avons perdu ! Il y avait un voyage en France à la clé et nous sommes reparties bredouille.

Nous étions quand même fières et trente ans j’appelle Bahira pour en parler.

Pour la petite histoire, rentrée à la maison ma mère m’a passé un de ces savons dont elle a la spécialité qui m’a enlevé à tout jamais le goût de perdre. J’ai passé des années à briguer ces victoires imposées mais j’ai compris au fil des claques qu’il fallait savoir perdre et que ce sont les défaites encore plus que les victoires qui « humanisent » les anciens enfants auxquels on mettait la barre trop haut.

Ne demandez jamais trop à vos enfants !

jeudi 4 avril 2013

Jérôme Cahuzac


Ceux qui ne suivent pas l’actualité française d’avril 2013 ne comprendront sûrement pas ce texte.

Jérôme Cahuzac , Ministre du Budget, dans le gouvernement Hérault, a ouvert un compte en Suisse en 1992.

Le site Mediapart a révélé la chose. En décembre, j’ai entendu Jérôme Cahuzac parler à l’Assemblée Nationale et nier l’existence de comptes à l’étranger : c’était un homme qui avait peur et qui, comme un enfant, disait ce n’est pas moi.

Il m’a fait de la peine, nous avons tous connu le mensonge pour des raisons X, Y ou Z. Je ne fais pas partie de ceux qui jugent pour sanctionner. Je suis un être humain sensible à la l’injustice comme à l’honnêteté, qui voit un autre être humain avec ses faiblesses dans un monde où la justice est, pour le moins qu’on puisse dire, inexistante.

3 mois après la découverte de Médiapart, Jérôme Cahuzac passe aux aveux. Les médias s’en emparent ! Tous les problèmes du gouvernement de gauche deviennent imputables à cette erreur humaine ! Tout le monde s’empresse de condamner le mensonge, l’ouverture de ce compte en Suisse pour un ministre du Budget, tout le monde sans exception en France, y va de son analyse, de son grain de sel, de son détournement, de ses angoisses personnelles, …bref !

Dans la cohue, j’ai entendu Benjamin Lefèvre, son ami de 20 ans, et j’ai eu les larmes aux yeux. Cahuzac s’est construit dans l’adversité, Jérôme voulait être reconnu, Jérôme était un roc extérieurement et fragile intérieurement. Nul doute, je me suis identifiée ! Nous avons tous besoin d’une bonne thérapie pour excuser les faiblesses des autres sans s’ériger en juge impitoyable. Les circonstances atténuantes existent, c’est ma conception de la justice.

Suis-je en  train de dire que j’excuse la corruption ? Je suis simplement en train de dire : BALAYEZ TOUS DEVANT VOTRE PORTE avant de pousser un être humain au rejet universel et au suicide !

Le président de la République n’a jamais connu le mensonge ? Le Premier Ministre n’a jamais menti ? Les députés ont-ils toujours dit la vérité ? Les médias n’ont jamais maquillé la vérité ? Les politiques (et les personnages publics) ne font que des mensonges !

Tous ces pères Fouettards qui tombent sur Cahuzac comme des oiseaux charognards sur un cadavre ensanglanté devraient revoir leur copie : il a commis une erreur et sera jugé en fonction. Avant de le condamner au bûcher regardez la France : la société inégalitaire, le fossé qui sépare les trop riches et les trop pauvres, le pouvoir qui fait oublier les vrais problèmes, les problèmes humains, la politique qui n’est qu’un tissu de mensonges, les coûts de l’appareil d’Etat luxueux, la gauche qui imite la droite et la droite qui imite la gauche à en perdre leur identité.

Cahuzac a commis un crime d’argent ! Et le reste du monde ! Et les multinationales ? Et le capitalisme sauvage ? Et les fonds occultes qui financent le terrorisme ? Et les créateurs de paradis fiscaux ? Condamnez bonnes gens ! Vous ne condamnez pas ceci car vous y trouvez votre compte, votre intérêt personnel dans la corruption mondiale !

J’ai envie de dire la fraude fiscale est moins grave que la pédophilie mais c’est trop naïf et hors sujet !

 

Autant je comprends le mensonge de Cahuzac autant je refuse les mensonges de la créature qui sert à l’Egypte de président mais ceci est encore un autre sujet !

mardi 5 mars 2013

CINQ MARS


Ce même CINQ MARS il y a dix ans déjà, en l’année 2003

Je créais une section syndicale CFDT pour combattre l’injustice. Je savais ce que c’était l’injustice, j’étais bien placée pour en juger. J’ai voulu aider ceux qui, comme moi, n’avaient trouvé personne pour les aider et porter leur voix.

 

Sept ans après, quand le cycle a pris fin, un même CINQ MARS de 2010 j’ai décidé de partir de ce que je croyais être la maison familiale, j’ai quitté ce que je croyais être une famille adoptive. Ce n’étaient ni une maison, ni une famille mais une institution froide qui m’avait poussée vers la porte parce que je voulais le bon, le vrai, le propre, le correct …Dans ce genre d’institution, les naïfs dans mon genre s’appelle des fauteurs de troubles, des avides de pouvoir, des gens qui dérangent tout le monde en disant tout haut l’indicible.

 

2 ans après, ce même CINQ MARS, il m’a été confirmé que (même avec les meilleures intentions du monde) dans une seconde institution implacable, la justice, l’honneur, la droiture n’existaient pas que le scénario se répétait et qu’il fallait repartir.

 

Aujourd’hui CINQ MARS de l’année 2013, j’ai pensé à la planète Mars, au chocolat Mars, au dieu de la guerre Mars ; à l’anniversaire de ma défunte tante née en mars, à l’anniversaire du décès de mon oncle en mars  et la littéraire en manque que je suis, a repensé à ce cher Alfred de Vigny et à son roman Cinq Mars.

Dans mon pays aujourd’hui volé, alors que je sais que je n’aurais pas Internet pour longtemps, je suis allée sur Wikisource (http://fr.wikisource.org/wiki/Cinq-Mars) j’ai copié cet extrait, pour moi, très significatif .

 

Un traité sur la chute de la féodalité, sur la position extérieure et intérieure de la France au XVIIe siècle, sur la question des alliances avec les armes étrangères, sur la justice aux mains des parlements ou des commissions secrètes et sur les accusations de sorcellerie, n’eût pas été lu peut-être ; le roman le fut.

 

Plus que jamais, la littérature, ce « miroir que l’on promène le long du chemin », reste ma passion. Moi, éprise de vérité, je relis avec délectation ces réflexions de Vigny sur la Vérité dans l’Art, ô combien d’actualité, et dont la totalité suit :

L’étude du destin général des sociétés n’est pas moins nécessaire aujourd’hui dans les écrits que l’analyse du cœur humain. Nous sommes dans un temps où l’on veut tout connaître et où l’on cherche la source de tous les fleuves. La France surtout aime à la fois l’Histoire et le Drame, parce que l’une retrace les vastes destinées de l’HUMANITÉ, et l’autre le sort particulier de l’HOMME. C’est là toute la vie. Or, ce n’est qu’à la Religion, à la Philosophie, à la Poésie pure, qu’il appartient d’aller plus loin que la vie, au delà des temps, jusqu’à l’éternité.
Dans ces dernières années (et c’est peut-être une suite de nos mouvements politiques), l’Art s’est empreint d’histoire plus fortement que jamais. Nous avons tous les yeux attachés sur nos Chroniques, comme si, parvenus à la virilité en marchant vers de plus grandes choses, nous nous arrêtions un moment pour nous rendre compte de notre jeunesse et de ses erreurs. Il a donc fallu doubler l’INTÉRÊT en y ajoutant le SOUVENIR.
Comme la France allait plus loin que les autres nations dans cet amour des faits et que j’avais choisi une époque récente et connue, je crus aussi ne pas devoir imiter les étrangers, qui, dans leurs tableaux, montrent à peine à l’horizon les hommes dominants de leur histoire ; je plaçai les nôtres sur le devant de la scène, je les fis principaux acteurs de cette tragédie dans laquelle j’avais dessein de peindre les trois sortes d’ambition qui nous peuvent remuer, et, à côté d’elles, la beauté du sacrifice de soi-même à une généreuse pensée. Un traité sur la chute de la féodalité, sur la position extérieure et intérieure de la France au XVIIe siècle, sur la question des alliances avec les armes étrangères, sur la justice aux mains des parlements ou des commissions secrètes et sur les accusations de sorcellerie, n’eût pas été lu peut-être ; le roman le fut.
Je n’ai point dessein de défendre ce dernier système de composition plus historique, convaincu que le germe de la grandeur d’une œuvre est dans l’ensemble des idées et des sentiments d’un homme et non pas dans le genre qui leur sert de forme. Le choix de telle époque nécessitera cette MANIÈRE, telle autre la devra repousser ; ce sont là des secrets du travail de la pensée qu’il n’importe point de faire connaître. A quoi bon qu’une théorie nous apprenne pourquoi nous sommes charmés ? Nous entendons les sons de la harpe ; mais sa forme élégante nous cache les ressorts de fer. Cependant, puisqu’il m’est prouvé que ce livre a en lui quelque vitalité [1], je ne puis m’empêcher de jeter ici ces réflexions sur la liberté que doit avoir l’imagination d’enlacer dans ses nœuds formateurs toutes les figures principales d’un siècle, et, pour donner plus d’ensemble à leurs actions, de faire céder parfois la réalité des faits à l’IDÉE que chacun d’eux doit représenter aux yeux de la postérité ; enfin sur la différence que je vois entre la VÉRITÉ de l’Art et le VRAI du Fait.
De même que l’on descend dans sa conscience pour juger des actions qui sont douteuses pour l’esprit, ne pourrions-nous pas aussi chercher en nous-mêmes le sentiment primitif qui donne naissance aux formes de la pensée, toujours indécises et flottantes ? Nous trouverions dans notre cœur plein de trouble, où rien n’est d’accord, deux besoins qui semblent opposés, mais qui se confondent, à mon sens, dans une source commune ; l’un est l’amour du VRAI, l’autre l’amour du FABULEUX. Le jour où l’homme a raconté sa vie à l’homme, l’Histoire est née. Mais à quoi bon la mémoire des faits véritables, si ce n’est à servir d’exemple de bien ou de mal ? Or les exemples que présente la succession lente des événements sont épars et incomplets ; il leur manque toujours un enchaînement palpable et visible, qui puisse amener sans divergence à une conclusion morale ; les actes de la famille humaine sur le théâtre du monde ont sans doute un ensemble, mais le sens de cette vaste tragédie qu’elle y joue ne sera visible qu’à l’œil de Dieu, jusqu’au dénoûment qui le révélera peut-être au dernier homme. Toutes les philosophies se sont en vain épuisées à l’expliquer, roulant sans cesse leur rocher, qui n’arrive jamais et retombe sur elles, chacune élevant son frêle édifice sur la ruine des autres et le voyant crouler à son tour. Il me semble donc que l’homme, après avoir satisfait à cette première curiosité des faits, désira quelque chose de plus complet, quelque groupe, quelque réduction à sa portée et à son usage des anneaux de cette vaste chaîne d’événements que sa vue ne pouvait embrasser ; car il voulait aussi trouver, dans les récits, des exemples qui pussent servir aux vérités morales dont il avait la conscience ; peu de destinées particulières suffisaient à ce désir, n’étant que les parties incomplètes du TOUT insaisissable de l’histoire du monde ; l’une était pour ; dire un quart, l’autre une moitié de preuve ; l’imagination fit le reste et les compléta. De là, sans doute, sortit la fable. — L’homme la créa vraie, parce qu’il ne lui est pas donné de voir autre chose que lui-même et la nature qui l’entoure ; mais il la créa VRAIE d’une VÉRITÉ toute particulière.
Cette VÉRITÉ toute belle, tout intellectuelle, que je sens, que je vois et voudrais définir, dont j’ose ici distinguer le nom de celui du VRAI, pour me mieux faire entendre, est comme l’âme de tous les arts. C’est un choix du signe caractéristique dans toutes les beautés et toutes les grandeurs du VRAI visible ; mais ce n’est pas lui-même, c’est mieux que lui ; c’est un ensemble idéal de ses principales formes, une teinte lumineuse qui comprend ses plus vives couleurs, un baume enivrant de ses parfums les plus purs, un élixir délicieux de ses sucs les meilleurs, une harmonie parfaite de ses sons les plus mélodieux ; enfin c’est une somme complète de toutes se leurs. A cette seule VÉRITÉ doivent prétendre les œuvres de l’Art qui sont une représentation morale de la vie, les œuvres dramatiques. Pour l’atteindre, il faut sans doute commencer par connaître tout le VRAI de chaque siècle, être imbu profondément de son ensemble et de ses détails ; ce n’est là qu’un pauvre mérite d’attention, de patience et de mémoire ; mais ensuite il faut choisir et grouper autour d’un centre inventé : c’est là l’œuvre de l’imagination et de ce grand BON SENS qui est le génie lui-même.
A quoi bon les Arts s’ils n’étaient que le redoublement et la contre-épreuve de l’existence ? Eh ! bon Dieu, nous ne voyons que trop autour de nous la triste et désenchanteresse réalité : la tiédeur insupportable des demi-caractères, des ébauches de vertus et de vices, des amours irrésolus, des haines mitigées, des amitiés tremblotantes, des doctrines variables, des fidélités qui ont leur hausse et leur baisse, des opinions qui s’évaporent ; laissez-nous rêver que parfois ont paru des hommes plus forts et plus grands, qui furent des bons ou des méchants plus résolus ; cela fait du bien. Si la pâleur de votre VRAI nous poursuit dans l’Art, nous fermerons ensemble le théâtre et le livre pour ne pas le rencontrer deux fois. Ce que l’on veut des œuvres qui font mouvoir des fantômes d’hommes, c’est, je le répète, le spectacle philosophique de l’homme profondément travaillé par les passions de son caractère et de son temps ; c’est donc la VÉRITÉ, de cet homme et de ce TEMPS, mais tous deux élevés à une puissance supérieure et idéale qui en concentre toutes les forces. On la reconnaît, cette VÉRITÉ, dans les œuvres de la pensée, comme l’on se récrie sur la ressemblance d’un portrait dont on n’a jamais vu l’original ; car un beau talent peint la vie plus encore que le vivant.
Pour achever de dissiper sur ce point les scrupules de quelques consciences littérairement timorées que j’ai vues saisies d’un trouble tout particulier en considérant la hardiesse avec laquelle l’imagination se jouait des personnages les plus graves qui aient jamais eu vie, je me hasarderai jusqu’à avancer que, non dans son entier, je ne l’oserais dire, mais dans beaucoup de ses pages qui ne sont peut-être pas les moins belles, L’HISTOIRE EST UN ROMAN DONT LE PEUPLE EST L’AUTEUR. — L’esprit humain ne me semble se soucier du VRAI que dans le caractère général d’une époque ; ce qui lui importe surtout, c’est la masse des événements et les grands pas de l’humanité qui emportent les individus ; mais, indifférent sur les détails, il les aime moins réels que beaux, ou plutôt grands et complets.
Examinez de près l’origine de certaines actions, de certains cris héroïques qui s’enfantent on ne sait comment : vous les verrez sortir tout faits des ON DIT et des murmures de la foule, sans avoir en eux-mêmes autre chose qu’une ombre de vérité ; et pourtant ils demeureront historiques à jamais. — Comme par plaisir et pour se jouer de la postérité, la voix publique invente des mots sublimes pour les prêter, de leur vivant même et sous leurs yeux, à des personnages qui, tout confus, s’en excusent de leur mieux comme ne méritant pas tant de gloire Alfred de Vigny Cinq Mars et ne pouvant porter si haute renommée. N’importe, on n’admet point leurs réclamations ; qu’ils les crient, qu’ils les écrivent, qu’ils les publient, qu’ils signent, on ne veut pas les écouter, leurs paroles sont sculptées dans le bronze, les pauvres gens demeurent historiques et sublimes malgré eux. Et je ne vois pas que tout cela se soit fait seulement dans les âges de barbarie, cela se passe à présent encore, et accommode l’Histoire de la veille au gré de l’opinion générale, muse tyrannique et capricieuse qui conserve l’ensemble et se joue du détail. Eh ! qui de vous n’a assisté à ses transformations ! Ne voyez-vous pas de vos yeux la chrysalide du FAIT prendre par degré les ailes de la FICTION ? — Formé à demi par les nécessités du temps, un FAIT est enfoui tout obscur et embarrassé, tout naïf, tout rude, quelquefois mal construit, comme un bloc de marbre non dégrossi ; les premiers qui le déterrent et le prennent en main le voudraient autrement tourné, et le passent à d’autres mains déjà un peu arrondi ; d’autres le polissent en le faisant circuler ; en moins de rien il arrive au grand jour transformé en statue impérissable. Nous nous récrions ; les témoins oculaires et auriculaires entassent réfutations sur explications ; les savants fouillent, feuillettent et écrivent ; on ne les écoute pas plus que les humbles héros qui se renient ; le torrent coule et emporte le tout sous la forme qu’il lui a plu de donner à ces actions individuelles. Qu’a-t-il fallu pour toute cette œuvre ? Un rien, un mot ; quelquefois le caprice d’un journaliste désœuvré. Et y perdons-nous ? Non. Le fait adopté est toujours mieux composé que le vrai, et n’est même adopté que parce qu’il est plus beau que lui ; c’est que l’HUMANITÉ ENTIÈRE a besoin que ses destinées soient pour elle-même une suite de leçons ; plus indifférente qu’on ne pense sur la RÉALITÉ DES FAITS, elle cherche à perfectionner l’événement pour lui donner une grande signification morale ; sentant bien que la succession des scènes qu’elle joue sur la terre n’est pas une comédie que, puisqu’elle avance, elle marche à un but dont faut chercher l’explication au delà de ce qui se voit.
Quant à moi, j’avoue que je sais bon gré à la voix publique d’en agir ainsi, car souvent sur la plus belle vie se trouvent des taches bizarres et des défauts d’accord qui me font peine lorsque je les aperçois. Si un homme paraît un modèle parfait d’une grande et noble faculté de l’âme, et que l’on vienne m’apprendre quelque ignoble trait qui le défigure, je m’en attriste, sans le connaître, comme d’un malheur qui me serait personnel, et je voue presque qu’il fût mort avant l’altération de son caractère.
Aussi, lorsque la MUSE (et j’appelle ainsi l’Art tout entier, tout ce qui est du domaine de l’imagination, à peu près comme les anciens nommaient MUSIQUE l’éducation entière), lorsque la MUSE vient raconter, dans ses formes passionnées, les aventures d’un personnage que je sais avoir vécu, et qu’elle recompose ses événements, selon la plus grande idée de vice ou de vertu que l’on puisse concevoir de lui, réparant les vides, voilant les disparates de sa vie et lui rendant cette unité parfaite de conduite que nous aimons à voir représentée même dans le mal ; si elle conserve d’ailleurs la seule chose essentielle à l’instruction du monde, le génie de l’époque, je ne pourquoi l’on serait plus difficile avec elle qu’avec cette voix des peuples qui fait subir chaque jour à chaque fait de si grandes mutations.
Cette liberté, les anciens la portaient dans l’histoire même ; ils n’y voulaient voir que la marche générale et le large mouvement des sociétés et des nations, et, sur ces grands fleuves déroulés dans un cours bien distinct et bien pur, ils jetaient quelques figures colossales, symboles d’un grand caractère et d’une haute pensée. On pourrait presque calculer géométriquement que, soumise à la double composition de l’opinion et de l’écrivain, leur histoire nous arrive de troisième main, et éloignée de deux degrés de la vérité du fait.
C’est qu’à leurs yeux l’Histoire aussi était une œuvre de l’Art ; et, pour avoir méconnu que c’est là sa nature, le monde chrétien tout entier a encore à désirer un monument historique, pareil à ceux qui dominent l’ancien monde et consacrent la mémoire de ses destinées, comme ses pyramides, ses obélisques, ses pylônes et ses portiques dominent encore la terre qui lui fut connue, et y consacrent la grandeur antique.
Si donc nous trouvons partout les traces de ce penchant à déserter le POSITIF, pour apporter L’IDÉAL jusque dans les annales, je crois qu’à plus forte raison l’on doit s’abandonner à une grande indifférence de la réalité historique pour juger les œuvres dramatiques, poëmes, romans ou tragédies, qu’empruntent à l’histoire des personnages mémorables. L’ART ne doit jamais être considéré que dans ses rapports avec sa BEAUTÉ IDÉALE. Il faut le dire, ce qu’il y a de VRAI n’est que secondaire, c’est seulement une illusion de plus dont il s’embellit, un de nos penchants qu’il caresse. Il pourrait s’en passer, car la VÉRITÉ dont il doit se nourrir est la vérité d’observation