J’ai rêvé qu’on pouvait parler sans être interrompu. J’ai rêvé
qu’on pouvait parler et être entendu. J’ai rêvé qu’on pouvait exprimer sa
colère sans que trente-six censeurs ne s’érigent en vous disant : « calme-toi »,
« ne t’énerve pas », « ce n’est pas bien de s’énerver comme ça ».
J’ai rêvé qu’on pouvait être franc sans être vulnérable. J’ai rêvé qu’on
pouvait être tolérant sans être stupide. J‘ai rêvé qu’on pouvait être généreux
sans être idiot. J’ai rêvé qu’on pouvait être courageux sans être téméraire. J’ai
rêvé qu’on pouvait être chef sans être avide de pouvoir. J’ai rêvé qu’ils pouvaient être honnêtes, qu’elles
pouvaient être claires, que vous pouviez comprendre, que nous puissions rêver d’un
monde meilleur. Et je me suis réveillée…
Ma plume
Ecrire c'est lever toutes les censures (Jean Genet)
Toute ressemblance avec ...
dimanche 10 février 2013
mardi 5 février 2013
Ephéméride 5 février 2013
Ephéméride
Quand on veut modifier ses
papiers d’identité dans mon pays, il faut s’attendre à tout ! Jusqu’en
2011, il était normal de n’avoir aucun droit, normal de se faire traiter de
sous-merde par un fonctionnaire miteux ou une voilée qui pue. Il fallait
attendre Godot tout en ne sachant pas qu’on l’attendait. Il fallait supplier,
soudoyer, gueuler, se taper la tête contre le mur… c’était c comme ça et pas
autrement.
Après l’éjection de Moubarak
(puisque ça se limite à ça ce qu’on fait depuis deux ans) c’est la
boîte-surprise tout le temps, partout, et avec tout le monde. Dans la rue, dans
les administrations, avec autorité, avec les défuntes lois…
Toujours est-il que je voulais
changer mon adresse et la dénomination de ma profession. Du 18 au 39 il y a au
moins 11 points ! Quant à ma profession, je trouvais plutôt patibulaire de
continuer à être consultante du directeur de la Bibliothèque d’Alexandrie
puisque je n’ai été consulté en rien et que mon pauvre métier est malmené et
que tout le monde ne comprend pas de la même manière ce que veut dire une
bibliothèque.
Bref, je remplis les formulaires,
je fais les photocopies, je réponds sagement à monseigneur moustachu et
bureaucrate et je m’entends dire : vous êtes « demoiselle » en
français on aurait dit célibataire et ça passait… Indépendamment du fait que la
question était superflue puisque je ne demandais pas à changer mon état civil,
ça fait bizarre quand même qu’une personne que vous ne connaissez ni d’Adam ni
d’Eve s’inquiète de l’état de votre hymen ou de votre potentielle virginité.
J’ai osé un timide « comme c’est écrit » et j’ai avalé ma colère. Ma
carte d’identité avec la mention responsable de la médiathèque (je ne suis pas
responsable et il n’y a plus de médiathèque) avait déjà été déchirée par un petit
officier de merde, je ne voulais pas que la nouvelle subisse le même sort avant
de voir le jour.
jeudi 15 septembre 2011
Moi qui croyais ne plus écrire !
Ca faisait très longtemps que je n’avais pas eu envie de dire « je vais faire un texte » et pourtant ce 12 février 2009 (avant le vendredi 13 heureusement) je prends le train pour aller à la capitale infernale de l’Egypte. Un peu assommée par le manque de sommeil et par l’achats de deux billets qui n’ont servi à rien et le paiement d’un troisième in extremis je ne me rends pas trop compte de la « froidure » qui règne dans le wagon de ce train autrefois qualifié d’espagnol. Ne voyez là aucun clin d’œil ibérique, voyez simplement une garantie des railways d’Egypte que toute autre nationalité hormis l’égyptienne arrive à l’heure. Bon bref, ce n’est pas notre propos. Notre propos c’est le retour dans le même train qualifié d’espagnol (encore)
Je suis au téléphone, ce qui est pléonasme concernant ma modeste petite personne. Pendant une heure une amie me « mange les oreilles » comme dirait l’autre et je m’aperçois à peine qu’un vent glacial commence à pénétrer mes pauvres bras devenus graisseux et autrefois maigres.
Au même instant, je vois un jeune homme, vêtu d’une chemise grise (style balzacien : moi, pas la chemise) qui se penche vers un passager du train, qui lui chuchote aimablement des choses en tenant à la main quelque chose qui ressemble à une poignée de porte, puis il traverse élégamment le wagon avec un sourire qui se voudrait charmeur mais qui n’est que niais. Arrivé à ma hauteur, une communication supranaturelle s’établit entre nous et je comprends que c’est le technicien de la climatisation.
Oui oui vous avez bien lu, je ne me suis pas trompée, ce n’est pas le chauffage c’est la climatisation, en février, avec 18 °degrés à l’extérieur, des pulls, des écharpes, des manteaux …. Mais climatisation quand même.
Avec ma superbe naïveté d’égyptienne qui s’entête à ne pas comprendre les rouages mystérieux qui régissent ce pays, je me lève, portable à la main et je lui dis :
- Attendez, j’ai bien compris, il y a la clim dans ce train
et il me répond avec un clin d’œil malin, « Je vais la baisser »
et je lui rétorque soulagée « ah oui s’il vous plaît, sauf erreur de ma part, nous sommes en février »
Quelques minutes passent, je suis toujours au téléphone et je recommence à sentir le même souffle glacial (je suis dans les polars actuellement pour raisons de thèse)
Le souffle glacial me dérange donc et je me lève pour chercher le jeune homme charmant à la chemise grise. Je le trouve devant les WC qui par un hasard extraordinaire se trouvent juste en face de l’énorme armoire abritant des centaines de petits interrupteurs et que l’on ouvre avec la poignée de porte qui eut l’audace de traverser le wagon au bout de celui que j’appelais le technicien de la climatisation.
Parmi ces centaines de petits interrupteurs il y en avait un qui m’intéressait : celui de la clim ; j’avais l’outrecuidance d’avoir froid en février dans un train dont le billet m’a coûté 50 livres (tous pourboires compris)
Celui que j’appelle encore le jeune homme à la chemise grise est là avec son sourire voulu séducteur mais imbécile.
J’entame à nouveau la conversation (celle-ci étant intacte) avec lui :
Vous avez remis la clim ?
- Si j’éteins la clim il fera trop chaud
- Mais cher Monsieur nous sommes dans la saison hivernale qui comprend si je ne m’abuse le mois de février
- Ce n’est pas possible d’éteindre complètement la clim je l’ai baissée et cela suffit
(Changement de ton de part et d’autre)
Ah oui et qui est-ce qui décide si ça suffit ou pas ?
- moi
Et vous êtes qui ?
- je travaille ici
C’est quelqu’un de responsable qui vous a demandé ça ou c’est de votre propre initiative ?
- de quoi vous vous mêlez ?
Aie Aie Aie, on dérape là et je commence à hausser ce ton qui en dérange plus d’un !
Ecoutez, j’ai payé un billet et j’estime avoir le droit de ne pas avoir froid en février à cause de la climatisation
- je suis responsable et c’est moi qui m’en occupe
Peut-être alors on pose la question aux autres voyageurs ?
Le Wagon contenant une soixantaine d’êtres humains (je suppose) dont 57 êtres masculins ; 1 dame normale et une dame voilée et bibi est en émoi mais en émoi tranquille. Ca voudrait dire qu’à peu près 50 personnes une centaine de paires d’yeux (je n’ai pas compté les borgnes, les non-voyants, les endormis et les téléphoneurs) sont tournés vers moi et celui que jadis j’appelais le jeune homme à la chemise grise et qui maintenant s’appelle maintenant le directeur du chaud et froid responsable de la climatisation en hiver et du chauffage en été.
Ils sont encore silencieux, à leur regard je dénombre une quarantaine de machos et une dizaine d’abrutis
A leur regard, je comprends, c’est quoi cette nana hystérique qui a froid et qui engueule le directeur du chaud et froid responsable de la climatisation en hiver et du chauffage en été ? C’est vous dire si l’hostilité est ambiante
- Vous voulez qu’on éteigne la clim ? harangue la foule le directeur du chaud et froid responsable de la climatisation en hiver et du chauffage en été.
Je suis dans l’expectative où me rejoint un bonhomme de type maffieux qui discutait le bout de gras avec son copain debout devant moi.
Il était 20 heures et des poussières et le monsieur arborait de superbes lunettes de soleil lui donnant un air légèrement maffieux teinté de ridicule (l’air pas les lunettes)
- Pourquoi vous ne mettez pas votre manteau ? car il a admirablement déduit que ce truc noir suspendu à côté de mon siège et fabriqué en laine devait être mon manteau
Je fulmine intérieurement et grande dame ne répond pas
J’attends les résultats du référendum. Vous aussi je suppose ?
Eh bien ? Vous ne connaissez pas l’Egypte ? 50 mecs qui se taisent et une nana qui parle, vous croyez que c’est normal ? une nana qui agresse (allez-y c’est la mode, la jardilliaire me l’a déjà faite) le directeur du chaud et froid responsable de la climatisation en hiver et du chauffage en été. ? une nana qui hausse le ton (ça aussi c’est pas bien du tout) ?
Résultats : ils hochent la tête en disant n’éteignez pas la clim.
Paf dans mes gencives !
Le directeur du chaud et froid responsable de la climatisation en hiver et du chauffage en été me regarde d’un air victorieux, commence à pavaner dans le wagon et s’incline devant un monsieur barbu qui doit lui dire : qu’est-ce qu’on ne doit pas entendre, c’est une nana et c’est un pécher d’entre sa voix.
Deux gros rigolent avec lui et moi je rumine ma défaite.
C’est alors que le maffieux teinté de ridicule me répète d’un ton goguenard : mettez votre manteau »
Et c’est alors mes enfants qu’il se prend la plus méprisante et la plus glaciale des réponses de sa vie de macho :
- Toi Coco, tu ne te mêle pas, on ne t’a pas demandé ton avis, au lieu de te mêler de ce qui ne te regarde pas et de bavarder debout avec ton copain et de déranger ma lecture (alors que je téléphonais) tu devrais gagner ta place illico presto
Mon souffre-douleur qui en a pris pour tout le monde est stupéfait mais trouve la force de me répondre :
« Doucement pourquoi vous criez ?» (Cette phrase qui a l’air anodine comme ça est devenue la devise passe-partout de l’Egypte moderne et fera l’objet d’un texte prochain)
Je ne criais pas encore et c’est là pour lui montrer la différence que je hurle :
TA GUEULE
Coup de théâtre !!!
le directeur du chaud et froid responsable de la climatisation en hiver et du chauffage en été est abordé par un petit monsieur que j’avais mal classé dans mes catégories arbitraires, subjectives et fières de l’être, un petit monsieur barbichu qui hausse le ton (lui aussi) et dit :
- Qu’est-ce que vous avez tous ? en hiver on met le chauffage pas la clim
Dieu du ciel, je croyais (comme Dupont pour les mirages : vous ne lisez pas tintin ? c’est dommage) qu’on les avait supprimés !
Je bondis de ma place en ayant la ferme intention d’embrasser ce monsieur sur les deux joues et de le serrer contre mon cœur ulcéré par l’injustice de la foule.
La traversée du wagon calme mes ardeurs et je me penche, je lui serre la main et je déclame :
Cher Monsieur, heureusement que vous existez sinon je me serai crue folle comme en est convaincu la totalité de ce wagon.
Ce cher barbichu n’était donc ni borgne, ni aveugle, ni abruti, ni macho, ni voilé…Il y en a de moins en moins en Egypte !
La parole s’en va, l’écrit reste…
Les plumes, on les
perd, on nous les casse, on les encense, on les récompense et on les punit.
A l’école nous
avons appris à lire et à écrire. Nous avons écrit des choses qui nous étaient
demandées. Nous avons écrit des pages et des pages dont ne nous sommes
peut-être pas souvenus. Nous avons tenté
de mettre des signes noirs sur une feuille blanche. Certains étaient à l’aise à
l’oral, d’autres l’étaient plus à l’écrit. L’oral a toujours terrorisé plus que
l’écrit. Les affres de la feuille blanche étant certainement plus supportables
que les intimidations du jury de l’oral.
Ceux qui ont fait
de l’écrit leur métier ont dû mettre dans la balance, le positif, le négatif et
tout ce qui s’en suit.
Ceux qui ont fait
de l’écriture leur moyen d’expression avaient certes des raisons de le faire.
Ceux qui ont fait
de l’écrit leur canal d’expression étaient peut-être trop francs, trop
téméraires.
Ceux qui ont lu ont
jugé : ils aiment, ils n’aiment pas, ils interdisent, ils menacent, ils
répriment.
Une chose est
certaine, c’est qu’on peut écrire sans danger mais gare à ceux qui écrivent
pour déranger.
Ceux qui écrivent
sont courageux, ceux qui sont dérangés sont faibles, ceux qui répondent sont
courageux, ceux qui punissent sont INQUALIFIABLES
jeudi 1 septembre 2011
La Pieuvre (2006)
Des dangers du tentaculaire…
Pieuvre :Je t’aime
beaucoup
Victime 1 : Moi aussi
Pieuvre :Mais toi tu ne
m’aimes pas comme je t’aime
Victime 1 : Pourquoi
dis-tu ça ? C en’est pas vrail
La victime 1 essaye de se
justifier
Pieuvre :Tu ne m’a pas
téléphoné
Vicime 2 : Excuse-moi
j’étais occupé (e)
(la pieuvre fait la moue)
Victime 2 : Tu es
fâché (e)
Pieuvre (boude) : Non
Victime 2 : Ne m’en
veux pas je t’en prie
Pieuvre (boude
toujours) : D’accord
La victime 2 tentera par tous les
moyens de se racheter
Pieuvre :Quelles
nouvelles ?
Victime 3 : Bah…
Pieuvre :Comment va
machin ? Bidule est revenu ? Trucmuche est réconcilié avec
machinchouette?
Victime 3 : Machin va
bien. Bidule revient demain. Trucmuche et machinchouette sont toujours fâchés.
Pieuvre :Pourquoi tu ne
m’a pas raconté ?
Victime 3 (sérieusement
embêté) : euh…j e n’y ai pas pensé
Pieuvre :et pourtant moi
je te raconte tout : la maladie de ma tante, le divorce de ma voisine, les
rhumatismes de ma cousine, les problèmes d’argent de l’épicier, l’échec
scolaire du fils de mon amie, les dettes de mon beau-frère…Des tas de choses
très intéressantes dont tu ne saurais absolument pas te passer
Victime 3 : Euh…(tout
bas) mais je ne veux pas savoir moi tout ça
(tout haut ) oui oui bien sûr, la
prochaine fois j’essayerai de faire mieux
Pieuvre :J’ai besoin de
queues de cerises
Esclave 1 : j’y cours
Pieuvre : j’ai besoin d’une
marque de bonbons qu’on ne trouve qu’à 50 kilomètres
Esclave 2 : j’y vole
Pieuvre :j’ai besoin de
transporter 3 tonnes de riz à l’étranger
Esclave 3 : D’accord
L’esclave 1 est reconnaissant
parce que la pieuvre l’a aidé à ouvrir un compte en banque
L’esclave 2 veut faire plaisir à
la pieuvre qui est tellement gentille avec lui
L’esclave 3 ne se pose même pas
la question pourquoi devrait-il transporter 3 tonnes de riz ? C’est
tellement normal de demander ça…
Pieuvre :Je veux te
raconter quelque chose
Victime 4 : oui
Pieuvre : Il est venu
à 16 heures , il m’a dit
bonjour, je lui ai répondu à 16h il
faut dire bonsoir il a rétorqué je suis libre de dire ce que je veux alors moi
j’ai trouvé qu’il était mal élevé et je le lui ai fait remarquer il n’était pas
content du tout et m’a crié de me mêler de mes affaires
Qu’en penses-tu ?
Victime 4 : Euh…c’est
peut-être son affaire de dire bonjour ou bonsoir
Pieuvre : Oui mais quand
il s’adresse à moi, « ch’peupa » accepter
Victime 4 : Pourquoi
lui dire qu’il est mal élevé
Pieuvre : Parce qu’il
l’est, je ne comprends pas pourquoi tu le défends. Tu n’es pas mon ami ?
Tu dois toujours dire que j’ai raison et que les autres ont tort. C’est ça
l’amitié
Victime 4 : je peux
aller faire pipi ?
7 mois, 18 jours et 3 heures après
Pieuvre : tu te
souviens du jour où je t’ai demandé s’il fallait dire bonjour ou bonsoir. Tu as
aveuglément pris la défense de la personne qui m’a manqué de respect. Tu vois
moi je suis très triste parce que si quelqu’un te disait bonsoir au lieu de te
dire bonjour moi je n’aurais pas peur de lui dire la vérité. Mais toi… c’est
décevant, je suis déçue, terriblement déçue
Et la victime 4 passera le
restant de ses jours à s’excuser de cette déception, à culpabiliser à se mordre
les doigts alors qu’elle n’a rien à faire dans l’histoire.
Pieuvre : (d’une voix
basse et d’un ton conspirateur) Viens, j’ai un truc à te dire…
Victime 5 : oui
Pieuvre : les
pantalons bleus ne sont plus à la mode. Tu fais plouc !
Victime 5 : Euh…je
l’aime bien pourtant ce pantalon
Pieuvre : tu es mon
amie et je veux ton bien, moi à la limite je le trouve très bien mais c’est les
autres…
Victime 5 : Les
autres ?
Pieuvre : (avec une
moue dégoûtée) Eh oui tout le monde en parle..
Victime 5 : Ah
bon ? tout le monde ? qui par exemple ?
Pieuvre : ah non ça
« ch’peupa » te dire, tu sais je n’aime pas semer la zizanie. Par
contre pour ton bien, je te conseille de ne plus mettre ce pantalon bleu,
d’ailleurs….
Victime 5 : quoi
Pieuvre : Non non
rien
Victime 5 : Mais si
mais si dis-moi !
Pieuvre 5 : Non après
tu risques de dire que je me mêle de ce qui ne me regarde pas
Victime 5 : mais
puisque je te dis ! vas-y
Pieuvre : les
pantalons de manière générale ne te vont pas du tout. Il te faut faire un
régime. Enfin moi je dis ça parce que je ne veux pas que tu aies l’air
moche !
Victime 5 : Merci
Et la victime 5 n’osera jamais
dire à la pieuvre qu’elle ne s’est pas regardée dans un miroir et qu’il y
aurait un roman-fleuve à écrire sur sa tenue…mais bon ! Harcèlement quand
tu nous tiens !
Pieuvre : Bonjour ma
chérie, tu vas bien ? et ta maman , et ton papa ? et tes voisins. Si
tu as le temps, viens papoter avec moi.
Victime 6 (pressée) :d’accord,
je finis un truc et j’arrive
Pieuvre : attends, juste une
seconde… ton t-shirt est très bien tu l’as acheté où
Victime 6 : euh..dans
une boutique, je ne sais plus où..
Pieuvre : oh la la c’est
dommage, j’en voudrais bien un
Victime 6 : je finis
un truc et j’arrive
Pieuvre : d’accord , d’accord
La victime 6 oublie l’affaire,
rentre chez elle et il se passe quelques jours avant qu’elle ne remette le
T-Shirt en question et tombe sur la pieuvre
Pieuvre :
Ah …c’est le fameux T-shirt, tu ne peux vraiment m’expliquer où
c’est ?
Victime 6 : Tu vois
c’est la rue qui part en perpendiculaire….
Pieuvre : ah non je
pourrai jamais y aller toute seule. Si tu m’avais dit plus tôt
Victime 6 : je ne me
souvenais vraiment pas
Pieuvre : Et je ne peux
pas te donner l’argent et toi tu me l’achètes ?
Victime 6 (assommée par la
culpabilité) oui oui bien sûr. Je te l’achète et tu me rembourseras
Victime 6 sait que si elle prend
l’argent elle aura droit à trois fois par jour : et le T-shirt, enfin ,
prends ton temps, rien ne presse, ….
Victime 6 achète le T-shirt, ne
veut pas être remboursée et ne veut plus en entendre parler. Elle a même jeté
par la fenêtre son propre T-Shirt
Pieuvre : Mon
coiffeur est en voyage
Victime 7 :
Ah ?!
Pieuvre : il rentre
jeudi
Victime 7 :
Ah ?!
Pieuvre : Tu
l’appelleras ?
Victime 7 :
Moi ?!
Pieuvre : Oui ça lui
ferait plaisir
Vendredi
Pieuvre : mon
coiffeur est rentré.
Victime 7 :
ah ? !
Pieuvre : Tu ne l’as
pas appelé ?
Victime 7 : Non
Pieuvre : Tu vas le
faire ?
Victime 7 : Oui oui
bien sûr
Un mois après
Pieuvre : mon
coiffeur repart en voyage
Victime 7 :
Ah ?!
Pieuvre : Tu vas lui
faire tes adieux ?
Victime 7 : Moi ?
Euh…Pourquoi pas ?
Pieuvre : Ca lui
ferait plaisir. Il ne t’oublie jamais tu sais…Il a toujours une petite pensée
pour toi
Victime 7 (prend son
courage à deux mains et à voix basse) Oui mais moi je ne le lui ai rien
demandé…
Pieuvre : Enfin tu
fais ce que tu veux, moi je trouve que c’est ingrat de ne pas reconnaître la
générosité de mon coiffeur qui propose toujours son aide qu’on la lui demande
ou pas
Victime 7 : Ne te
fâche pas, ce n’est pas ce que j’ai voulu dire…
El la victime 7 n’osera jamais
dire qu’elle s’en fiche du coiffeur, de ses cadeaux et de ses services, qu’elle
le trouve ridicule et qu’elle a mieux à faire !
Pieuvre :Je m’ennuie
Victimes : C’est
contrariant
Pieuvre : je m’emmerde
Victimes :
Pourquoi ?
Pieuvre :Je m’embête comme
un rat mort
Victimes : Ah bon
Pieuvre :J’éprouve de la
morosité
Victimes : Quel
dommage
Pieuvre :J’ai le cafard
Victimes : Comme
c’est regrettable
Pieuvre : Je souffre de
monotonie, de spleen, d’abattement, de platitude….
Victimes : BON – IL
VA FALLOIR QU’ON FASSE QUELQE CHOSE A LA FIN !!!!QUE PEUT-ON
FAIIIIIIIIRE ?
Pieuvre (ravie) :
Tenez-moi compagnie
…………..
Pieuvre :Venez me rendre
visite
…………….
Pieuvre :donnez-moi
satisfaction
……………….
Pieuvre :Occupez-vous de
moi
……………….
Pieuvre :Amenez-moi du divertissement
……………….
Quelques minutes dans
la tête de la pieuvre
Pieuvre : je suis
terriblement blessée et je ne veux plus lui parler
…………………………………….
Pieuvre : après tout
ce que j’ai fait
…………………………………..
Pieuvre : tu ne peux
pas lui parler ?
……………………………………………
Pieuvre : Ce serait
très important qu’on se réconcilie
…………………………………………..
Pieuvre : C’est
dommage après de si bons moments
………………………………………….
Pieuvre : Personne ne
veut leur dire que c’est eux qui ont tort et jamais moi
………………………………………….
Pieuvre : On ne peut
pas rester fâché avec moi, on se réconcilie toujours avec moi qu’on le veuille
ou pas. Les plus récalcitrants sont tombés. Ils ne peuvent pas y échapper. Je
suis tellement gentille, je les aime tellement qu’ils sont obligés à un moment
ou à un autre de céder. Et de toute façon il y aura toujours des nouveaux qui
rentreront dans le jeu, qui accepteront ma tyrannie, qui auront peur de me
déplaire et que je contrôlerai à loisir…jusqu’à ce qu’ils en aient marre,
qu’ils explosent, qu’ils refusent, que je les ramène à l’aide d’une de mes
tentacules (voir le schéma)
Comment je fais pour faire des
histoires ? C’est simple, j’ai tout mon temps. Je prends un détail, j’en
parle à 36 personnes. 36 échos différents me reviennent. Je les mélange, je les
étudie, je les développe et je les re-communique aux 36personnes. Certains sont
d’accord, d’autres pas. Je récolte les pour et les contre et je monte ceux-ci
contre ceux-là. Ils ont évidemment oublié le problème du départ et ils
discutent maintenant tous les détails que j’ai réussi à mettre en avant.
Pieuvre :toi tu….alors que
moi je…. , vous vous………pendant que moi je ….., tu te………….contrairement à moi
qui ………………et je te reproche, et je te blâme et je te réprimande et je
t’engueule et je t’enguirlande et je te critique, et je te fais remarquer et je
te désapprouve et je t’accuse………..
ET TOUT CA
parce que je t’aime et je voudrais
que tu m’aimes comme je t’aime et je voudrais que tu sois sympa avec moi comme
je suis sympa avec toi.
Tu sais, je t’offre des cadeaux,
je t’offre des bonbons, je t’offre mon affection, je t’offre mon amitié
ET GARE A TOI
si tu n’apprécies pas tout ça, si tu ne m’es
pas fidèle à vie, si tu n’accours pas quand j’ai besoin de toi,
MOI
qui suis si sympa, moi qui suis
si généreuse, si compatissante, si serviable, si secourable, si dévouée
TU TE SOUVIENS : je
t’ai prêté de l’argent, je t’ai offert des cadeaux,, je t’ai aidé quand tu
étais dans la merde, je t’ai soutenu quand tu en avais besoin, je t’ai donné
mon amitié
ET DONC
Tu me dois tout, tout le temps
toujours, tout ce que je veux TOUT,
et je te bouffe et je t’étouffe,
et je t’asphyxie et je t’aspire……………..
Et tout ça donne ce qu’on subit mais qu’on n’appelle
pas encore « chantage affectif » et « manipulation »
Des questions se sont
naturellement posées au narrateur :
?
Pourquoi tout le monde
accepte-t-il de cette personne tout ce qu’il n’accepterait de personne
d’autre ?
?
Pourquoi tout le monde rentre dans
le jeu de : il faut que je l’appelle, oh zut j’ai oublié de
l’appeler ?
?
Pourquoi tout le monde préfèrerait
se couper une jambe au lieu de faire des histoires avec elle
?
Pourquoi personne n’a le courage
de lui dire en face que ce n’est qu’une personne comme les autres et qu’il
faudrait qu’elle arrête d’exiger tout de tout le monde et d’exiger d’avoir un
statut privilégié chez tout le monde
?
Pourquoi la personne se donne le
droit de critiquer, d’exiger, de demander, de reprocher ?
?
Pourquoi toutes les personnes qui
se font un devoir de l’amuser et lui tenir compagnie (et qui sont sérieusement
emmerdés) ne lui disent-elles pas clairement que ce n’est pas un devoir et
qu’on ne saurait leur reprocher d’y manquer
?
Pourquoi personne n’ose dire à la personne
qu’elle est ridicule d’imposer à son entourage des devoirs sociaux, familiaux,
amicaux, professionnels…
?
Pourquoi l’entourage ne détecte
pas les signaux du chantage : je vais me fâcher, je suis malade, je suis
seule, je t’aime, tu ne m’aimes pas comme je t’aime ?
?
Pourquoi accepter d’une seule
personne qu’elle fasse des reproches toute la journée, toute la semaine, toute
l’année
Et comme il n’y aura jamais de
réponses, des recherches sur Internet ont été très fructueuses pour la
compréhension de ce phénomène qui a le don d’empoisonner l’existence.
Le chantage affectif
Le chantage affectif est une manœuvre destinée à profiter des
faiblesses ou de la sensibilité de quelqu'un pour parvenir à des fins
personnelles. Cela consiste habituellement à inspirer à cette personne un
sentiment de culpabilité ou de responsabilité morale.
Le chantage affectif est le plus souvent conscient, mais peut parfois
être tout à fait inconscient. Il peut provenir de la jalousie, de la dépendance
excessive, ou du désir d'obtenir du partenaire plus d'attention et d'affection,
ou même de modifier d'une manière ou d'une autre le comportement de celui-ci.
Il peut arriver que l'utilisation du chantage affectif soit fréquente
et qu'elle empêche ensuite toute discussion honnête et franche.
« Le “donneur” maintient le “receveur” dans une position de
débiteur. Le marché implicite est le suivant : puisque je t’ai donné ceci, j’ai
le droit d’exiger en retour cela. Le problème est que le donneur choisit quand
et comment le receveur doit lui rendre la monnaie de sa pièce»,
Pourquoi est-il si difficile pour la personne manipulée de réagir
sainement ?
« Parce que le manipulateur
utilise des croyances familiales et sociales afin d’induire chez sa victime un
lourd sentiment de faute morale »,
« La culpabilité qu’instille le maître chanteur dans l’esprit de ses
victimes mine l’image positive d’elles-mêmes que celles-ci cherchent à
construire »,
Abandon, égoïsme, injustice, trahison sont les points sensibles sur
lesquels le manipulateur appuie dans l’intention de faire mal. Il procède
souvent par insinuation. Il n’exprime jamais une demande claire et vous réduit
à l’impuissance.
Pour ne pas tomber dans le piège :
Mettez-vous au clair avec vous-même
Faites un examen de conscience. Repérez les croyances sur vous-même qui
vous viennent spontanément à l’esprit : je suis égoïste, ingrat, je ne suis
jamais à la hauteur, je ne vaux rien…
Cessez ensuite de vous focaliser sur la situation et essayez de changer
d’angle de vue pour dresser un constat objectif sur vous-même : « Est-il vrai
que je suis égoïste ? Voilà tout ce que j’ai fait pour elle depuis trois ans… »
; « Est-il vrai que je ne suis pas à la hauteur ? Voilà les éléments que je
peux mettre à mon actif… »
Car le manipulateur se sert d’un seul acte de la personne pour la juger
dans sa globalité.
Faites alors le tri de ce qui relève ou non de votre responsabilité : «
Est-ce que son problème existe indépendamment de moi ou en suis-je vraiment à
l’origine ? » En effet, le propre du manipulateur est de brouiller les
frontières en faisant passer ses besoins avant les vôtres. « Jusqu’où puis-je
répondre à sa demande tout en me respectant ? » Une fois que vous aurez évalué
vos limites, vous pourrez prendre une décision claire. Deux stratégies
s’offrent alors à vous : la contre-manipulation ou la confrontation.
Apprenez à contre-manipuler
Pour ne pas donner prise au manipulateur, ne cherchez surtout pas à
vous justifier, car cela ne ferait que vous fragiliser encore plus. Au
contraire, simulez l’indifférence
– même si vous êtes horriblement tiraillé(e) à l’intérieur ! –, et
renvoyez-le à ses propres croyances à l’aide de quelques phrases types énoncées
calmement :
« J’ai la conscience tranquille. »
« Tout le monde ne pense pas comme toi. »
« C’est ton opinion. »
« Je ne suis pas de cet avis. »
« Chacun ses goûts. »
« Eh oui, je ne fais rien comme tout le monde ! »
Le but : se protéger en ne réagissant pas aux provocations de votre
interlocuteur.
Osez la confrontation
C’est la seconde stratégie possible. Ici, il s’agit de renvoyer l’autre
à son besoin, donc à sa responsabilité. Plus impliquante, la confrontation
risque de vous amener à vous positionner sur la nature du lien que vous
souhaitez entretenir avec celui ou celle qui vous manipule.
« Tout reproche exprime une
demande indirecte »,
Refuser la manipulation, c’est accepter de passer pour une « mauvaise
fille », un « mari égoïste », un « collègue difficile ». Donc renoncer à une
image idéale de soi. Vous y parviendrez en prenant conscience de votre valeur.
Et cela se travaille. Vous deviendrez peut-être moins « aimable » aux yeux du
manipulateur, mais, en vous libérant de ce regard extérieur, vous gagnerez un bien
précieux : votre liberté
"Le plus souvent le chantage joue sur le sentiment de culpabilité.
Certaines personnes y sont particulièrement sensibles. Elles se remettent
constamment en question, ont peur de se montrer 'égoïstes'… et se laissent
mener par le bout du cœur." Car ce dont on a peur, fondamentalement, c’est
de perdre l’amour de l’autre. Et c’est bien ce qui lui donne sur nous un tel
pouvoir.
Paradoxalement, le chantage affectif part parfois d’un bon sentiment.
Certains redoutent tellement de recourir à la domination brutale qu’ils
essaient d’amener l’autre à se conformer à leurs desiderata par ce biais
détourné. En évitant de donner un ordre, on s’épargne le conflit direct.
La frontière peut sembler subtile entre exprimer un désir et exercer une
pression coupable. En fait, tout est dans l’intention et le contexte. Ou les
relations sont équilibrées, ou c’est toujours le même qui impose ses désirs.
"Si l’un de nos proches - amie, mari, enfant - commence à devenir
tyrannique, c’est un signal d’alarme"
Lorsqu’un enfant se montre trop capricieux, nous sollicite en
permanence, sans doute est-on allé trop loin. "Il existe une différence
fondamentale entre un enfant qui exprime clairement un désir, et celui,
nerveux, bougon, dont les demandes réitérées ne font que traduire un malaise,
mardi 9 août 2011
Les uniformes (premier épisode)
Je n’ai jamais vraiment aimé les uniformes, ce n’est un secret pour personne, tous les jours je découvre de nouvelles raisons de les aimer de moins en moins. Je ne parle pas des uniformes de maîtres d’hôtel ou d’élèves studieux, je parle des uniformes avec divers symboles sur les épaules, plus y en a moins je les aime !
Raisons familiales, déraison personnelle, relation conflictuelle avec l’autorité…que sais-je encore ? Toujours est-il qu’aujourd’hui je tente de me livrer à une réflexion (ou plusieurs, j’ai le droit) qui se veut objective.
A un moment crucial de l’histoire de l’Egypte qui s’écrit actuellement, des débats multiples ont lieu, le paysage a changé, l’autorité des uniformes en a pris un coup. Le 25 août ça fera exactement 7 mois que nous avons levé la tête et que nous avons commencé à dire non. Le grand manitou a été éjecté, des postes de police ont brûlé, les petits bonshommes, aux grosses motos ; aux sirènes tonitruantes, aux lunettes de soleil époustouflantes ont en pris pour leur grade si j’ose dire ! Aussi discret qu’il l’a été pendant 20 ans, celui auquel le grand manitou a confié les rênes du pouvoir, se tient tranquille (c’est lui qui possède le plus grand nombre de fanfreluches aux épaules) avec toute la clique qui l’entoure. Une multitude d’autoproclamés politologues émettent le plus grand nombre de théories sur la « situation actuelle dans le pays » comme le disent les chaînes sérieuses. Dans cette foire à la parole et à la liberté d’expression (Dieu merci, il était temps !) les plateaux télé foisonnent de débats en tout genre, l’Egypte s’éveille à la critique tout en oubliant que l’esprit critique est ce petit truc qui est le plus propre depuis 1952 vu que tout le monde s’est évertué à le laver pour faire de nous des moutons bêlants ! Heureusement certains ont continué à le cultiver sur le balcon, ce fameux esprit critique qui nous manquait tant !
Ce n’est ni la première révolution populaire dans le monde, ni la dernière, ce n’est ni le premier ras-le-bol ni le dernier, mais : les outils d’évaluation sont encore à inventer, vu que la nation arabe est balbutiante en matière de vie collective sans papa au volant.
Trois mots-clés sont dans l’air du temps : sécurité, démocratie et barbus. La sécurité est ébranlée, ceux qui l’assuraient sont ceux-là mêmes qui l’ont mutilée, bâillonnée, violée. La démocratie, elle, est un terme largement galvaudé avec des soi-disant modèles occidentaux qui ont donné des résultats …hum, sur lesquels je ne m’étendrai pas (ou du moins pas maintenant) Je me bornerai à dire que le pétrole est un motif sine qua none de recherche frénétique de la démocratie à une échelle planétaire et que les dictateurs arabes étaient persona grata il n’y a pas si longtemps que ça ! Quant aux barbus, avec les textes saints brandis et largement cités, allez leur expliquer qu’ils ne sont pas mandatés personnellement pour avoir toujours raison en matière de vie collective et que la parole divine n’est pas leur apanage exclusif ! (à suivre)
Face à tout ce babillage médiatique, populaire, politicien, journalistique, démocratique, sécuritaire, économique…j’ai envie de papoter moi aussi. Ca faisait sept ans que j’essayais de rafistoler cette plume (ou ce clavier Mme A.C.) qu’un grand pays démocratique et défenseur des drwadeulom avait cassée en menus morceaux. Elle va mieux je vous remercie mais elle est encore tremblante et en tout cas a bien compris que toute vérité n’est pas bonne à dire, que les intérêts supérieurs priment sur la justice, qu’elle a eu tort de combattre les abuseurs (de pouvoir) et les dictateurs.(à suivre)
Je m’égare, je m’égare…revenons à nos moutons pardon à mes uniformes.
Récapitulons : L’Egypte entière est actuellement à la recherche d’un papa différent pour lui faire prendre le volant, vu que tous les papas depuis 1952 avaient plus ou moins raté leur mission et nous ont amenés droit dans le mur.
Qu’avaient-ils de commun ? L’uniforme !
La grande majorité, dont je salue la patience et la persévérance à survivre, espère une issue à cette choucroute (ou couscous) dans laquelle (ou lequel) nous pédalons tous, le retour des petits boulots de 300 dollars par an, le retour à la normale, à l’avant janvier mais avec de nouvelles règles…Cette majorité qui a exprimé son ras-le bol et a perdu des vies humaines sous les balles des garants de la sécurité est prête à donner le volant à qui que ce soit qui lui garantisse une dignité humaine minimale !
Une tranche, que je m’abstiendrai de qualifier ; vit de toute façon très bien sous tous les régimes, s’en sort comme un chef et ne veut pas être dérangée dans son petit confort. Cette tranche estime que les révolutions se font avec des gants, poliment, en respectant l’autorité parce que ça ne se fait pas de parler comme ça et qu’est-ce que vous voulez d’autre, ça suffit les jeunes qui s’amusent place Tahrir, tu vas te coucher tout de suite et tu réponds pas à ta mère (cf.Zoubida) !
Des hypocrites, et il y en a plein la planète, eux, changent tous les jours de veste et un coup retour au boulot et autre coup je soutiens la révolution. Vous les connaissez ? non ? C’est dommage, vous ratez quelque chose !
Bon il y a d’autres aussi mais j’ai pas envie !
Certains petits futés ont compris que faire des risettes aux chars et prendre des photos avec les blindés n’allait pas vraiment résoudre les problèmes de l’Egypte et que c’était bonnet blanc et blanc bonnet. Ceux-là même sont ceux qui n’ont pas besoin de papa et qui ont cultivé leur esprit critique sur le balcon sous tous les régimes dictatoriaux ! Sans faire sciences-po ils ont compris que les démocraties militaires n’existaient pas vraiment. C’est une minorité aux pays des Pharaons, une minorité à qui manque un outil essentiel : écouter l’autre avec les deux oreilles avant de faire jouer les cordes vocales !
Et c’est là qu’intervient Bibi[1] les souvenirs de Bibi les opinions de Bibi et les sacro-saintes analyses de Bibi dont tout le monde fait quotidiennement l’analyse ! (à suivre) J’espère pompeusement enrichir l’humanité ou peut-être l’Egypte et sinon mon ordinateur avec ces quelques lignes.
Bibi doublement petite-fille de généraux, fille de général pilote de combat, nièce d’officier de police, j’en profite aussi pour sortir mes complexes de femme au volant (ou de femme tout court) qui s’est attrapée avec un nombre sérieux de taximen (ou de men tout court au volant et ailleurs) et qui a fini au poste de police avec des démêlés à n’en plus finir avec les gradés !
Ouf ! c’est dit ! maintenant allons-y !
Indépendamment du petit jeune qui m’a laissée poireauter quatre heures avec mon permis dans sa poche dans les années 80, indépendamment du c… qui a considéré mon petit bolide bleu comme inapte parce que ma tête ne lui revenait pas, indépendamment de ce parent et néanmoins colonel qui m’a fait des avances pour me rendre service, indépendamment de ce très arrogant policier qui me parlait de l’importation de différents modèles de soutiens-gorges alors que je venais porter plainte pour vol de mon autoradio, indépendamment du motard gradé qui laissait filer un général à la retraite et qui me coinçait moi en sens interdit, indépendamment de tous ces jeunots ou moins jeunots qui ont retiré mon permis à tort et travers et qui laissaient filer des poids-lourds roulant à 120 à l’heure en pleine nuit, indépendamment des tout-puissants qui trônent fièrement à bord des camions-grues et qui arborent un sourire teinté de sadisme parce qu’ils vous ont choppé en stationnement interdit et en flagrant délit de dérangement de l’ordre régnant impeccablement, indépendamment de ceux qui vous épient aux feux comme un chat à l’affût d’une souris pour vous trouver un tort quelconque, indépendamment de ceux qui vous punissent parce qu’ils portent l’uniforme et qu’ils ont tous les droits, indépendamment du fait qu’en entrant au poste de police vous êtes immédiatement considéré coupable, indépendamment du fait que vous n’avez aucun droit vous pauvre citoyen plaignant et victime, indépendamment de ce mépris écrasant, de ces humiliations inacceptables, de cette arrogance accablante, de cette férocité impitoyable, de cette cruauté innommable, de ces beaux aquariums emplis de poissons multicolores qui jonchent les bureaux, de cette décoration de mauvais goût, de ces voix de stentor (cf. Jacques Brel[2]), indépendamment de l’exploitation ces maigres petits esclaves aux yeux tristes et soumis, domestiques, cireurs de chaussures, faiseurs de thé à la menthe ou de café turc, chauffeurs des enfants, souffre-douleur gratuits, laveurs de lessive, repasseurs d’uniforme, qu’on appelle communément soldats, indépendamment du fraîchement sorti de son école de police qui a déchiré ma carte d’identité (juin 2010 : six mois avant la révolution), …………………………………………………………………………….
Nooon, ils ne sont pas tous pareils !: Comme dans tous les corps de métiers il y a les bons et il y a les mauvais ! Ils vivent aussi des situations incroyables, ils se font tuer par des criminels, ils assurent l’ordre et la sécurité, ils ont des horaires impossibles… Ca c’était ma minute objective !
Et le système Cocos ? Vous avez entendu parler du système bonnes gens ? (à suivre)
samedi 23 juillet 2011
La vallée de la lune
Il y a à Alexandrie un lieu qui bat les records de pollution dans le monde : Wadi el Kamar (vallée de la Lune) Malgré cette appellation romantique ce lieu est infesté d’usine, de poids –lourds, de cimenterie bref de déchets en tout genre. On ne peut pas y échapper, on doit se chopper un truc pas sympa pour les poumons et pour le reste. La durée de vie des habitants s’en trouve largement grignotée, les enfants sont asmathiques mais ils sont pauvres et nombreux et le Grand Méchant Capital s’en tape un peu ! Il y en a tellement qu’ils peuvent crever tranquilles on en a 10 de remplaçants pour 1 de pollué !
Bref tout ceci pour vous dire qu’il ya un naïf monsieur épris d’écologie et pour lequel la vie humaine continue à avoir de la valeur (je ne sais pas comment il fait) qui a décidé de s’installer dans une petite bicoque de Wadi el Kamar et de planter le petit espace à l’entrée de la bicoque. Il a sagement choisi des cactus pour introduire un peu de vert dans le gris ambiant et s’est dit les cactus, c’est solide ! PFFF pensez-vous les cactus ont perdu leurs épines au bout d’une semaine, ils se sont racornis, ont jaunis, ont pris des allures d’ornement de cimetière ! Ca c’est les cactus ! Le monsieur naïf s’est dit, bon on va procéder autrement : je vais introduire la culture du jogging et de l’aérobic. Comme l’aéro est pollué essayons le bic ! (si ça ne vous plaît pas sautez la ligne) !
Tous les matins à 7 heures il sort de la bicoque vêtu d’un T-shirt éclatant de blancheur, d’un short noir et de tennis Lacoste. Il faisait plutôt tache dans ce paysage malsain mais qu’à cela ne tienne, il voulait changer les wadi el kamaristes ! Il était dans la lune pas dans la vallée de la lune ! Comme un éléphant dans un magasin de porcelaine, il faisait ces gestes ridicules étendant les bras, respirant à fons, sautillant sur place ! Puis très en forme il entreprend son jogging en slalomant entre les camions, les amoncellements de poubelle, les déchets des usines et en se prenant les pattes musclées dans des tas d’ordures non-identifiées.
Les habitants du quartier, et vous me pardonnerez cette appellation pour des zombies en état de marche (ou de recul), le regardaient faire sceptiques :
Déjà qu’on a du mal à respirer, pourquoi ce brave monsieur s’essouffle-t-il pour rien ? Bizarre la condition humaine.
Il a tenu comme ça 12 mois, à se familiariser, à patienter, à amadouer, à s’énerver, à s’excuser, à tergiverser, à éviter, à ignorer, à courir, à ramer à contre-courant, à leur montrer des appareils de musculation, des produits étranges et au 13ème mois (eh oui même dans la vallée de la lune, ça porte malheur, enfin si des malheurs supplémentaires pouvaient survenir dans ce coin du globe qui a réussi à faire de l’être humain un déchet) il a déclaré forfait ! Il a vidé la bicoque et il est parti, son T-shirt blanc était devenu noir, son short noir était devenu gris, seul son tableau blanc a survécu puis un des grands pollueurs du coin y a posé ses pattes crasseuses (à suivre)
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