Ma plume

Ecrire c'est lever toutes les censures (Jean Genet)







Toute ressemblance avec ...








mardi 5 mars 2013

CINQ MARS


Ce même CINQ MARS il y a dix ans déjà, en l’année 2003

Je créais une section syndicale CFDT pour combattre l’injustice. Je savais ce que c’était l’injustice, j’étais bien placée pour en juger. J’ai voulu aider ceux qui, comme moi, n’avaient trouvé personne pour les aider et porter leur voix.

 

Sept ans après, quand le cycle a pris fin, un même CINQ MARS de 2010 j’ai décidé de partir de ce que je croyais être la maison familiale, j’ai quitté ce que je croyais être une famille adoptive. Ce n’étaient ni une maison, ni une famille mais une institution froide qui m’avait poussée vers la porte parce que je voulais le bon, le vrai, le propre, le correct …Dans ce genre d’institution, les naïfs dans mon genre s’appelle des fauteurs de troubles, des avides de pouvoir, des gens qui dérangent tout le monde en disant tout haut l’indicible.

 

2 ans après, ce même CINQ MARS, il m’a été confirmé que (même avec les meilleures intentions du monde) dans une seconde institution implacable, la justice, l’honneur, la droiture n’existaient pas que le scénario se répétait et qu’il fallait repartir.

 

Aujourd’hui CINQ MARS de l’année 2013, j’ai pensé à la planète Mars, au chocolat Mars, au dieu de la guerre Mars ; à l’anniversaire de ma défunte tante née en mars, à l’anniversaire du décès de mon oncle en mars  et la littéraire en manque que je suis, a repensé à ce cher Alfred de Vigny et à son roman Cinq Mars.

Dans mon pays aujourd’hui volé, alors que je sais que je n’aurais pas Internet pour longtemps, je suis allée sur Wikisource (http://fr.wikisource.org/wiki/Cinq-Mars) j’ai copié cet extrait, pour moi, très significatif .

 

Un traité sur la chute de la féodalité, sur la position extérieure et intérieure de la France au XVIIe siècle, sur la question des alliances avec les armes étrangères, sur la justice aux mains des parlements ou des commissions secrètes et sur les accusations de sorcellerie, n’eût pas été lu peut-être ; le roman le fut.

 

Plus que jamais, la littérature, ce « miroir que l’on promène le long du chemin », reste ma passion. Moi, éprise de vérité, je relis avec délectation ces réflexions de Vigny sur la Vérité dans l’Art, ô combien d’actualité, et dont la totalité suit :

L’étude du destin général des sociétés n’est pas moins nécessaire aujourd’hui dans les écrits que l’analyse du cœur humain. Nous sommes dans un temps où l’on veut tout connaître et où l’on cherche la source de tous les fleuves. La France surtout aime à la fois l’Histoire et le Drame, parce que l’une retrace les vastes destinées de l’HUMANITÉ, et l’autre le sort particulier de l’HOMME. C’est là toute la vie. Or, ce n’est qu’à la Religion, à la Philosophie, à la Poésie pure, qu’il appartient d’aller plus loin que la vie, au delà des temps, jusqu’à l’éternité.
Dans ces dernières années (et c’est peut-être une suite de nos mouvements politiques), l’Art s’est empreint d’histoire plus fortement que jamais. Nous avons tous les yeux attachés sur nos Chroniques, comme si, parvenus à la virilité en marchant vers de plus grandes choses, nous nous arrêtions un moment pour nous rendre compte de notre jeunesse et de ses erreurs. Il a donc fallu doubler l’INTÉRÊT en y ajoutant le SOUVENIR.
Comme la France allait plus loin que les autres nations dans cet amour des faits et que j’avais choisi une époque récente et connue, je crus aussi ne pas devoir imiter les étrangers, qui, dans leurs tableaux, montrent à peine à l’horizon les hommes dominants de leur histoire ; je plaçai les nôtres sur le devant de la scène, je les fis principaux acteurs de cette tragédie dans laquelle j’avais dessein de peindre les trois sortes d’ambition qui nous peuvent remuer, et, à côté d’elles, la beauté du sacrifice de soi-même à une généreuse pensée. Un traité sur la chute de la féodalité, sur la position extérieure et intérieure de la France au XVIIe siècle, sur la question des alliances avec les armes étrangères, sur la justice aux mains des parlements ou des commissions secrètes et sur les accusations de sorcellerie, n’eût pas été lu peut-être ; le roman le fut.
Je n’ai point dessein de défendre ce dernier système de composition plus historique, convaincu que le germe de la grandeur d’une œuvre est dans l’ensemble des idées et des sentiments d’un homme et non pas dans le genre qui leur sert de forme. Le choix de telle époque nécessitera cette MANIÈRE, telle autre la devra repousser ; ce sont là des secrets du travail de la pensée qu’il n’importe point de faire connaître. A quoi bon qu’une théorie nous apprenne pourquoi nous sommes charmés ? Nous entendons les sons de la harpe ; mais sa forme élégante nous cache les ressorts de fer. Cependant, puisqu’il m’est prouvé que ce livre a en lui quelque vitalité [1], je ne puis m’empêcher de jeter ici ces réflexions sur la liberté que doit avoir l’imagination d’enlacer dans ses nœuds formateurs toutes les figures principales d’un siècle, et, pour donner plus d’ensemble à leurs actions, de faire céder parfois la réalité des faits à l’IDÉE que chacun d’eux doit représenter aux yeux de la postérité ; enfin sur la différence que je vois entre la VÉRITÉ de l’Art et le VRAI du Fait.
De même que l’on descend dans sa conscience pour juger des actions qui sont douteuses pour l’esprit, ne pourrions-nous pas aussi chercher en nous-mêmes le sentiment primitif qui donne naissance aux formes de la pensée, toujours indécises et flottantes ? Nous trouverions dans notre cœur plein de trouble, où rien n’est d’accord, deux besoins qui semblent opposés, mais qui se confondent, à mon sens, dans une source commune ; l’un est l’amour du VRAI, l’autre l’amour du FABULEUX. Le jour où l’homme a raconté sa vie à l’homme, l’Histoire est née. Mais à quoi bon la mémoire des faits véritables, si ce n’est à servir d’exemple de bien ou de mal ? Or les exemples que présente la succession lente des événements sont épars et incomplets ; il leur manque toujours un enchaînement palpable et visible, qui puisse amener sans divergence à une conclusion morale ; les actes de la famille humaine sur le théâtre du monde ont sans doute un ensemble, mais le sens de cette vaste tragédie qu’elle y joue ne sera visible qu’à l’œil de Dieu, jusqu’au dénoûment qui le révélera peut-être au dernier homme. Toutes les philosophies se sont en vain épuisées à l’expliquer, roulant sans cesse leur rocher, qui n’arrive jamais et retombe sur elles, chacune élevant son frêle édifice sur la ruine des autres et le voyant crouler à son tour. Il me semble donc que l’homme, après avoir satisfait à cette première curiosité des faits, désira quelque chose de plus complet, quelque groupe, quelque réduction à sa portée et à son usage des anneaux de cette vaste chaîne d’événements que sa vue ne pouvait embrasser ; car il voulait aussi trouver, dans les récits, des exemples qui pussent servir aux vérités morales dont il avait la conscience ; peu de destinées particulières suffisaient à ce désir, n’étant que les parties incomplètes du TOUT insaisissable de l’histoire du monde ; l’une était pour ; dire un quart, l’autre une moitié de preuve ; l’imagination fit le reste et les compléta. De là, sans doute, sortit la fable. — L’homme la créa vraie, parce qu’il ne lui est pas donné de voir autre chose que lui-même et la nature qui l’entoure ; mais il la créa VRAIE d’une VÉRITÉ toute particulière.
Cette VÉRITÉ toute belle, tout intellectuelle, que je sens, que je vois et voudrais définir, dont j’ose ici distinguer le nom de celui du VRAI, pour me mieux faire entendre, est comme l’âme de tous les arts. C’est un choix du signe caractéristique dans toutes les beautés et toutes les grandeurs du VRAI visible ; mais ce n’est pas lui-même, c’est mieux que lui ; c’est un ensemble idéal de ses principales formes, une teinte lumineuse qui comprend ses plus vives couleurs, un baume enivrant de ses parfums les plus purs, un élixir délicieux de ses sucs les meilleurs, une harmonie parfaite de ses sons les plus mélodieux ; enfin c’est une somme complète de toutes se leurs. A cette seule VÉRITÉ doivent prétendre les œuvres de l’Art qui sont une représentation morale de la vie, les œuvres dramatiques. Pour l’atteindre, il faut sans doute commencer par connaître tout le VRAI de chaque siècle, être imbu profondément de son ensemble et de ses détails ; ce n’est là qu’un pauvre mérite d’attention, de patience et de mémoire ; mais ensuite il faut choisir et grouper autour d’un centre inventé : c’est là l’œuvre de l’imagination et de ce grand BON SENS qui est le génie lui-même.
A quoi bon les Arts s’ils n’étaient que le redoublement et la contre-épreuve de l’existence ? Eh ! bon Dieu, nous ne voyons que trop autour de nous la triste et désenchanteresse réalité : la tiédeur insupportable des demi-caractères, des ébauches de vertus et de vices, des amours irrésolus, des haines mitigées, des amitiés tremblotantes, des doctrines variables, des fidélités qui ont leur hausse et leur baisse, des opinions qui s’évaporent ; laissez-nous rêver que parfois ont paru des hommes plus forts et plus grands, qui furent des bons ou des méchants plus résolus ; cela fait du bien. Si la pâleur de votre VRAI nous poursuit dans l’Art, nous fermerons ensemble le théâtre et le livre pour ne pas le rencontrer deux fois. Ce que l’on veut des œuvres qui font mouvoir des fantômes d’hommes, c’est, je le répète, le spectacle philosophique de l’homme profondément travaillé par les passions de son caractère et de son temps ; c’est donc la VÉRITÉ, de cet homme et de ce TEMPS, mais tous deux élevés à une puissance supérieure et idéale qui en concentre toutes les forces. On la reconnaît, cette VÉRITÉ, dans les œuvres de la pensée, comme l’on se récrie sur la ressemblance d’un portrait dont on n’a jamais vu l’original ; car un beau talent peint la vie plus encore que le vivant.
Pour achever de dissiper sur ce point les scrupules de quelques consciences littérairement timorées que j’ai vues saisies d’un trouble tout particulier en considérant la hardiesse avec laquelle l’imagination se jouait des personnages les plus graves qui aient jamais eu vie, je me hasarderai jusqu’à avancer que, non dans son entier, je ne l’oserais dire, mais dans beaucoup de ses pages qui ne sont peut-être pas les moins belles, L’HISTOIRE EST UN ROMAN DONT LE PEUPLE EST L’AUTEUR. — L’esprit humain ne me semble se soucier du VRAI que dans le caractère général d’une époque ; ce qui lui importe surtout, c’est la masse des événements et les grands pas de l’humanité qui emportent les individus ; mais, indifférent sur les détails, il les aime moins réels que beaux, ou plutôt grands et complets.
Examinez de près l’origine de certaines actions, de certains cris héroïques qui s’enfantent on ne sait comment : vous les verrez sortir tout faits des ON DIT et des murmures de la foule, sans avoir en eux-mêmes autre chose qu’une ombre de vérité ; et pourtant ils demeureront historiques à jamais. — Comme par plaisir et pour se jouer de la postérité, la voix publique invente des mots sublimes pour les prêter, de leur vivant même et sous leurs yeux, à des personnages qui, tout confus, s’en excusent de leur mieux comme ne méritant pas tant de gloire Alfred de Vigny Cinq Mars et ne pouvant porter si haute renommée. N’importe, on n’admet point leurs réclamations ; qu’ils les crient, qu’ils les écrivent, qu’ils les publient, qu’ils signent, on ne veut pas les écouter, leurs paroles sont sculptées dans le bronze, les pauvres gens demeurent historiques et sublimes malgré eux. Et je ne vois pas que tout cela se soit fait seulement dans les âges de barbarie, cela se passe à présent encore, et accommode l’Histoire de la veille au gré de l’opinion générale, muse tyrannique et capricieuse qui conserve l’ensemble et se joue du détail. Eh ! qui de vous n’a assisté à ses transformations ! Ne voyez-vous pas de vos yeux la chrysalide du FAIT prendre par degré les ailes de la FICTION ? — Formé à demi par les nécessités du temps, un FAIT est enfoui tout obscur et embarrassé, tout naïf, tout rude, quelquefois mal construit, comme un bloc de marbre non dégrossi ; les premiers qui le déterrent et le prennent en main le voudraient autrement tourné, et le passent à d’autres mains déjà un peu arrondi ; d’autres le polissent en le faisant circuler ; en moins de rien il arrive au grand jour transformé en statue impérissable. Nous nous récrions ; les témoins oculaires et auriculaires entassent réfutations sur explications ; les savants fouillent, feuillettent et écrivent ; on ne les écoute pas plus que les humbles héros qui se renient ; le torrent coule et emporte le tout sous la forme qu’il lui a plu de donner à ces actions individuelles. Qu’a-t-il fallu pour toute cette œuvre ? Un rien, un mot ; quelquefois le caprice d’un journaliste désœuvré. Et y perdons-nous ? Non. Le fait adopté est toujours mieux composé que le vrai, et n’est même adopté que parce qu’il est plus beau que lui ; c’est que l’HUMANITÉ ENTIÈRE a besoin que ses destinées soient pour elle-même une suite de leçons ; plus indifférente qu’on ne pense sur la RÉALITÉ DES FAITS, elle cherche à perfectionner l’événement pour lui donner une grande signification morale ; sentant bien que la succession des scènes qu’elle joue sur la terre n’est pas une comédie que, puisqu’elle avance, elle marche à un but dont faut chercher l’explication au delà de ce qui se voit.
Quant à moi, j’avoue que je sais bon gré à la voix publique d’en agir ainsi, car souvent sur la plus belle vie se trouvent des taches bizarres et des défauts d’accord qui me font peine lorsque je les aperçois. Si un homme paraît un modèle parfait d’une grande et noble faculté de l’âme, et que l’on vienne m’apprendre quelque ignoble trait qui le défigure, je m’en attriste, sans le connaître, comme d’un malheur qui me serait personnel, et je voue presque qu’il fût mort avant l’altération de son caractère.
Aussi, lorsque la MUSE (et j’appelle ainsi l’Art tout entier, tout ce qui est du domaine de l’imagination, à peu près comme les anciens nommaient MUSIQUE l’éducation entière), lorsque la MUSE vient raconter, dans ses formes passionnées, les aventures d’un personnage que je sais avoir vécu, et qu’elle recompose ses événements, selon la plus grande idée de vice ou de vertu que l’on puisse concevoir de lui, réparant les vides, voilant les disparates de sa vie et lui rendant cette unité parfaite de conduite que nous aimons à voir représentée même dans le mal ; si elle conserve d’ailleurs la seule chose essentielle à l’instruction du monde, le génie de l’époque, je ne pourquoi l’on serait plus difficile avec elle qu’avec cette voix des peuples qui fait subir chaque jour à chaque fait de si grandes mutations.
Cette liberté, les anciens la portaient dans l’histoire même ; ils n’y voulaient voir que la marche générale et le large mouvement des sociétés et des nations, et, sur ces grands fleuves déroulés dans un cours bien distinct et bien pur, ils jetaient quelques figures colossales, symboles d’un grand caractère et d’une haute pensée. On pourrait presque calculer géométriquement que, soumise à la double composition de l’opinion et de l’écrivain, leur histoire nous arrive de troisième main, et éloignée de deux degrés de la vérité du fait.
C’est qu’à leurs yeux l’Histoire aussi était une œuvre de l’Art ; et, pour avoir méconnu que c’est là sa nature, le monde chrétien tout entier a encore à désirer un monument historique, pareil à ceux qui dominent l’ancien monde et consacrent la mémoire de ses destinées, comme ses pyramides, ses obélisques, ses pylônes et ses portiques dominent encore la terre qui lui fut connue, et y consacrent la grandeur antique.
Si donc nous trouvons partout les traces de ce penchant à déserter le POSITIF, pour apporter L’IDÉAL jusque dans les annales, je crois qu’à plus forte raison l’on doit s’abandonner à une grande indifférence de la réalité historique pour juger les œuvres dramatiques, poëmes, romans ou tragédies, qu’empruntent à l’histoire des personnages mémorables. L’ART ne doit jamais être considéré que dans ses rapports avec sa BEAUTÉ IDÉALE. Il faut le dire, ce qu’il y a de VRAI n’est que secondaire, c’est seulement une illusion de plus dont il s’embellit, un de nos penchants qu’il caresse. Il pourrait s’en passer, car la VÉRITÉ dont il doit se nourrir est la vérité d’observation
 

dimanche 10 février 2013

Ephéméride 10 février


J’ai rêvé qu’on pouvait parler sans être interrompu. J’ai rêvé qu’on pouvait parler et être entendu. J’ai rêvé qu’on pouvait exprimer sa colère sans que trente-six censeurs ne s’érigent en vous disant : « calme-toi », « ne t’énerve pas », «  ce n’est pas bien de s’énerver comme ça ». J’ai rêvé qu’on pouvait être franc sans être vulnérable. J’ai rêvé qu’on pouvait être tolérant sans être stupide. J‘ai rêvé qu’on pouvait être généreux sans être idiot. J’ai rêvé qu’on pouvait être courageux sans être téméraire. J’ai rêvé qu’on pouvait être chef sans être avide de pouvoir.  J’ai rêvé qu’ils pouvaient être honnêtes, qu’elles pouvaient être claires, que vous pouviez comprendre, que nous puissions rêver d’un monde meilleur. Et je me suis réveillée…

mardi 5 février 2013

Ephéméride 5 février 2013


Ephéméride

 

Quand on veut modifier ses papiers d’identité dans mon pays, il faut s’attendre à tout ! Jusqu’en 2011, il était normal de n’avoir aucun droit, normal de se faire traiter de sous-merde par un fonctionnaire miteux ou une voilée qui pue. Il fallait attendre Godot tout en ne sachant pas qu’on l’attendait. Il fallait supplier, soudoyer, gueuler, se taper la tête contre le mur… c’était c comme ça et pas autrement.

Après l’éjection de Moubarak (puisque ça se limite à ça ce qu’on fait depuis deux ans) c’est la boîte-surprise tout le temps, partout, et avec tout le monde. Dans la rue, dans les administrations, avec autorité, avec les défuntes lois…

Toujours est-il que je voulais changer mon adresse et la dénomination de ma profession. Du 18 au 39 il y a au moins 11 points ! Quant à ma profession, je trouvais plutôt patibulaire de continuer à être consultante du directeur de la Bibliothèque d’Alexandrie puisque je n’ai été consulté en rien et que mon pauvre métier est malmené et que tout le monde ne comprend pas de la même manière ce que veut dire une bibliothèque.

Bref, je remplis les formulaires, je fais les photocopies, je réponds sagement à monseigneur moustachu et bureaucrate et je m’entends dire : vous êtes « demoiselle » en français on aurait dit célibataire et ça passait… Indépendamment du fait que la question était superflue puisque je ne demandais pas à changer mon état civil, ça fait bizarre quand même qu’une personne que vous ne connaissez ni d’Adam ni d’Eve s’inquiète de l’état de votre hymen ou de votre potentielle virginité. J’ai osé un timide « comme c’est écrit » et j’ai avalé ma colère. Ma carte d’identité avec la mention responsable de la médiathèque (je ne suis pas responsable et il n’y a plus de médiathèque) avait déjà été déchirée par un petit officier de merde, je ne voulais pas que la nouvelle subisse le même sort avant de voir le jour. 

jeudi 15 septembre 2011

Moi qui croyais ne plus écrire !

Ca faisait très longtemps que je n’avais pas eu envie de dire « je vais faire un texte » et pourtant ce 12 février 2009 (avant le vendredi 13 heureusement) je prends le train pour aller à la capitale infernale de l’Egypte. Un peu assommée par le manque de sommeil et par l’achats de deux billets qui n’ont servi à rien et le paiement d’un troisième in extremis je ne me rends pas trop compte de la « froidure » qui règne dans le wagon de ce train autrefois qualifié d’espagnol. Ne voyez là aucun clin d’œil ibérique, voyez simplement une garantie des railways d’Egypte que toute autre nationalité hormis l’égyptienne arrive à l’heure. Bon bref, ce n’est pas notre propos. Notre propos c’est le retour dans le même train qualifié d’espagnol (encore)
Je suis au téléphone, ce qui est pléonasme concernant ma modeste petite personne. Pendant une heure une amie me « mange les oreilles » comme dirait l’autre et je m’aperçois à peine qu’un vent glacial commence à pénétrer mes pauvres bras devenus graisseux et autrefois maigres.
Au même instant, je vois un jeune homme, vêtu d’une chemise grise (style balzacien : moi, pas la chemise) qui se penche vers un passager du train, qui lui chuchote aimablement des choses en tenant à la main quelque chose qui ressemble à une poignée de porte, puis il traverse élégamment le wagon avec un sourire qui se voudrait charmeur mais qui n’est que niais. Arrivé à ma hauteur, une communication supranaturelle s’établit entre nous et je comprends que c’est le technicien de la climatisation.
Oui oui vous avez bien lu, je ne me suis pas trompée, ce n’est pas le chauffage c’est la climatisation, en février, avec 18 °degrés à l’extérieur, des pulls, des écharpes, des manteaux …. Mais climatisation quand même.
Avec ma superbe naïveté d’égyptienne qui s’entête à ne pas comprendre les rouages mystérieux qui régissent ce pays, je me lève, portable à la main et je lui dis :
-          Attendez, j’ai bien compris, il y a  la clim dans ce train
et il me répond avec un clin d’œil malin, « Je vais la baisser »
et je lui rétorque soulagée « ah oui s’il vous plaît, sauf erreur de ma part, nous sommes en février »
Quelques minutes passent, je suis toujours au téléphone et je recommence à sentir le même souffle glacial (je suis dans les polars actuellement pour raisons de thèse)
Le souffle glacial me dérange donc et je me lève pour chercher le jeune homme charmant à la chemise grise. Je le trouve devant les WC qui par un hasard extraordinaire se trouvent juste en face de l’énorme armoire abritant des centaines de petits interrupteurs et que l’on ouvre avec la poignée de porte qui eut l’audace de traverser le wagon au bout de celui que j’appelais le technicien de la climatisation.
Parmi ces centaines de petits interrupteurs il y en avait un qui m’intéressait : celui de la clim ; j’avais l’outrecuidance d’avoir froid en février dans un train dont le billet m’a coûté 50 livres (tous pourboires compris)
Celui que j’appelle encore le jeune homme à la chemise grise est là avec son sourire voulu séducteur mais imbécile.
J’entame à nouveau la conversation (celle-ci étant intacte) avec lui :
Vous avez remis la clim ?
  • Si j’éteins la clim il fera trop chaud
  • Mais cher Monsieur nous sommes dans la saison hivernale qui comprend si je ne m’abuse le mois de février
  • Ce n’est pas possible d’éteindre complètement la clim je l’ai baissée et cela suffit
(Changement de ton de part et d’autre)
Ah oui et qui est-ce qui décide si ça suffit ou pas ?
  • moi
Et vous êtes qui ?
  • je travaille ici
C’est quelqu’un de responsable qui vous a demandé ça ou c’est de votre propre initiative ?
  • de quoi vous vous mêlez ?
Aie Aie Aie, on dérape là et je commence à hausser ce ton qui en dérange plus d’un !
Ecoutez, j’ai payé un billet et j’estime avoir le droit de ne pas avoir froid en février à cause de la climatisation
  • je suis responsable et c’est moi qui m’en occupe
Peut-être alors on pose la question aux autres voyageurs ?
Le Wagon contenant une soixantaine d’êtres humains (je suppose) dont 57 êtres masculins ; 1 dame normale et une dame voilée et bibi est en émoi mais en émoi tranquille. Ca voudrait dire qu’à peu près 50 personnes une centaine de paires d’yeux (je n’ai pas compté les borgnes, les non-voyants, les endormis et les téléphoneurs) sont tournés vers moi et celui que jadis j’appelais le jeune homme à la chemise grise et qui maintenant s’appelle maintenant le directeur du chaud et froid responsable de la climatisation en hiver et du chauffage en été.
Ils sont encore silencieux, à leur regard je dénombre une quarantaine de machos et une dizaine d’abrutis
A leur regard, je comprends, c’est quoi cette nana hystérique qui a froid et qui engueule le directeur du chaud et froid responsable de la climatisation en hiver et du chauffage en été ? C’est vous dire si l’hostilité est ambiante
  • Vous voulez qu’on éteigne la clim ? harangue la foule le directeur du chaud et froid responsable de la climatisation en hiver et du chauffage en été.
Je suis dans l’expectative où me rejoint un bonhomme de type maffieux qui discutait le bout de gras avec son copain debout devant moi.
 Il était 20 heures et des poussières et le monsieur arborait de superbes lunettes de soleil lui donnant un air légèrement maffieux teinté de ridicule (l’air pas les lunettes)
  • Pourquoi vous ne mettez pas votre manteau ? car il a admirablement déduit que ce truc noir suspendu à côté de mon siège et fabriqué en laine devait être mon manteau
Je fulmine intérieurement et grande dame ne répond pas
J’attends les résultats du référendum. Vous aussi je suppose ?
Eh bien ? Vous ne connaissez pas l’Egypte ? 50 mecs qui se taisent et une nana qui parle, vous croyez que c’est normal ? une nana qui agresse (allez-y c’est la mode, la jardilliaire me l’a déjà faite) le directeur du chaud et froid responsable de la climatisation en hiver et du chauffage en été. ? une nana qui hausse le ton (ça aussi c’est pas bien du tout) ?
Résultats : ils hochent la tête en disant n’éteignez pas la clim.
Paf dans mes gencives !
Le directeur du chaud et froid responsable de la climatisation en hiver et du chauffage en été me regarde d’un air victorieux, commence à pavaner dans le wagon et s’incline devant un monsieur barbu qui doit lui dire : qu’est-ce qu’on ne doit pas entendre, c’est une nana et c’est un pécher d’entre sa voix.
Deux gros rigolent avec lui et moi je rumine ma défaite.
C’est alors que le maffieux teinté de ridicule me répète d’un ton goguenard : mettez votre manteau »
Et c’est alors mes enfants qu’il se prend la plus méprisante et la plus glaciale des réponses de sa vie de macho :
  • Toi Coco, tu ne te mêle pas, on ne t’a pas demandé ton avis, au lieu de te mêler de ce qui ne te regarde pas et de bavarder debout avec ton copain et de déranger ma lecture (alors que je téléphonais) tu devrais gagner ta place illico presto
Mon souffre-douleur qui en a pris pour tout le monde est stupéfait mais trouve la force de me répondre :
« Doucement pourquoi vous criez ?» (Cette phrase qui a l’air anodine comme ça est devenue la devise passe-partout de l’Egypte moderne et fera l’objet d’un texte prochain)
Je ne criais pas encore et c’est là pour lui montrer la différence que je hurle :
TA GUEULE
Coup de théâtre !!!
le directeur du chaud et froid responsable de la climatisation en hiver et du chauffage en été est abordé par un petit monsieur que j’avais mal classé dans mes catégories arbitraires, subjectives et fières de l’être, un petit monsieur barbichu qui hausse le ton (lui aussi) et dit :
  • Qu’est-ce que vous avez tous ? en hiver on met le chauffage pas la clim
Dieu du ciel, je croyais (comme Dupont pour les mirages : vous ne lisez pas tintin ? c’est dommage) qu’on les avait supprimés !
Je bondis de ma place en ayant la ferme intention d’embrasser ce monsieur sur les deux joues et de le serrer contre mon cœur ulcéré par l’injustice de la foule.
La traversée du wagon calme mes ardeurs et je me penche, je lui serre la main et je déclame :
Cher Monsieur, heureusement que vous existez sinon je me serai crue folle comme en est convaincu la totalité de ce wagon.
Ce cher barbichu n’était donc ni borgne, ni aveugle, ni abruti, ni macho, ni voilé…Il y en a de moins en moins en Egypte !

La parole s’en va, l’écrit reste…



Les plumes, on les perd, on nous les casse, on les encense, on les récompense et on les punit.
A l’école nous avons appris à lire et à écrire. Nous avons écrit des choses qui nous étaient demandées. Nous avons écrit des pages et des pages dont ne nous sommes peut-être pas  souvenus. Nous avons tenté de mettre des signes noirs sur une feuille blanche. Certains étaient à l’aise à l’oral, d’autres l’étaient plus à l’écrit. L’oral a toujours terrorisé plus que l’écrit. Les affres de la feuille blanche étant certainement plus supportables que les intimidations du jury de l’oral.
Ceux qui ont fait de l’écrit leur métier ont dû mettre dans la balance, le positif, le négatif et tout ce qui s’en suit.
Ceux qui ont fait de l’écriture leur moyen d’expression avaient certes des raisons de le faire.
Ceux qui ont fait de l’écrit leur canal d’expression étaient peut-être trop francs, trop téméraires.
Ceux qui ont lu ont jugé : ils aiment, ils n’aiment pas, ils interdisent, ils menacent, ils répriment.
Une chose est certaine, c’est qu’on peut écrire sans danger mais gare à ceux qui écrivent pour déranger.
Ceux qui écrivent sont courageux, ceux qui sont dérangés sont faibles, ceux qui répondent sont courageux, ceux qui punissent sont INQUALIFIABLES

jeudi 1 septembre 2011

La Pieuvre (2006)


Des dangers du tentaculaire…

Pieuvre :Je t’aime beaucoup
Victime 1 : Moi aussi
Pieuvre :Mais toi tu ne m’aimes pas comme je t’aime
Victime 1 : Pourquoi dis-tu ça ? C en’est pas vrail

La victime 1 essaye de se justifier

Pieuvre :Tu ne m’a pas téléphoné
Vicime 2 : Excuse-moi j’étais occupé (e)
(la pieuvre fait la moue)
Victime 2 : Tu es fâché (e)
Pieuvre (boude) : Non
Victime 2 : Ne m’en veux pas je t’en prie
Pieuvre (boude toujours) : D’accord

La victime 2 tentera par tous les moyens de se racheter

Pieuvre :Quelles nouvelles ?
Victime 3 : Bah…
Pieuvre :Comment va machin ? Bidule est revenu ?  Trucmuche est réconcilié avec machinchouette?
Victime 3 : Machin va bien. Bidule revient demain. Trucmuche et machinchouette sont toujours fâchés.
Pieuvre :Pourquoi tu ne m’a pas raconté ?
Victime 3 (sérieusement embêté) : euh…j e n’y ai pas pensé
Pieuvre :et pourtant moi je te raconte tout : la maladie de ma tante, le divorce de ma voisine, les rhumatismes de ma cousine, les problèmes d’argent de l’épicier, l’échec scolaire du fils de mon amie, les dettes de mon beau-frère…Des tas de choses très intéressantes dont tu ne saurais absolument pas te passer
Victime 3 : Euh…(tout bas) mais je ne veux pas savoir moi tout ça
(tout haut ) oui oui bien sûr, la prochaine fois j’essayerai de faire mieux


Pieuvre :J’ai besoin de queues de cerises
Esclave 1 : j’y cours
Pieuvre : j’ai besoin d’une marque de bonbons qu’on ne trouve qu’à 50 kilomètres
Esclave 2 : j’y vole
Pieuvre :j’ai besoin de transporter 3 tonnes de riz à l’étranger
Esclave 3 : D’accord

L’esclave 1 est reconnaissant parce que la pieuvre l’a aidé à ouvrir un compte en banque
L’esclave 2 veut faire plaisir à la pieuvre qui est tellement gentille avec lui
L’esclave 3 ne se pose même pas la question pourquoi devrait-il transporter 3 tonnes de riz ? C’est tellement normal de demander ça…


Pieuvre :Je veux te raconter quelque chose
Victime 4 : oui
Pieuvre : Il est venu à 16 heures, il m’a dit bonjour, je lui ai répondu à 16h il faut dire bonsoir il a rétorqué je suis libre de dire ce que je veux alors moi j’ai trouvé qu’il était mal élevé et je le lui ai fait remarquer il n’était pas content du tout et m’a crié de me mêler de mes affaires
Qu’en penses-tu ?
Victime 4 : Euh…c’est peut-être son affaire de dire bonjour ou bonsoir
Pieuvre : Oui mais quand il s’adresse à moi, « ch’peupa » accepter
Victime 4 : Pourquoi lui dire qu’il est mal élevé
Pieuvre : Parce qu’il l’est, je ne comprends pas pourquoi tu le défends. Tu n’es pas mon ami ? Tu dois toujours dire que j’ai raison et que les autres ont tort. C’est ça l’amitié
Victime 4 : je peux aller faire pipi ?
7 mois, 18 jours et 3 heures après
Pieuvre : tu te souviens du jour où je t’ai demandé s’il fallait dire bonjour ou bonsoir. Tu as aveuglément pris la défense de la personne qui m’a manqué de respect. Tu vois moi je suis très triste parce que si quelqu’un te disait bonsoir au lieu de te dire bonjour moi je n’aurais pas peur de lui dire la vérité. Mais toi… c’est décevant, je suis déçue, terriblement déçue

Et la victime 4 passera le restant de ses jours à s’excuser de cette déception, à culpabiliser à se mordre les doigts alors qu’elle n’a rien à faire dans l’histoire.


Pieuvre : (d’une voix basse et d’un ton conspirateur) Viens, j’ai un truc à te dire…
Victime 5 : oui
Pieuvre : les pantalons bleus ne sont plus à la mode. Tu fais plouc !
Victime 5 : Euh…je l’aime bien pourtant ce pantalon
Pieuvre : tu es mon amie et je veux ton bien, moi à la limite je le trouve très bien mais c’est les autres…
Victime 5 : Les autres ?
Pieuvre : (avec une moue dégoûtée) Eh oui tout le monde en parle..
Victime 5 : Ah bon ? tout le monde ? qui par exemple ?
Pieuvre : ah non ça « ch’peupa » te dire, tu sais je n’aime pas semer la zizanie. Par contre pour ton bien, je te conseille de ne plus mettre ce pantalon bleu, d’ailleurs….
Victime 5 : quoi
Pieuvre : Non non rien
Victime 5 : Mais si mais si dis-moi !
Pieuvre 5 : Non après tu risques de dire que je me mêle de ce qui ne me regarde pas
Victime 5 : mais puisque je te dis ! vas-y
Pieuvre : les pantalons de manière générale ne te vont pas du tout. Il te faut faire un régime. Enfin moi je dis ça parce que je ne veux pas que tu aies l’air moche !
Victime 5 : Merci

Et la victime 5 n’osera jamais dire à la pieuvre qu’elle ne s’est pas regardée dans un miroir et qu’il y aurait un roman-fleuve à écrire sur sa tenue…mais bon ! Harcèlement quand tu nous tiens !

Pieuvre : Bonjour ma chérie, tu vas bien ? et ta maman , et ton papa ? et tes voisins. Si tu as le temps, viens papoter avec moi.
Victime 6 (pressée) :d’accord, je finis un truc et j’arrive
Pieuvre : attends, juste une seconde… ton t-shirt est très bien tu l’as acheté où
Victime 6 : euh..dans une boutique, je ne sais plus où..
Pieuvre : oh la la c’est dommage, j’en voudrais bien un
Victime 6 : je finis un truc et j’arrive
Pieuvre : d’accord , d’accord
La victime 6 oublie l’affaire, rentre chez elle et il se passe quelques jours avant qu’elle ne remette le T-Shirt en question et tombe sur la pieuvre
Pieuvre : Ah …c’est le fameux T-shirt, tu ne peux vraiment m’expliquer où c’est ?
Victime 6 : Tu vois c’est la rue qui part en perpendiculaire….
Pieuvre : ah non je pourrai jamais y aller toute seule. Si tu m’avais dit plus tôt
Victime 6 : je ne me souvenais vraiment pas
Pieuvre : Et je ne peux pas te donner l’argent et toi tu me l’achètes ?
Victime 6 (assommée par la culpabilité) oui oui bien sûr. Je te l’achète et tu me rembourseras
Victime 6 sait que si elle prend l’argent elle aura droit à trois fois par jour : et le T-shirt, enfin , prends ton temps, rien ne presse, ….
Victime 6 achète le T-shirt, ne veut pas être remboursée et ne veut plus en entendre parler. Elle a même jeté par la fenêtre son propre T-Shirt

Pieuvre : Mon coiffeur est en voyage
Victime 7 : Ah ?!
Pieuvre : il rentre jeudi
Victime 7 : Ah ?!
Pieuvre : Tu l’appelleras ?
Victime 7 : Moi ?!
Pieuvre : Oui ça lui ferait plaisir
Vendredi
Pieuvre : mon coiffeur est rentré.
Victime 7 : ah ? !
Pieuvre : Tu ne l’as pas appelé ?
Victime 7 : Non
Pieuvre : Tu vas le faire ?
Victime 7 : Oui oui bien sûr
Un mois après
Pieuvre : mon coiffeur repart en voyage
Victime 7 : Ah ?!
Pieuvre : Tu vas lui faire tes adieux ?
Victime 7 : Moi ? Euh…Pourquoi pas ?
Pieuvre : Ca lui ferait plaisir. Il ne t’oublie jamais tu sais…Il a toujours une petite pensée pour toi
Victime 7 (prend son courage à deux mains et à voix basse) Oui mais moi je ne le lui ai rien demandé…
Pieuvre : Enfin tu fais ce que tu veux, moi je trouve que c’est ingrat de ne pas reconnaître la générosité de mon coiffeur qui propose toujours son aide qu’on la lui demande ou pas
Victime 7 : Ne te fâche pas, ce n’est pas ce que j’ai voulu dire…

El la victime 7 n’osera jamais dire qu’elle s’en fiche du coiffeur, de ses cadeaux et de ses services, qu’elle le trouve ridicule et qu’elle a mieux à faire !

Pieuvre :Je m’ennuie
Victimes : C’est contrariant
Pieuvre : je m’emmerde
Victimes : Pourquoi ?
Pieuvre :Je m’embête comme un rat mort
Victimes : Ah bon
Pieuvre :J’éprouve de la morosité
Victimes : Quel dommage
Pieuvre :J’ai le cafard
Victimes : Comme c’est regrettable
Pieuvre : Je souffre de monotonie, de spleen, d’abattement, de platitude….
Victimes : BON – IL VA FALLOIR QU’ON FASSE QUELQE CHOSE A LA FIN !!!!QUE PEUT-ON FAIIIIIIIIRE ?

Pieuvre (ravie) : Tenez-moi compagnie
…………..
Pieuvre :Venez me rendre visite
…………….
Pieuvre :donnez-moi satisfaction
……………….
Pieuvre :Occupez-vous de moi
………………. 
Pieuvre :Amenez-moi du divertissement
……………….

Quelques minutes dans la tête de la pieuvre

Pieuvre : je suis terriblement blessée et je ne veux plus lui parler
…………………………………….
Pieuvre : après tout ce que j’ai fait
…………………………………..
Pieuvre : tu ne peux pas lui parler ?
……………………………………………
Pieuvre : Ce serait très important qu’on se réconcilie
…………………………………………..
Pieuvre : C’est dommage après de si bons moments
…………………………………………. 
Pieuvre : Personne ne veut leur dire que c’est eux qui ont tort et jamais moi
…………………………………………. 
Pieuvre : On ne peut pas rester fâché avec moi, on se réconcilie toujours avec moi qu’on le veuille ou pas. Les plus récalcitrants sont tombés. Ils ne peuvent pas y échapper. Je suis tellement gentille, je les aime tellement qu’ils sont obligés à un moment ou à un autre de céder. Et de toute façon il y aura toujours des nouveaux qui rentreront dans le jeu, qui accepteront ma tyrannie, qui auront peur de me déplaire et que je contrôlerai à loisir…jusqu’à ce qu’ils en aient marre, qu’ils explosent, qu’ils refusent, que je les ramène à l’aide d’une de mes tentacules (voir le schéma)

Comment je fais pour faire des histoires ? C’est simple, j’ai tout mon temps. Je prends un détail, j’en parle à 36 personnes. 36 échos différents me reviennent. Je les mélange, je les étudie, je les développe et je les re-communique aux 36personnes. Certains sont d’accord, d’autres pas. Je récolte les pour et les contre et je monte ceux-ci contre ceux-là. Ils ont évidemment oublié le problème du départ et ils discutent maintenant tous les détails  que j’ai réussi à mettre en avant.


Pieuvre :toi tu….alors que moi je…. , vous vous………pendant que moi je ….., tu te………….contrairement à moi qui ………………et je te reproche, et je te blâme et je te réprimande et je t’engueule et je t’enguirlande et je te critique, et je te fais remarquer et je te désapprouve et je t’accuse………..

ET TOUT CA
parce que je t’aime et je voudrais que tu m’aimes comme je t’aime et je voudrais que tu sois sympa avec moi comme je suis sympa avec toi.
Tu sais, je t’offre des cadeaux, je t’offre des bonbons, je t’offre mon affection, je t’offre mon amitié

ET GARE A TOI
 si tu n’apprécies pas tout ça, si tu ne m’es pas fidèle à vie, si tu n’accours pas quand j’ai besoin de toi,

MOI
qui suis si sympa, moi qui suis si généreuse, si compatissante, si serviable, si secourable, si dévouée

TU TE SOUVIENS : je t’ai prêté de l’argent, je t’ai offert des cadeaux,, je t’ai aidé quand tu étais dans la merde, je t’ai soutenu quand tu en avais besoin, je t’ai donné mon amitié

ET DONC
Tu me dois tout, tout le temps toujours, tout ce que je veux TOUT,

et je te bouffe et je t’étouffe, et je t’asphyxie et je t’aspire……………..



Et tout ça donne ce qu’on subit mais qu’on n’appelle pas encore « chantage affectif » et « manipulation »

Des questions se sont naturellement posées au narrateur :

?        Pourquoi tout le monde accepte-t-il de cette personne tout ce qu’il n’accepterait de personne d’autre ?
?        Pourquoi tout le monde rentre dans le jeu de : il faut que je l’appelle, oh zut j’ai oublié de l’appeler ?
?        Pourquoi tout le monde préfèrerait se couper une jambe au lieu de faire des histoires avec elle
?        Pourquoi personne n’a le courage de lui dire en face que ce n’est qu’une personne comme les autres et qu’il faudrait qu’elle arrête d’exiger tout de tout le monde et d’exiger d’avoir un statut privilégié chez tout le monde
?        Pourquoi la personne se donne le droit de critiquer, d’exiger, de demander, de reprocher ?
?        Pourquoi toutes les personnes qui se font un devoir de l’amuser et lui tenir compagnie (et qui sont sérieusement emmerdés) ne lui disent-elles pas clairement que ce n’est pas un devoir et qu’on ne saurait leur reprocher d’y manquer
?        Pourquoi personne n’ose dire à la personne qu’elle est ridicule d’imposer à son entourage des devoirs sociaux, familiaux, amicaux, professionnels…
?        Pourquoi l’entourage ne détecte pas les signaux du chantage : je vais me fâcher, je suis malade, je suis seule, je t’aime, tu ne m’aimes pas comme je t’aime ?
?        Pourquoi accepter d’une seule personne qu’elle fasse des reproches toute la journée, toute la semaine, toute l’année

Et comme il n’y aura jamais de réponses, des recherches sur Internet ont été très fructueuses pour la compréhension de ce phénomène qui a le don d’empoisonner l’existence.

Le chantage affectif
Le chantage affectif est une manœuvre destinée à profiter des faiblesses ou de la sensibilité de quelqu'un pour parvenir à des fins personnelles. Cela consiste habituellement à inspirer à cette personne un sentiment de culpabilité ou de responsabilité morale.
Le chantage affectif est le plus souvent conscient, mais peut parfois être tout à fait inconscient. Il peut provenir de la jalousie, de la dépendance excessive, ou du désir d'obtenir du partenaire plus d'attention et d'affection, ou même de modifier d'une manière ou d'une autre le comportement de celui-ci.
Il peut arriver que l'utilisation du chantage affectif soit fréquente et qu'elle empêche ensuite toute discussion honnête et franche.

« Le “donneur” maintient le “receveur” dans une position de débiteur. Le marché implicite est le suivant : puisque je t’ai donné ceci, j’ai le droit d’exiger en retour cela. Le problème est que le donneur choisit quand et comment le receveur doit lui rendre la monnaie de sa pièce»,

Pourquoi est-il si difficile pour la personne manipulée de réagir sainement ?
 « Parce que le manipulateur utilise des croyances familiales et sociales afin d’induire chez sa victime un lourd sentiment de faute morale », 

« La culpabilité qu’instille le maître chanteur dans l’esprit de ses victimes mine l’image positive d’elles-mêmes que celles-ci cherchent à construire »,

Abandon, égoïsme, injustice, trahison sont les points sensibles sur lesquels le manipulateur appuie dans l’intention de faire mal. Il procède souvent par insinuation. Il n’exprime jamais une demande claire et vous réduit à l’impuissance.

Pour ne pas tomber dans le piège :
Mettez-vous au clair avec vous-même
Faites un examen de conscience. Repérez les croyances sur vous-même qui vous viennent spontanément à l’esprit : je suis égoïste, ingrat, je ne suis jamais à la hauteur, je ne vaux rien…
Cessez ensuite de vous focaliser sur la situation et essayez de changer d’angle de vue pour dresser un constat objectif sur vous-même : « Est-il vrai que je suis égoïste ? Voilà tout ce que j’ai fait pour elle depuis trois ans… » ; « Est-il vrai que je ne suis pas à la hauteur ? Voilà les éléments que je peux mettre à mon actif… »

Car le manipulateur se sert d’un seul acte de la personne pour la juger dans sa globalité.

Faites alors le tri de ce qui relève ou non de votre responsabilité : « Est-ce que son problème existe indépendamment de moi ou en suis-je vraiment à l’origine ? » En effet, le propre du manipulateur est de brouiller les frontières en faisant passer ses besoins avant les vôtres. « Jusqu’où puis-je répondre à sa demande tout en me respectant ? » Une fois que vous aurez évalué vos limites, vous pourrez prendre une décision claire. Deux stratégies s’offrent alors à vous : la contre-manipulation ou la confrontation.

Apprenez à contre-manipuler
Pour ne pas donner prise au manipulateur, ne cherchez surtout pas à vous justifier, car cela ne ferait que vous fragiliser encore plus. Au contraire,  simulez l’indifférence
– même si vous êtes horriblement tiraillé(e) à l’intérieur ! –, et renvoyez-le à ses propres croyances à l’aide de quelques phrases types énoncées calmement :
« J’ai la conscience tranquille. »
« Tout le monde ne pense pas comme toi. »
« C’est ton opinion. »
« Je ne suis pas de cet avis. »
« Chacun ses goûts. »
« Eh oui, je ne fais rien comme tout le monde ! »

Le but : se protéger en ne réagissant pas aux provocations de votre interlocuteur.

Osez la confrontation
C’est la seconde stratégie possible. Ici, il s’agit de renvoyer l’autre à son besoin, donc à sa responsabilité. Plus impliquante, la confrontation risque de vous amener à vous positionner sur la nature du lien que vous souhaitez entretenir avec celui ou celle qui vous manipule.

 « Tout reproche exprime une demande indirecte »,

Refuser la manipulation, c’est accepter de passer pour une « mauvaise fille », un « mari égoïste », un « collègue difficile ». Donc renoncer à une image idéale de soi. Vous y parviendrez en prenant conscience de votre valeur. Et cela se travaille. Vous deviendrez peut-être moins « aimable » aux yeux du manipulateur, mais, en vous libérant de ce regard extérieur, vous gagnerez un bien précieux : votre liberté

"Le plus souvent le chantage joue sur le sentiment de culpabilité. Certaines personnes y sont particulièrement sensibles. Elles se remettent constamment en question, ont peur de se montrer 'égoïstes'… et se laissent mener par le bout du cœur." Car ce dont on a peur, fondamentalement, c’est de perdre l’amour de l’autre. Et c’est bien ce qui lui donne sur nous un tel pouvoir.

Paradoxalement, le chantage affectif part parfois d’un bon sentiment. Certains redoutent tellement de recourir à la domination brutale qu’ils essaient d’amener l’autre à se conformer à leurs desiderata par ce biais détourné. En évitant de donner un ordre, on s’épargne le conflit direct.

La frontière peut sembler subtile entre exprimer un désir et exercer une pression coupable. En fait, tout est dans l’intention et le contexte. Ou les relations sont équilibrées, ou c’est toujours le même qui impose ses désirs. "Si l’un de nos proches - amie, mari, enfant - commence à devenir tyrannique, c’est un signal d’alarme"

Lorsqu’un enfant se montre trop capricieux, nous sollicite en permanence, sans doute est-on allé trop loin. "Il existe une différence fondamentale entre un enfant qui exprime clairement un désir, et celui, nerveux, bougon, dont les demandes réitérées ne font que traduire un malaise,

mardi 9 août 2011

Les uniformes (premier épisode)

 Je n’ai jamais vraiment aimé les uniformes, ce n’est un secret pour personne, tous les jours je découvre de nouvelles raisons de les aimer de moins en moins. Je ne parle pas des uniformes de maîtres d’hôtel ou d’élèves studieux, je parle des uniformes avec divers symboles sur les épaules, plus y en a moins je les aime !
Raisons familiales, déraison personnelle, relation conflictuelle avec l’autorité…que sais-je encore ? Toujours est-il qu’aujourd’hui je tente de me livrer à une réflexion (ou plusieurs, j’ai le droit) qui se veut objective.
A un moment crucial de l’histoire de l’Egypte qui s’écrit actuellement, des débats multiples ont lieu, le paysage a changé, l’autorité des uniformes en a pris un coup. Le 25 août ça fera exactement 7 mois que nous avons levé la tête et que nous avons commencé à dire non. Le grand manitou a été éjecté, des postes de police ont brûlé, les petits bonshommes, aux grosses motos ; aux sirènes tonitruantes, aux lunettes de soleil époustouflantes ont en pris pour leur grade si j’ose dire ! Aussi discret qu’il l’a été pendant 20 ans, celui auquel le grand manitou a confié les rênes du pouvoir, se tient tranquille (c’est lui qui possède le plus grand nombre de fanfreluches aux épaules) avec toute la clique qui l’entoure. Une multitude d’autoproclamés politologues émettent le plus grand nombre de théories sur la « situation actuelle dans le pays » comme le disent les chaînes sérieuses. Dans cette foire à la parole et à la liberté d’expression (Dieu merci, il était temps !) les plateaux télé foisonnent de débats en tout genre, l’Egypte s’éveille à la critique tout en oubliant que l’esprit critique est ce petit truc qui est le plus propre depuis 1952 vu que tout le monde s’est évertué à le laver pour faire de nous des moutons bêlants ! Heureusement certains ont continué à le cultiver sur le balcon, ce fameux esprit critique qui nous manquait tant !
Ce n’est ni la première révolution populaire dans le monde, ni la dernière, ce n’est ni le premier ras-le-bol ni le dernier, mais : les outils d’évaluation sont encore à inventer, vu que la nation arabe est balbutiante en matière de vie collective sans papa au volant.
Trois mots-clés sont dans l’air du temps : sécurité, démocratie et barbus. La sécurité est ébranlée, ceux qui l’assuraient sont ceux-là mêmes qui l’ont mutilée, bâillonnée, violée. La démocratie, elle, est un terme largement galvaudé avec des soi-disant modèles occidentaux qui ont donné des résultats …hum, sur lesquels je ne m’étendrai pas (ou du moins pas maintenant) Je me bornerai à dire que le pétrole est un motif sine qua none de recherche frénétique de la démocratie à une échelle planétaire et que les dictateurs arabes étaient persona grata il n’y a pas si longtemps que ça ! Quant aux barbus, avec les textes saints brandis et largement cités, allez leur expliquer qu’ils ne sont pas mandatés personnellement pour avoir toujours raison en matière de vie collective et que la parole divine n’est pas leur apanage exclusif ! (à suivre)
Face à tout ce babillage médiatique, populaire, politicien, journalistique, démocratique, sécuritaire, économique…j’ai envie de papoter moi aussi. Ca faisait sept ans que j’essayais de rafistoler cette plume (ou ce clavier Mme A.C.) qu’un grand pays démocratique et défenseur des drwadeulom avait cassée en menus morceaux. Elle va mieux je vous remercie mais elle est encore tremblante et en tout cas a bien compris que toute vérité n’est pas bonne à dire, que les intérêts supérieurs priment sur la justice, qu’elle a eu tort de combattre les abuseurs (de pouvoir) et les dictateurs.(à suivre)
Je m’égare, je m’égare…revenons à nos moutons pardon à mes uniformes.
Récapitulons : L’Egypte entière est actuellement à la recherche d’un papa différent pour lui faire prendre le volant, vu que tous les papas depuis 1952 avaient plus ou moins raté leur mission et nous ont amenés droit dans le mur.
Qu’avaient-ils de commun ? L’uniforme !
La grande majorité, dont je salue la patience et la persévérance à survivre, espère une issue à cette choucroute (ou couscous) dans laquelle (ou lequel) nous pédalons tous, le retour des petits boulots de 300 dollars par an, le retour à la normale, à l’avant janvier mais avec de nouvelles règles…Cette majorité qui a exprimé son ras-le bol et a perdu des vies humaines sous les balles des garants de la sécurité est prête à donner le volant à qui que ce soit qui lui garantisse une dignité humaine minimale !
Une tranche, que je m’abstiendrai de qualifier ; vit de toute façon très bien sous tous les régimes, s’en sort comme un chef et ne veut pas être dérangée dans son petit confort. Cette tranche estime que les révolutions se font avec des gants, poliment, en respectant l’autorité parce que ça ne se fait pas de parler comme ça et qu’est-ce que vous voulez d’autre, ça suffit les jeunes qui s’amusent place Tahrir, tu vas te coucher tout de suite et tu réponds pas à ta mère (cf.Zoubida) !
Des hypocrites, et il y en a plein la planète, eux, changent tous les jours de veste et un coup retour au boulot et autre coup je soutiens la révolution. Vous les connaissez ? non ? C’est dommage, vous ratez quelque chose !
Bon il y a d’autres aussi mais j’ai pas envie !
Certains petits futés ont compris que faire des risettes aux chars et prendre des photos avec les blindés n’allait pas vraiment résoudre les problèmes de l’Egypte et que c’était bonnet blanc et blanc bonnet. Ceux-là même sont ceux qui n’ont pas besoin de papa et qui ont cultivé leur esprit critique sur le balcon sous tous les régimes dictatoriaux ! Sans faire sciences-po ils ont compris que les démocraties militaires n’existaient pas vraiment. C’est une minorité aux pays des Pharaons, une minorité à qui manque un outil essentiel : écouter l’autre avec les deux oreilles avant de faire jouer les cordes vocales !
Et c’est là qu’intervient Bibi[1] les souvenirs de Bibi les opinions de Bibi et les sacro-saintes analyses de Bibi dont tout le monde fait quotidiennement l’analyse ! (à suivre) J’espère pompeusement enrichir l’humanité ou peut-être l’Egypte et sinon mon ordinateur avec ces quelques lignes.
Bibi doublement petite-fille de généraux, fille de général pilote de combat, nièce d’officier de police, j’en profite aussi pour sortir mes complexes de femme au volant (ou de femme tout court) qui s’est attrapée avec un nombre sérieux de taximen (ou de men tout court au volant et ailleurs) et qui a fini au poste de police avec des démêlés à n’en plus finir avec les gradés !
Ouf ! c’est dit ! maintenant allons-y !
Indépendamment du petit jeune qui m’a laissée poireauter quatre heures avec mon permis dans sa poche dans les années 80, indépendamment du c… qui a considéré mon petit bolide bleu comme inapte parce que ma tête ne lui revenait pas, indépendamment de ce parent et néanmoins colonel qui m’a fait des avances pour me rendre service, indépendamment de ce très arrogant policier qui me parlait de l’importation de différents modèles de soutiens-gorges alors que je venais porter plainte pour vol de mon autoradio, indépendamment du motard gradé qui laissait filer un général à la retraite et qui me coinçait moi en sens interdit, indépendamment de tous ces jeunots ou moins jeunots qui ont retiré mon permis à tort et travers et qui laissaient filer des poids-lourds roulant à 120 à l’heure en pleine nuit, indépendamment des tout-puissants qui trônent fièrement à bord des camions-grues et qui arborent un sourire teinté de sadisme parce qu’ils vous ont choppé en stationnement interdit et en flagrant délit de dérangement de l’ordre régnant impeccablement, indépendamment de ceux qui vous épient aux feux comme un chat à l’affût d’une souris pour vous trouver un tort quelconque, indépendamment de ceux qui vous punissent parce qu’ils portent l’uniforme et qu’ils ont tous les droits, indépendamment du fait qu’en entrant au poste de police vous êtes immédiatement considéré coupable, indépendamment du fait que vous n’avez aucun droit vous pauvre citoyen plaignant et victime, indépendamment de ce mépris écrasant, de ces humiliations inacceptables, de cette arrogance accablante, de cette férocité impitoyable, de cette cruauté innommable, de ces beaux aquariums emplis de poissons multicolores qui jonchent les bureaux, de cette décoration de mauvais goût, de ces voix de stentor (cf. Jacques Brel[2]), indépendamment de l’exploitation ces maigres petits esclaves aux yeux tristes et soumis, domestiques, cireurs de chaussures, faiseurs de thé à la menthe ou de café turc, chauffeurs des enfants, souffre-douleur gratuits, laveurs de lessive, repasseurs d’uniforme, qu’on appelle communément soldats, indépendamment du fraîchement sorti de son école de police qui a déchiré ma carte d’identité (juin 2010 : six mois avant la révolution), …………………………………………………………………………….
Nooon, ils ne sont pas tous pareils !: Comme dans tous les corps de métiers il y a les bons et il y a les mauvais ! Ils vivent aussi des situations incroyables, ils se font tuer par des criminels, ils assurent l’ordre et la sécurité, ils ont des horaires impossibles… Ca c’était ma minute objective !
Et le système Cocos ? Vous avez entendu parler du système bonnes gens ? (à suivre)


[1] bibi, pronom - Moi [Familier].
[2] Mais je jure que d'entendre cet adjudant de mes fesses
C'est des coups à vous faire des armées d'impuissants